Esprit critique

mars 26th, 2017

Quand on évoque le terme intégrité on peut choisir de ne parler que d’intégrité scientifique charge à chacun d’élargir le débat. Une fois n’étant pas coutume, il sera fait référence à des textes français passés largement sous silence puisque les plus anciens datent déjà de près d’un an. Où l’on y apprend qu’il a été créé un Office de l’intégrité contre les pratiques discutables (https://www.sciencesetavenir.fr/sciences/sciences-un-office-de-l-integrite-contre-les-pratiques-discutables_111510) à la suite d’un rapport demandé au PR Corvol en vue de la mise en œuvre de la Charte nationale d’intégrité scientifique (http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid104249/remise-du-rapport-de-pierre-corvol-bilan-et-propositions-de-mise-en-oeuvre-de-la-charte-nationale-d-integrite-scientifique.html). On peut aussi  voir comme une prolongation dans ce second article qui prend pour sujet l’information scientifique et ses dérives, Pourquoi l’information scientifique ne parvient-elle pas toujours à convaincre ?- Jim.fr (https://planpsy2011.wordpress.com/2016/12/25/pourquoi-linformation-scientifique-ne-parvient-elle-pas-toujours-a-convaincre-jim-fr/). En cherchant bien on trouve même une Association pour la Science et la transmission de l’Esprit Critique (ASTEC) dont le site en dépit d’une présentation un peu « farfelue »  (https://.esprit-critique.org/#story) a le mérite de mettre le doigt sur ce point important qu’est l’esprit critique, lui qui permet de lutter contre les aliénations en tous genres. Ainsi, plus qu’important, essentiel , c’est l’esprit critique qui se trouve pleinement impliqué dans la recherche et la mise en place de l’intégrité scientifique ainsi que de son corollaire, l’information et ses dérives devenues possibles particulièrement quand elle a perdu son devoir d’intégrité. On ne saurait donc trop recommander pour toute lecture, de choisir de prendre son temps, pour permettre l’exercice de son esprit critique à quelque niveau que ce soit (http://www.jim.fr/medecin/jimplus/posts/e-docs/vu_a_la_tele_quand_les_pseudosciences_tiennent_la_vedette__164520/document_jim_plus.phtml) !

Combien de réalités …

mars 24th, 2017

La réalité n’a jamais été un terme univoque : réalité du monde des sens, réalité du mondes des essences, réalités du monde des sciences, réalités de K. Popper. Est-ce parce que c’est la res, la chose,  qui lui a donné vie ? Toujours est-il que la technicité ne risque pas de d’améliorer la polysémie du mot lui-même quand on parle aujourd’hui de réalité virtuelle, de réalité augmentée et de réalité mixte ! Et pourtant il est au moins un point positif qu’il convient de retenir à la lecture de l’article, Mathematicians create warped worlds in virtual reality (http://www.nature.com/news/mathematicians-create-warped-worlds-in-virtual-reality-1.21689?WT.ec_id=NATURE-20170323&spMailingID=53682983&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1123821625&spReportId=MTEyMzgyMTYyNQS2). Que l’on se souvienne en effet de la timide incursion de la philosophie lycéenne des années soixante, cette incursion dans le monde de la géométrie non euclidienne. Dans le monde euclidien aucune difficulté de compréhension (ou à peu près !) car tout y est logique. Des parallèles qui se rejoignent à l’infini ne constituent pas un réel questionnement quand on se situe dans la vision de l’espace physique environnant. Les géométries non euclidiennes reposent essentiellement sur le postulat des parallèles (cinquième postulat d’Euclide) où l’on remplace l’énoncé euclidien « par un point extérieur à une droite, il passe toujours une parallèle à cette droite », par l’énoncé suivant selon Poincaré «  la droite est ici définie par extension comme la courbe de plus court chemin qui joint deux points de l’espace considéré« , d’où des géométries non euclidiennes qui reposent sur l’idée d’un espace courbe : géométrie hyperbolique (Poincaré, Lobatchevski), géométrie elliptique (Riemann). Il est à l’évidence plus simple de partir d’un postulat qui ressemble à une « évidence » que de postulats « intuitifs », même si tous sont intuitifs (non démontrés) puisqu’il s’agit de postulats !! C’est là qu’intervient la réalité virtuelle qui permet enfin de se promener dans un espace hyperbolique (cf plus haut). Si l’approche de ces autres mondes peut dés lors sembler plus facile, il n’en reste pas moins que le postulat restant « principe de base, qui ne peut être mis en discussion » autorisera toujours la quête de démonstrations !  

Platon/Aristote : une actualité qui ne se dément pas

mars 19th, 2017

Une étude récente pourrait permettre de se ré approprier « scientifiquement » le dialogue, en fait jamais totalement interrompu, entre Platon et Aristote : celui qui part des Idées, celui qui part du Sensible. De cette « opposition » ancienne naquit, pour le plus grand intérêt de tous et de chacun, un premier texte du second à l’encontre du premier, la Métaphysique ainsi qu’un domaine inépuisable de thèses.  Celles-ci étant innombrables démontrent par elles-mêmes qu’elles ne sont pas en mesure d’apporter de solution au problème. Mais si la quête n’est pas close et sans avoir mis la main sur la solution, il se pourrait que cette dernière accepte de se laisser mieux cerner. Ainsi faut-il prendre cette étude portant sur la musique Musical Tastes: Nature or Nurture? (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/48521/title/Musical-Tastes–Nature-or-Nurture-/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=44324353&_hsenc=p2ANqtz-8keKGIZ_o0AcOhJM54Sv9yqWmR6ZFq1nXpsNBJUBXPRgFd1xSOXL2E66Cy5R2kuFXizUZXZ6E8j6UXBTvrHAWER6YP2Q&_hsmi=44324353/). Il y est question d’innéité et d’acquis à propos de dissonance et d’harmonie au sein d’un peuple choisi pour son éloignement du monde de la musicalité reconnue par la plus part. Si l’étude comporte des biais et demande à être complétée, son intérêt est entier en ce qui concerne la possibilité d’apporter des arguments au questionnement proposé en donnant l’occasion de relire les anciens. Et l’on trouvera un complément en ajoutant à l’acquis de la culture une pincée de biologie avec un second article  Understanding the Roots of Human Musicality (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/48593/title/Understanding-the-Roots-of-Human-Musicality/&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=43637124&_hsenc=p2ANqtz-8ljUxXLxB0DoiM7o_Ak_h9At1vgWfaj-wWTxpleEs7g1tleRLfJIgrVtvn7wxruc9QHz-6yUU8l6dYYi4uiDcUpnWX6w&_hsmi=43637124). On verra plus tard ce qu’il en est du monde animal !

Qui sera le premier ou la première ?

mars 8th, 2017

Dans la série  » C’est moi qui serai le premier » voici une première : Meet the First Artificial Embryo Made From Stem Cells (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/48719/title/Meet-the-First-Artificial-Embryo-Made-From-Stem-Cells/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=43800380&_hsenc=p2ANqtz-8Pt-o19WYyYi3E4NqASAmzbIePQ6QwkMMz-iYGm3dXmMIl_ySL550gsSC_ahuNE3WVBAhf5izgjQtnwyxS2X7cbB-uhQ&_hsmi=43800380) ! Que de questions posées par cet article tant dans son écriture que par son contenu. Tout d’abord la durée de vie de cet organisme reste peu précise : la photo proposée serait celle d’un embryon de quarante huit heures mais a-t-il survécu au delà, les auteurs n’en font pas état. Mais surtout, dans la mesure où cette réussite rendrait possible une expérimentation identique avec des cellules humaines, c’est la technicité même et ses implications éthiques qu’il est impératif de prendre en compte. Dans cette démarche on ne peut que constater avec Heidegger que la volonté de puissance de l’homme sur la nature atteint des sommets, de telle sorte que le dévoiement de la nature signe en réalité en ce qui concerne l’homme, non pas sa suprématie mais sa dépossession totale, sa soumission à une nature mise en demeure (« commise ») qui en retour lui retire sa qualité intrinsèque, celle de son humanité. Il est pourtant un argument largement repris, celui du but utilitaire de toutes ses manipulations envers celui qui est à la fois sujet et objet, l’homme, proposant in fine ce débat traditionnel et ho combien machiavélique de morale philosophique à propos de  la fin et les moyens !

CRISP : la révolution

mars 1st, 2017

Ou quand une endonucléase révolutionne le génie génétique ! En 2012,  E. Charpentier et J. Doudna inventent la technique d’édition du génome CRISPR (brin de séquence génétique)/cas 9  (endonucléase) : technique qui s’est vue attribuée le nom de ciseau génétique. Il ne s’agit ni plus ni moins que de couper l’ADN en deux zones actives, une pour chaque brin de la double hélice, le trou laissé vacant pouvant être comblé par n’importe quel fragment d’ADN. Ainsi le génome peut-il être manipulé selon un processus de réécriture dans plusieurs buts dont la réparation, l’amélioration, et celui dont traite l’article Study: Resurrecting Extinct Species Could Harm Living Ones (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/48641/title/Study–Resurrecting-Extinct-Species-Could-Harm-Living-Ones/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=43529663&_hsenc=p2ANqtz-9kpp_A_3zISLRmIl01aCBRnFxpOVXPT8TCQ7iU1DGAnsXcKQHw9PxbIAEiROJLLB9MVSJsW4B4AW32YRhbbCtKnDsuoQ&_hsmi=43529663). S’il existait déjà une technique (1970), celle de 2012 se révèle beaucoup plus rapide, fiable et aussi moins onéreuse et certains y voient dés lors un outil qui s’intègrerait parfaitement dans un projet de transhumanisme/posthumanisme. Pourtant ce n’est pas et de loin le sujet de l’article sus cité puisque ce dernier aborde la question de la résurrection d’espèces disparues (de-extinction ! ), ce qui, et c’est normal, pose plusieurs questions, parmi lesquelles celle du choix quand on considère les espèces déjà disparues et celles en voie de disparition. La question reste ouverte d’autant que quelle que soit l’option, le coût économique de l’aventure risque d’être dissuasif ! Ne fait pas Jurassic World qui veut !

Les Règnes ne sont plus ce qu’ils étaient !

février 24th, 2017

Le règne en taxonomie se réfère au plus haut niveau de classification des êtres vivants. Comportant deux groupes au départ (Linné,1735), on  en décrit actuellement six (Carl Woese, 1990). Quand on sait que les végétaux et les animaux partagent les critères suivants : eucaryotes multicellulaires on s’étonne moins de certaines découvertes récentes. Par ailleurs quand on se rappelle de l’animal du XVII °siècle (Descartes) et qu’on le compare à l’animal du XXI° siècle, on est moins enclin à sourire de cette depublication : Can Plants Learn to Associate Stimuli with Reward? (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/48028/title/Can-Plants-Learn-to-Associate-Stimuli-with-Reward-/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=42572365&_hsenc=p2ANqtz-9u1TLi-_entjeJmx21xSu6_VKuj4i6YYWm6fFEOMixaBltwe_ttCUqPxq-vXwnzYPXRF-SFU7NYmfx2CNOQ-zH8KTcUQ&_hsmi=42572365). Ainsi a-t-on créé un nouveau domaine de recherche, celui de la neurobiologie végétale dont la richesse devrait enchanter les écologistes au risque également de leur permettre d’étendre les contraintes qu’ils voudraient imposer ! Mais pour raison garder, il serait bon et utile de tenir compte de l’impact du vocabulaire anthropomorphique dont on ne sait comment se détacher (Consilience, Episode 1: Smarty Plants, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/48445/title/Consilience–Episode-1–Smarty-Plants/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=42572365&_hsenc=p2ANqtz-_cKZGxXFhmTDxv3dbdEv02EZhSYRTtvMkTbeLT9d-mxDvll1KXe54KPsGPwH9OeUrKPpNdoDKjoJC1-3_d72AgbRj04A&_hsmi=42572365). Pour terminer et pour ajouter à la confusion, pourquoi un mycète ne ressemblerait-il pas à un végétal même s’il s’agit d’un cas un peu particulier !  (The Fungus that Poses as a Flower, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/48063/title/The-Fungus-that-Poses-as-a-Flower/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=43230278&_hsenc=p2ANqtz-_wWQQ3N5pMuMRQs05wICpl85NsQB7zFweFPvFBoWrIKz1rUVUlo99uMopf2bk78JoscdkqtVruiLd0gah5u9LzBJiFWw&_hsmi=43230278).

Rien d’extraordinaire !

février 20th, 2017

Le premier d’entre eux se nommait Cronos. Averti par la prédiction de Gaïa et d’Ouranos, il décida que le vide autour de lui serait la meilleure des assurances vie. Pour ce faire, non seulement il enferma sous terre cyclopes et géants mais dévora ses enfants au fur et à mesure où ils sortaient du ventre de Rhéa, épouse et soeur. Ce cannibalisme mythologique est relativement complexe. Il s’adresse à la fois à la préservation de l’individu qui le pratique mais se réfère aussi à la situation dans laquelle ce dernier se trouve. De quoi traite l’article Cannibalism: Not That Weird (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/48071/title/Cannibalism–Not-That-Weird/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=42477998&_hsenc=p2ANqtz–gh5J6XC_WBVaWlTywob_iI616m14eZ7KgNPzoF3wdAqfdVLo3hnFUpEE8TLUW9XjR77MqqqhGiw-pp1J8Vm43hRPKJw&_hsmi=42477998) de cannibalisme chez différentes espèces animales et il semble bien que l’on puisse envisager une certaine similitude en ce qui concerne situation de stress et survie de l’individu en y ajoutant une touche d’altruisme envers l’espèce. L’anthropophagie est ancienne et comporte certainement différentes motivations dont la recherche de survie n’est pas exclusive. Faisant horreur elle a été l’objet d’un courant artistique protéiforme. Il n’en reste pas moins vrai qu’elle est profondément inscrite non seulement dans l’imaginaire mais aussi dans la réalité de l’espèce humaine comme en témoigne à tout le moins la symbolique de l’eucharistie catholique ! Mais la question qui se pose reste celle concernant le socle des récits mythologiques : observation transcendée reposant sur une extrême appréhension du sensible ?

Science : qu’es-tu devenue ?

février 16th, 2017

Certaines histoires qui ont parcouru les siècles, sont devenues paradigmatiques des aléa de la science et de ses explorateurs. On peut y distinguer deux grands groupes : ceux qui n’ont pas été crus et ceux qui ont su utiliser le hasard à leurs fins. Parmi les premiers, Galilée qui n’aurait pu s’empêcher de prononcer « E pur si muove ! », parmi les seconds, Arthur Fleming qui su utiliser ce que Ernest Duchesne avait découvert trente ans auparavant. On éliminera les canulars du type Sokal et Bricmont. Tel Cicéron, il ne serait pas inapproprié de  se réclamer du  « O tempora, o mores », à la lecture de l’article de Timothy D. Clark : Science, lies and video-taped experiments (http://www.nature.com/news/science-lies-and-video-taped-experiments-1.21432?WT.ec_id=NATURE-20170209&spMailingID=53380605&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1101425398&spReportId=MTEwMTQyNTM5OAS2).

On aurait pourtant du voir le mal venir avec Karl Popper et son critère de réfutabilité ! Il n’en reste pas moins vrai que si la vulgate ne s’étonne pas de l’existence de falsifications à quelque niveau que ce soit, elle avait plutôt tendance à en exclure le monde de la science qui jouit d’un préjugé globalement favorable d’honnêteté. De telle sorte que le scientifique rentre volontiers dans la case « présumé innocent » Ne serait-ce plus le cas ? A l’époque où ce n’est plus un problème de colliger des données qui devraient être transparentes, on est en droit de s’étonner qu’elles puissent être falsifiées de quelque façon que ce soit ! En dehors de toute référence morale, il existe une tradition dans le monde scientifique qui lie de façon impérative trois termes : induction, observation, déduction. A chacun de les utiliser dans l’ordre qui lui conviendra à condition de respecter la signification de chacun .

Le Beau et le Bizarre !

février 8th, 2017

Comme pour le Normal et le Pathologique, thèse de médecine de G. Canguilhem, la question du Beau et du Bizarre mérite également d’être posée, surtout quand on se réfère à Baudelaire qui écrivait « Le beau est toujours bizarre« . Parce qu’il n’est pas plus simple de définir l’un que l’autre, et qu’ils pourraient même sembler antinomiques, l’association de ces deux « qualités » sous tend d’innombrables expériences sensibles. C’est le thème du numéro de Février du Scientist, publication centrée sur le monde végétal, monde qui ne cesse de provoquer  l’admiration du fait même de sa biologie encore incomplètement élucidée. (From the Beautyful to the Bizarre,  http://www.omagdigital.com/publication/?i=379273&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=41764062&_hsenc=p2ANqtz-8X_hjFCrh_U5L1eGg-wRM8niX0tY6Nbo3cxF8MUd0L9CxqUJlK-cFPDpdX31RifBELeE81J-mH62Ul7iSlRjKbYopu4g&_hsmi=41764062#{« issue_id »:379273, »page »:0}). La grande idée, c’est aussi que l’art et la végétation peuvent s’accorder même en empruntant des cheminements parfois inattendus. Un exemple, parmi ceux que l’article détaille, a trait à une expérience déjà ancienne (1993) dans laquelle Natalie Jeremijenko (https://www.ted.com/speakers/natalie_jeremijenko, http://www.fondation-langlois.org/html/f/page.php?NumPage=1831) mêle des domaines aussi différents que la science, l’art, l’écologie voire l’éthologie. L’expérience qui reste fameuse consiste à avoir planté des arbres « tête en bas », avec pour résultat, des troncs dirigés effectivement vers la terre mais des branches qui se recourbent pour pointer vers le ciel ! Alors pour montrer que tout est « art » il n’est pas inutile de méditer cette phrase « her inverted trees may be compared to Marcel Duchamp’s Fountain, actually an inverted urinal, of 1917« (http://www.expandedenvironment.org/tree-logic/) : la façon de voir reste donc le maître mot, ce que Magritte ne s’est pas fait faute d’exploiter !

Quid de Turing ?

février 5th, 2017

 A. TURING (1912-1954) est à l’origine du test éponyme qui admet que l’on peut parler d’Intelligence Artificielle quand une personne qui engage une conversation [avec des interlocuteurs] n’est pas capable de dire lequel d’entre eux est un ordinateur. Dans très peu de temps il se pourrait bien que l’on soit en mesure de rencontrer une situation comparable mais à une échelle insoupçonnable encore en 1950. C’est ce dont traite Artificial Cells Talk to Real Ones (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/48258/title/Artificial-Cells-Talk-to-Real-Ones/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=41755995&_hsenc=p2ANqtz-99J0bzUBhtzz9dwXdeNyhL4Bhcu3NwhcEdgIclhFjDT7l2hxTglX0m3GaSyP7isI51lVYqdZeNRo-cQ9Hz8c5yQxtIsw&_hsmi=41755995 d’après l’article Two-Way Chemical Communication between Artificial and Natural Cells, http://pubs.acs.org/doi/full/10.1021/acscentsci.6b00330). Titre « accrocheur » parce que rappelant le célèbre « Les Français parlent aux Français », il semblerait que des cellules artificielles soient en mesure de correspondre avec leurs « cousines » naturelles ! Que des cellules communiquent avec leurs congénères est une réalité connue de longue date sous le terme général de communication intercellulaire et nécessitant une première cellule émettrice puis la transformation du signal émis à partir du récepteur spécifique de la seconde. Mais dans le cas présent, les interlocuteurs miment ceux de Turing : une cellule « artificielle« /une bactérie, cellule « normale« . Si aujourd’hui le problème reste centré sur la cellule artificielle soumise soit à la nécessité de posséder son propre mécanisme de traduction, soit être indépendante de l’activité protéinique, l’avenir pourrait requérir ces cellules artificielles comme remédiateur de la même manière que l’humain requiert déjà de plus en plus son ami robot !