Phonétique articulatoire

mars 17th, 2019

Aucune langue écrite n’existe sans la langue parlée qui lui correspond et s’il existe des langues écrites consonantiques, dépourvues de voyelles, il n’en existe pas de parlées. La voyelle est différente de la consonne en ce qui concerne le passage de l’air. La première se caractérise par un libre passage de celui ci dans les cavités situées au dessus de la glotte tandis que la seconde se caractérise par un phénomène d’obstruction ce qui les oppose fondamentalement. Les consonnes sont donc définies par plusieurs caractères parmi lesquels le point d’articulation qui est le sujet du débat (Softer Diets Allowed Early Humans to Pronounce “F,” “V” Sounds, https://www.the-scientist.com/news-opinion/softer-diets-allowed-early-humans-to-pronounce-f–v-sounds-65595). Les consonnes “F” et “V” sont des consonnes fricatives labio-dentales voisées, ce qui en termes plus simples signifie que l’air contracté cause de la turbulence, que les consonnes sont articulées avec la lèvre inférieure et les dents de la mâchoire supérieure et que les cordes vocales vibrent lors de l’articulation. Et c’est à ce point que la phonétique articulatoire vient mettre son grain de sel en attribuant aux sociétés de cueilleurs la faculté de prononcer ces deux consonnes ce dont étaient incapables les sociétés de chasseurs du paléolithique ! Rencontre inattendue entre une des branches de la linguistique et l’anthropologie. Scientifiques de toutes disciplines parlez à votre voisin !

Une aide inattendue ?

mars 13th, 2019

Savoir de quoi on parle devrait être une des conditions à tout le moins nécessaire à la rédaction d’un article surtout quand celui-ci aborde le sujet en vogue. Immédiatement on aurait tendance à en citer deux : Intelligence Artificielle(IA) et Ecologie. C’est du premier dont il s’agit dans un domaine où cette nouvelle application technologique pose question à savoir : IA et médecine (Deep Medicine: How Artificial Intelligence Can Make Healthcare Human Again,(https://www.nature.com/articles/d41586-019-00708-7?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=e98d492f38-briefing-dy-20190311&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-e98d492f38-43241421). Le sujet est d’envergure, mais c’est l’interface homme/homme qui est explorée et non pas celui auquel on aurait tendance à s’attendre machine/homme. La surprise vient de ce que contrairement à l’idée reçue, l’IA pourrait être un outil d’amélioration des relations humaines à savoir malade/médecin. L’auteur du livre analysé est Eric Topol, cardiologue, généticien et chercheur en médecine numérique. Iconoclaste est le titre d’un livre qui veut démontrer des bienfaits inattendus, décriés voire honnis qui pourraient exister grâce à une machine entre le médecin et son malade conduisant à un nouveau monde que l’actualité aurait tendance à qualifier de monde à l’envers ! Doit-on dire que cette vision est illusoire, même utopique ? La réponse est, Non, car ce serait imaginer que l’homme ne serait plus à même de tenir et de tirer les rênes de ses machines. L’humanité dépassée par sa création n’est pas un futur envisageable !

Le sommeil nourrit !

mars 10th, 2019

“Qui dort dîne” si l’on ne connaît pas avec exactitude la provenance du dicton et sa signification première, on est néanmoins aujourd’hui averti de son utilité et ce ne sont pas les publications qui suivent qui le démentiront : Can Any Animal Survive Without Sleep? (https://www.livescience.com/64873-can-animals-survive-without-sleep.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190302-ls), Sleep Is Critical for the Zebrafish Brain to Repair DNA Damage (https://www.the-scientist.com/news-opinion/sleep-is-critical-for-the-zebrafish-brain-to-repair-dna-damage–65572?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2019&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=70563948&_hsenc=p2ANqtz-99OA-IH7_96lBDhZfxvJxzVP4qlP31mCZRfV-9if1SRRlr6A7QyagWbupOXL3BsPXpUoj-cgOkx8jKE5terWNbLo7cSg&_hsmi=70563948) et Can You Learn Anything While You Sleep? (https://www.livescience.com/64920-how-learn-during-sleep.html). Tous ces thèmes ne manquent pas d’intérêt : survie et sommeil, ADN et sommeil, acquisition et sommeil. Le sommeil qualifié à l’instar de l’orgasme de “petite mort“, est en effet un état qui a depuis toujours tout pour inquiéter. Hypnos, étant frère de Thanatos, tous deux enfants de Nyx le triptyque est effrayant puisqu’il associe sommeil, mort et nuit ! Impossible d’imaginer que cet état qui représenterait environ et en moyenne un tiers du temps de vie ne serve à rien, voire même tire l’individu vers une sorte de néant dans la mesure où Nyx et Erèbe, le ténébreux son frère, sont enfants du Chaos primordial. Les rêves étaient déjà là pour prouver que la vie n’était pas interrompue pour autant, même s’ils posaient d’autres questions. Quoiqu’il en soit aujourd’hui au vu et au su des dernières découvertes, on serait tenté de dire qu’Hypnos et Chaos ne sont plus membre d’une même famille.

C’était bien vu !

mars 2nd, 2019

En l’An VIII de la République, Xavier Bichat faisait paraître un ouvrage intitulé ” Traité des membranes en général” ce qui fit de lui (très probablement) le premier histologiste digne de ce nom au regard de l’avenir de cette  nouvelle science. Si les organes étaient connus depuis les temps les plus anciens grâce aux dissections et même si des erreurs avaient été commises en raison de démarches analogiques entre l’animal et l’homme, leur analyse n’avait pas réellement prospéré. L’idée développée par Bichat fut de classer ce qu’il appelait les membranes “normales” en trois types fondamentaux : les muqueuses, les séreuses, les fibreuses. Ainsi à la fin du XIX° siècle le temps n’était pas encore venu de faire confiance aux descriptions histologiques du tissu conjonctif. Si l’on décrivait des cellules et des fibres l’accord ne s’était pas fait sur “le reste” : “substance tout à fait anhiste et transparente” , “aucune matière intercellulaire cimentante” mais aussi “substance fondamentale homogène ou fibreuse “. Aujourd’hui, non seulement on a identifié la matrice extracellulaire (MEC) mais on n’en finit plus de dénombrer ses rôles (Matrix mimics shape cell studies, https://www.nature.com/articles/d41586-019-00681-1?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=779b52bb69-briefing-dy-20190227&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-779b52bb69-43241421). Elle est devenu un environnement incontournable où les relations se sont établies dans les deux sens entre elle et les cellules qu’elle renferme. De simple échafaudage elle tient maintenant le rôle d’une mère qui informe et dirige d’où se terme qui avait été si bien trouvé de MATRICE. 

Détective de l’espace

février 23rd, 2019

En 1949 paraît le roman de G. Orwell, 1984, dont la figure emblématique et métaphorique Big Brother est le chantre de la surveillance d’un état omniprésent et omnipotent. L’intrusion s’y exerce à tous les échelons qu’il soit sociétal ou individuel. Dans les années 1990 apparaît un nouveau concept celui du droit d’ingérence que le Conseil de Sécurité des Nations Unies s’autorise à exercer lors d’une violation manifeste des droits de l’homme. Retournement de situation : ce Big Brother de 1949, outil parfait d’un état absolu devient outil parfait du droit d’ingérence tel que défini ci dessus et en 2019 devient un élément important de la chasse à l’esclavagisme (Researchers spy signs of slavery from space, https://www.sciencemag.org/news/2019/02/researchers-spy-signs-slavery-space?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=f4db1c6d86-briefing-dy-20190221&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-f4db1c6d86-43241421). Dans le but de mettre fin à l’esclavage des chercheurs ont créé un pôle de recherche sur ce sujet au Royaume Uni (Rights Lab, Université de Nottingham, https://delta87.org/columnists/le-rights-lab/?lang=fr). Parmi les objectifs poursuivis figure le dénombrement des lieux où l’esclavage sévit encore. Pour ce faire quoi de mieux que l’utilisation de techniques modernes parmi lesquelles la prise d’images qui seront ensuite interprétées. C’est là où “Big Brother is watching you” joue pleinement et justement son rôle. Avec l’aide de satellites d’observation de la terre (Digital Globe, https://www.digitalglobe.com/), dont certains de très petite taille (Planet, https://www.challenges.fr/entreprise/aeronautique/planet-la-start-up-californienne-qui-se-reve-en-google-de-l-observation-spatiale_561206) la surveillance a enfin acquis des lettres de noblesse auxquelles Orwell n’avaient pas pensé. Un détournement qui finit bien, une fois n’est pas coutume !

Et quoi d’autre(s) ?

février 22nd, 2019

Si l’on avait déjà eu quelques nouvelles du Coelacanthe l’année passée, cette année semble au moins aussi prometteuse. Deux annonces récentes donneraient à penser que l’horizon aurait sinon tendance à se dégager tout au moins à ne pas s’assombrir ! Pour enchanter les optimistes et décontenancer les pessimistes sans peut-être (néanmoins) faire basculer les seconds vers les premiers on retiendra deux publications récentes : A Rare Giant Tortoise Has Been Found in Galapagos For The First Time Since 1906 (https://www.sciencealert.com/a-giant-tortoise-thought-to-be-extinct-has-been-found-in-the-galapagos-after-100-years), This Massive, Nightmare Bee Was Once Thought Extinct. Not Anymore (https://www.livescience.com/64814-biggest-bee-found-again.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190221-ls) sans compter cette panthère noire parfaitement réelle comme en témoigne le film de Will Burrard-Lucas
(http://www.leparisien.fr/societe/une-panthere-noire-photographiee-pour-la-premiere-en-afrique-depuis-plus-d-un-siecle-13-02-2019-8011527.php,). Pour chacun de ces animaux l’homme avait déjà abandonné tout espoir. D’espèces en voie de disparition, tous trois étaient devenues des espèces disparues, à tel point qu’un programme avait été envisagé pour recréer cette fameuse tortue géante des Galapagos : Second Chance for Lost Galapagos Tortoises?(https://www.the-scientist.com/the-nutshell/second-chance-for-lost-galapagos-tortoises-30922). On peut donc se dire d’une part, que l’homme va un peu vite en besogne ou qu’il ne sait plus chercher. Conséquence de cette deuxième hypothèse, on va bientôt retrouver les dinosaures perdus de Jurassic World !

En parler encore, en parler toujours

février 21st, 2019

Pour aborder d’une nouvelle façon l’inné et l’acquis, on peut lire le livre de Carol Dweck paru en 2006 sous le titre “Mindset: The New Psychology of Success) même s’il s’agit d’une chanson dont l’air est connu. Vu d’une façon un peu différente, un article récent traite également de ce sujet : STEM Profs’ Views on Intelligence May Affect Student Outcomes (https://www.the-scientist.com/news-opinion/stem-profs-views-on-intelligence-may-affect-student-outcomes-65483). Le sujet a de quoi surprendre mais aussi de quoi inquiéter ! L’enseignant convaincu de la non dynamique de l’intelligence de ses élèves lorsque ceux-ci appartiennent à une catégorie défavorisée obtient de plus mauvais résultats que ceux d’un enseignant convaincu du contraire. Serait-il donc possible d’influer sur l’inné en insufflant à l’acquis une dynamique qui le rendrait capable de surmonter le premier. Aurait-on mis le doigt sur un nouvel élément battant en brèche l’idée selon laquelle puisque “l’intelligence” serait fixée à la naissance il n’est nul besoin d’apprentissage pas plus que d’éducation. C’est totalement ignorer l’actualité des recherches en neuro science éducative qui se développent depuis déjà plusieurs années et qui constitue une des branches du domaine de la cognition. A l’heure où la lutte contre le “décrochage scolaire” est un enjeu sociétal il serait bon (indispensable) que les enseignants soient les premières cibles de ces résultats pour rappeler que si l’inné existe l’acquis ne peut être négligé !

Scepticisme vs esprit critique

février 13th, 2019

Aujourd’hui le terme de cognition appartiendrait-il avec l’expression de rationalité limitée à la familles des éléments de langage qu’il serait bon de développer en société ? On serait en droit de se poser la question au vu et au su de l’efflorescence du sentiment de rejet qu’exprime la société sans distinction de sujets. La critique est une vertu philosophique “la moins partagée du monde” dont la pratique est devenue impossible en raison d’une gestion du temps incompatible avec la moindre once de réflexion. Ainsi n’importe quel sujet de société est-il nécessairement suspecté de fausseté apportant de nouveaux adeptes aux gangs des “climato-septiques, vaccino-septiques, politico-septiques, les OGMo-septiques” (liste non exhaustive !). A cet égard il n’est pas anormal de se demander comment restaurer la confiance grâce à l’exercice de son esprit critique. Les questions posées et “résolues” dans l’article Opinion: What You Believe about “Science Denial” May Be All Wrong (https://www.the-scientist.com/news-opinion/opinion–what-you-believe-about-science-denial-may-be-all-wrong-65448) doivent être mises en parallèle avec la publication L’erreur est humaine : aux frontières de la rationalité de Vincent Berthet (CNRS Editions, 2018, pp 218). L’auteur y développe des stratégies autorisant l’homme à élargir le champ de sa rationalité. Il reste pourtant une question “éthique” : c’est par une observation “entomologiste” de l’objet-homme que l’auteur aurait la possibilité de le transformer en sujet-homme. Sera-ce possible mais aussi est-on en droit de le faire, qui sera autorisé à le faire, qui donnera cette autorisation, sur quels critères ……., c’est le type même d’une nouvelle histoire sans fin.

Les grands mères apprécieront

février 9th, 2019

Pour ses petites filles, George Sand écrivit les Contes d’une grand mère mais même sans être écrivain, toute grand mère a en réserve une infinité de récits qu’elle ne demande qu’à raconter et répéter quand ses petits enfants lui en font la demande. Bien sûr il existe aussi dans le folklore des grands mères indignes dont la Baba Yaga est un figure légendaire. Mais c’est de Montréal que viennent les informations à ne pas manquer concernant cette indispensable cheville ouvrière de la famille (“Grandmother Hypothesis” Gets Some Support, https://www.the-scientist.com/news-opinion/grandmother-hypothesis-gets-some-support-65441, Les avantages insoupçonnés d’avoir une grand-mère, https://www.usherbrooke.ca/actualites/nouvelles/nouvelles-details/article/39558/). Le sujet est loin d’être futile, il entre dans le champ d’une hypothèse appelée “l’hypothèse de la grand mère” qui s’intéresse à l’avantage présumé qu’apporte la ménopause chez la femme. Il s’agit d’un état physiologique que ne partagent pas tous les femelles mammifères : seuls quatre cétacés partageraient cet état avec l’humain. La survenue de cette infertilité en rapport avec l’âge exprimerait un avantage sélectif devenu transmissible. Ainsi lorsque l’hypothèse sera scientifiquement confirmée pourra-ton affirmer sans être accusé de discrimination sexiste que la temporalité de la physiologie de la femme n’a aucun équivalent dans la société !

Un air de ressemblance

février 5th, 2019


L’Arabidopsis thaliana appartient aux taxons des dicotylédons, division des angiospermes, ordre des brassicales (anciennement crucifères). Cet ordre est riche de nombreux individus aussi bien sauvages que cultivés comme par exemple le colza ou la giroflée. La sus nommée, Arabette des dames, se caractérise par un cycle de vie rapide, une grande résistance et une possible auto fécondation, toutes qualités qui lui ont permis d’acquérir le statut d’organisme modèle de référence dans différents champs de recherche dont le dernier centré sur les exosomes (Exosomes Make Their Debut in Plant Research, https://www.the-scientist.com/features/exosomes-make-their-debut-in-plant-research-65336?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2019&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=69564489&_hsenc=p2ANqtz–l8B6i2w43AgyLxRJfakUzbn6QKNgl5xyeoyluigFvPjlc5vXU-UezMkKLX23HRX6lXMfKVyVOkIFMd5BzTUi982iVtQ&_hsmi=69564489). Les vésicules ne sont pas des inconnus dans la cellule quelle soit animale ou végétale. Mais la nouveauté est que cette dernière reproduit le comportement de la vésicule dédiée à l’exocytose dans la cellule animale, ce qui est loin d’être anodin puisque le mécanisme de fusion à la membrane cellulaire se révèle identique dans les deux règnes. Même si l’exosome végétal reste encore en grande partie énigmatique, il est le témoin d’une similitude d’organisation au niveau cellulaire entre les deux mondes, similitude qui pourrait être utilisée dans l’avenir. La question est de savoir qui va en bénéficier, l’homme ou la plante ?