Paroles, paroles …

janvier 15th, 2017

Oiseaux et jeunes enfants gazouillent ensemble, primates non hominidés de la famille Cercopithecidae, genre Papio papio partagent avec l’Homo sapiens la prononciation de certaines voyelles [ɨ æ ɑ ɔ u] (Baboons Can Make Sounds Found in Human Speech, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/47991/title/Baboons-Can-Make-Sounds-Found-in-Human-Speech/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=40605886&_hsenc=p2ANqtz-8KWakI8FyfvDAXclP0GsHtNGddMJZiuQRtyFQbaGIHSQ7aQCRxFDONd6euBpsq1wU9Iy-JF8o7S1rCa5_d_F7m7-xRqg&_hsmi=40605886, en version courte; Evidence of a Vocalic Proto-System in the Baboon (Papio papio) Suggests Pre-Hominin Speech Precursors, http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0169321, en version longue). Que l’on soit bien d’accord, prononcer des voyelles n’est pas l’expression d’un langage signifiant : c’est de l’acoustique pas de la linguistique ! Il s’agit pourtant d’une découverte qui prend toute son importance dans l’étude de l’origine (et de l’évolution) du langage des hominidés qui ferait alors un saut de vingt cinq millions d’années en arrière !  La théorie jusqu’alors retenue mettait en rapport formation de certains sons et anatomie en insistant particulièrement sur l’indispensable position basse du larynx. A la lecture de l’article, une remarque pertinente sur les voyelles émises par les tous jeunes enfants dont le larynx n’a pas encore migré fait réfléchir sur le trop lourd immobilisme des idées reçues et reprises. On n’insistera donc jamais assez sur le bien fondé de l’esprit critique : hors du doute point de salut !

« Que d’eau, que d’eau »

janvier 11th, 2017

Pourquoi la planète bleue ? Plus de 70% de la surface terrestre sont couverts d’eau salée, les continents et les îles représentant donc moins de 30%, ainsi depuis l’espace la planète terre mérite-t-elle bien son épithète de bleue. Si la plus ancienne carte géographique pourrait être datée du VI° siècle av JC, et si le concept d’une terre ronde date à peu près de la même époque, la partie liquide reste mal connue parce que mal explorée. Avec l’amélioration constante de la maitrise des flots, la mer va pouvoir prendre toute son importance et les cartes à venir lui feront la part belle.  L’aujourd’hui écologique ne peut donc pas s’abstraire d’un regard qui lui soit particulièrement dédié probablement en grande partie grâce au développement de la biologie marine. Ainsi les préoccupations concernant l’avenir de la partie liquide de la planète terre ont progressivement pris toute leur importance surtout au regard de la réserve nutritive que constitue l’ensemble de l’élément liquide. C’est en 1931 que Victor Ernest Shelford instaure le concept du biome, terrestre à cette époque : entité écologique et unité biogéographique que constituent la formation végétale et la formation animale qui lui correspond (Qu’est-ce qu’un Biome? http://acces.ens-lyon.fr/acces/terre/paleo/paleobiomes/comprendre/quest-ce-quun-biome). Puis en 1998, survient son adaptation par Alan R. Longhurst  (Ecological Geography of the Sea« , réédité à plusieurs reprises depuis) qui met en place le biome aquatique divisé en milieu dulcicole (eau douce) et marin. Mais la préservation de la biodiversité et in fine des réserves de ce milieu constituent un enjeu qui ne peut souffrir l’approximation. Et c’est là que les techniques les plus récentes  trouvent leur plein emploi. Quoi de mieux qu’une représentation 3D pour rajeunir la cartographie marine (3D ocean map tracks ecosystems in unprecedented detail, http://www.nature.com/news/3d-ocean-map-tracks-ecosystems-in-unprecedented-detail-1.21240?WT.ec_id=NATURE-20170105&spMailingID=53127731&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1080713024&spReportId=MTA4MDcxMzAyNAS2). Il n’y aura plus qu’à savoir ce que l’on cherche pour savoir où le trouver !

Attention : danger

janvier 4th, 2017

L’effet thérapeutique consiste en l’action efficace dans la lutte contre les maladies permettant guérison et/ou prévention : le médicament en constitue un support incontournable. La découverte d’une nouvelle molécule est une première marche sur le long, difficile et onéreux chemin qu’il faudra emprunter pour pouvoir prétendre atteindre ce but. Cher par le coût qu’il représente, cher par ce que la dite molécule peut rapporter. Le coût prend en compte différentes étapes parmi lesquelles la mise au point de la molécule et les tests qui s’en suivent : phase préclinique, essais de phase 1, 2 et 3 qui vont de l’étude de la tolérance jusqu’à la mise en évidence d’un intérêt clinique réel et qui voient les échantillons étudiés de taille progressivement croissante. Le rapport économique prend en compte la reconnaissance de la propriété intellectuelle que traduit le brevet précédant l’exploitation commerciale. Mais au bout d’un certain temps (10 à 15 ans), le brevet tombe dans le domaine public, ce qui rend possible la copie de la molécule originelle et la mise en place de cette classe de médicaments appelés génériques dont le coût supporté par le laboratoire (tests simplifiés), le consommateur et le système de santé s’avère moindre. Si la presse a rapporté l’existence d’effets délétères de certaines molécules dévoyées de leur utilisation première, il n’en reste pas moins vrai que l’inverse est vrai même s’il en est moins parlé. Parce qu’il a été découvert « par hasard » des effets bénéfiques inattendus de molécules connues et que conjointement on est en droit de penser que leur utilisation serait moins onéreuse que la recherche et la mise au point de nouvelles molécules, pourquoi ne pas enfin tordre le cou à l’expression « on ne fait pas du neuf avec du vieux » … C’est la raison pour laquelle il est loin d’être inutile de lire l’article Repurposing Existing Drugs for New Indications (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/47744/title/Repurposing-Existing-Drugs-for-New-Indications/&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=39908481&_hsenc=p2ANqtz-9ajS7hPs5I4QPCXHFyYlyMHRBuxCkKGZSmDO_ZrOnF54K9grEF17KmtglidbkWiFM5f3uGsX2GXEn7-2vh8kIWDvscSA&_hsmi=39908481). On est heureux d’y apprendre qu’il existe déjà des organismes qui colligent des connaissances utiles à ces reconversions mais on tremble à l’idée que l’industrie pharmaceutique pourrait  se mettre en travers pour des raisons bassement économiques les concernant …

Une cervelle d’oiseau, vraiment ?

janvier 1st, 2017

Ce n’est plus un mystère pour personne, le genre oiseau est tout sauf dépourvu de cervelle ! D’où lui vient donc ce qualificatif ? Probablement de la taille de l’organe incriminé quand on imaginait encore une proportionnalité entre le contenant et le continu. L’épithète crâne de piaf n’est pas plus laudateur, l’étourneau pas plus que la linotte ne sont pas connus pour être plus étourdis que d’autres ! Héra seule avait pensé à orner le paon des yeux d’Argos. Heureusement la gente aviaire se réapproprie progressivement les capacités qu’on lui avait déniées. Aujourd’hui c’est de leur mémoire dont il est question (Opinion: A Tale of Two Hémisphères, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/47816/title/Opinion–A-Tale-of-Two-Hemispheres/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=39616948&_hsenc=p2ANqtz–u7K7JSZstwNxq5QkOfBbMWixtvs4QtwioYgyWaOxxLO-u1uq4tsrWMkR915jOsrw75BCNWzistBQvJBYX5eSGpTICng&_hsmi=39616948) en particulier de celle du Cassenoix d’Amérique, un passereau de la famille des corvidés dont on sait par ailleurs que ces derniers sont capables d’attribuer une fonction d’outil à un objet déterminé. Dans le cas du Nucifraga columbiana, ce qui est sujet d’admiration c’est sa capacité à se souvenir des caches dans lesquelles il a déposé ses réserves pour les temps de disette. Cette mémoire serait à mettre en relation avec une augmentation du volume de l’hippocampe (structure impliquée dans la mémorisation) mais sans contrepartie : sous entendu, une autre structure n’en pâtirait pas. De là, comme un vrai saut dans l’espace ….. surgit la liaison avec l’humain par le biais du syndrome du savant qui lui-même entretiendrait certains rapports avec  l’autisme ! Le doute plane néanmoins sur l’existence de ces deux pathologies décrites chez l’homme mais de diagnostic plus difficile chez les corvidés pour ne prendre que leur exemple. Lorsque l’on affirme que les scientifiques doivent jouer un rôle didactique important pour que s’établissent des rapports mutuels de compréhension entre eux et l’homo simplex on est en droit de se demander à qui est destiné ce genre d’article !

Erreur de conjonction

décembre 26th, 2016

Relativement peu employé, le terme « erreur de conjonction » répond pourtant à une expérience courante dont on sait peu de choses alors même qu’on la pratique pourtant régulièrement et ce ne sont pas les conjonctions de coordination qui sont en cause ! Que l’on en juge grâce à  l’article, Place your bets for a white Christmas (http://www.nature.com/news/place-your-bets-for-a-white-christmas-1.21208?WT.ec_id=NATURE-20161222&spMailingID=53046054&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1064092277&spReportId=MTA2NDA5MjI3NwS2) grâce auquel on peut prendre connaissance du large domaine auquel se réfère l’expression. D’une façon générale il s’agit d’un sujet dont on dit qu’il est particulièrement prisé outre manche, celui des paris, mais il faut bien être conscient qu’il s’agit en fait d’un domaine plus que sérieux puisqu’il embrasse celui de la prise de décision, incluant statistique et psychologie cognitive. C’est ce qui devient possible quand on envisage « l’individu face au risque » et le champ d’investigation en est passionnant puisque plusieurs théories s’y affrontent. Chronologiquement parlant,  la première d’entre elles considère la prise de décision selon la théorie de l’utilité de John von Neumann et Oskar Morgenstern (Theory of Games and Economic Behavior , http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu01440/oskar-morgenstern-et-la-theorie-des-jeux.html), puis vient celle de Daniel Kahneman et Amos Tversky (https://www.cairn.info/revue-idees-economiques-et-sociales-2010-3-page-15.htm) qui vient considérablement « chambouler » la précédente puisqu’elle inclut l’importance de biais décisionnels reposant principalement sur la notion d’heuristique de jugement, une opération mentale, rapide et intuitive.  C’est ainsi que l’on a pu introduire la notion d’intelligence émotionnelle impliquée dans la gestion managériale ….. Les bookmakers en ont-ils eu conscience pour s’en servir au mieux ? On ne peut que l’espérer …. pour eux ….

Dépasser la finitude !

décembre 22nd, 2016

k13201-2D’un côté les champs exceptionnels proposés par les avancées de la technique, de l’autre les espèces animales dont l’extinction serait (est) programmée ! Serait-ce un dilemme qui interroge ou l’expression d’un choix déjà dépassé ? Comment faut-il entendre ce titre : 3-D Models Capture Endangered Species Before They Go Extinct (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/47708/title/3-D-Models-Capture-Endangered-Species-Before-They-Go-Extinct/) ? The Digital life program semble bien être la cheville ouvrière de ce débat (Digital Life project aims to create 3D models of all living animals, http://www.treehugger.com/gadgets/digital-life-project-aims-create-3d-models-all-living-organisms.html).  La démarche consiste premièrement à recenser par l’image et le commentaire l’intégralité des espèces animales existantes étant sous entendu que leur disparition de fait ne signera pas leur disparition imago. Quoi de plus noble que ce projet si ce n’est qu’il s’inscrit dans l’idée d’une disparition programmée qui donc en devient  inéluctable. On ne peut, à première vue, que se louer de cette bibliothèque qui va colliger, décrire, répertorier, classer toutes les espèces animales actuellement vivantes et ce d’autant plus qu’il est on ne peut plus probable que de nouvelles espèces vont été découvertes avec comme corollaire l’amélioration de la classification phylogénétique par rapport à la classification taxinomique. Enfin que ce labeur serve la science comme la connaissance est tout à son honneur et on ne peut que se féliciter de cette finalité. Malheureusement toutes les brillantes qualités de cette entreprise ne peuvent ni ne doivent cacher qu’elle repose sur la conscience d’extinctions que l’on anticipe sans y porter un remède efficace !  Telles les visites de sites millénaires disparus il sera donc possible de tourner autour d’un gecko comme le montre l’illustration de l’article. La dissection virtuelle n’est pas encore au programme comme pourrait le laisser penser certaines scènes de séries américaines mais tout espoir n’est pas perdu ! Enfin il reste la possibilité de préférer le modèle à son image en mettant au point le clonage à la demande pour ceux qui vont disparaître. Le choix des possibles est infini, mais pas le devenir du vivant !

Raconte moi une histoire ….

décembre 19th, 2016

idees-deco-chambre-petit-explorateur-voyagesS’il  existe une qualification de la littérature dite enfantine et de jeunesse, s’il existe des maisons d’édition spécialisées dans la dite littérature, s’il existe des prix littéraires qui lui soient consacrés, que sait-on réellement des appétences de l’enfance vis à vis des genres littéraires ? Ce que l’on sait néanmoins pour l’avoir expérimenté, c’est qu’il est rare qu’un enfant n’apprécie pas ce moment privilégié qu’est la lecture quand on lui la lui offre comme un cadeau personnalisé. Cette période est peut-être l’étape indispensable au petit enfant pour que celui qu’il sera plus tard sache déjà qu’il existe d’autres mondes où il pourra voyager.  Les contes de fées ou contes merveilleux ont d’abord appartenu à la tradition orale avant que d’être couchés sur le papier dés le XVII° siècle. Mais ce serait faire injure à Homère que de ne pas voir dans le voyage initiatique d’Ulysse, de merveilleux contes à raconter à tout âge, puisque tel l’Aède chaque conteur a tout loisir d’enrichir le parcours du héros et de ses multiples rencontres. Ensuite de quoi on pourrait facilement aborder  des sujets qui auraient le grand mérite d’être à la fois nouveaux pour celui qui lit mais aussi pour celui qui écoute. Ainsi l’un et l’autre chemineraient côte à côte réalisant une complémentarité enrichissante parce que partagée. C’est la raison pour laquelle l’article Turn children on to science through reading (http://www.nature.com/news/turn-children-on-to-science-through-reading-1.21105?WT.ec_id=NATURE-20161208&spMailingID=52940554&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1061382989&spReportId=MTA2MTM4Mjk4OQS2) ressemble fort à une piste qu’il ne faudrait pas s’interdire d’explorer. Ainsi pourrait-il être bénéfique de passer d’un anthropomorphisme excessif en ce qui concerne le monde animalier pour des explications plus en accord avec la réalité comme par exemple celles que l’on pourrait donner à propos de quartiers de lune ? L’enfant comprend vite et ce n’est pas lui faire injure (au contraire) que d’introduire rapidement le cheminement des idées scientifiques qui ont pu aboutir aux connaissances actuelles. Car c’est aussi un vrai domaine merveilleux que ce cheminement de la connaissance et si nul n’a le droit de se l’interdire il n’a pas plus le droit de l’interdire à son autre lui-même. Il ne coute rien d’essayer !

On ne le dira jamais assez …..

décembre 15th, 2016

bonnet_d_aneSi le malheur des uns ne fait pas le bonheur des autres,  il peut néanmoins contribuer à aider l’autre par la compréhension du pourquoi et ainsi le conduire à un autre comment. C’est ce dont traite l’article « Could Critical Incident Reporting Fix Preclinical Research? » (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/47707/title/Could-Critical-Incident-Reporting-Fix-Preclinical-Research-/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=39085244&_hsenc=p2ANqtz–uLOv5wTzk_ilu5MQ4DeRoe7bcuzAZfO6rUjbK_bvVJPhPhqbIO0sIlErbmXPNjxjK-ZZWraoIyTk-X3yZI4NBTczviw&_hsmi=39085244) faisant poindre comme une bonne nouvelle en cette fin d’année. Ainsi il se pourrait bien que se précise une nouvelle justification de l’apport de l’erreur dans la démarche de celui qui cherche et pourrait se désespérer de ne pas trouver. Car une fois passée la déception/frustration du non aboutissement des résultats du protocole expérimental vient la double question du pourquoi/comment qui ne se résout pas nécessairement dans la minute suivante. Certes chacun sait que « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage », mais pour Boileau il s’agissait d’améliorer pas de refaire … Donc si le voisin a eu les mêmes difficultés pourquoi ne pas en avoir connaissance à charge de choisir la même attitude lorsque le besoin s’en fera sentir ? A  l’heure où la mise en commun de tout et de rien est devenu précepte de vie, la mise en commun d’erreurs pour les éviter prend tout son sens ! Ainsi pourrait-il être recommandé de mettre en place des rapports d’incidents, selon un protocole suffisamment universel. Mais oh surprise, l’anonymisation du recueil des données se serait révélée indispensable au regard du nombre des réponses ! Serait-ce à  dire qu’il existe une connotation honteuse à coucher sur le papier des informations parce qu’elles ne doivent exister que dans le secret d’un laboratoire ! On a peine à y croire au regard de la mise en place d’une culture du résultat !

Oies de Lorenz, pigeons de Kacelnik

décembre 13th, 2016

notre-cerveau-parvient-a-decoder-les-mots-meme-avec-des-lettres-melangees_58267_w620Un article paru dans The Scientist du mois de décembre 2016, Birds Have Skills Previously Described as “Uniquely Human”(http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/47486/title/Birds-Have-Skills-Previously-Described-as–Uniquely-Human-/) s’intéresse aux études effectuées sur la gente aviaire par Damien Scarf et Michael Colombo (Department of Psychology, University of Otago, New Zealand). Cet article cite largement d’autres travaux, parmi lesquels ceux d’Alex Kacelnik (professeur d’écologie comportementale à Oxford) ayant pour objet l’étude des pigeons (Columba, famille columbidae) aussi bien que des corbeaux (Corvus monedula) ou du Chouca des tours. Il ne s’agit ni plus ni moins que faire évoluer cette idée largement partagée selon laquelle certaines capacités sont l’exclusive propriété de la gente humaine ( on ne précisera pas le sexe …..). Mais il ne s’agit plus de démontrer leur capacité à conceptualiser l’outil, mais celle de reconnaître des lettres, ce qui remplacerait la finalité de l’instrument par la construction de séquences significatives  représentant de ce fait un tout autre champ de capacité cognitive. Dans ce domaine que l’on n’oublie pas se référer aux études de Conrad Lorenz (Prix Nobel de physiologie ou médecine en 1973) dont il n’est aucunement question. Peut-être en raison des controverses sur son appartenance au parti nazi et souffrant comme Alexis Carrel d’un rejet tout à la fois rationnel dans son courant politico idéologique mais aussi irrationnel dans son courant scientifique, Lorenz n’apparait plus comme référence dans les recherches en éthologie/écologie comportementale. Il avait pourtant ouvert une vraie brèche dans la théorie du behaviorisme par sa théorie de l’empreinte psychologique : soit à revisiter le pourquoi/comment du déclenchement comportemental. Mais sans aller si loin, si  Lorenz parlait à ses oies, Scarf et Colombo vont peut-être arriver à faire lire leurs pigeons !

Bibliothèque et Méga données

décembre 1st, 2016

big-data-marketing-2Qu’est-ce qui fondamentalement différencie bibliothèque et méga données (http://www.lebigdata.fr/definition-big-data) ? RIEN ? Devoir conserver et pouvoir consulter des informations qui ont été ordonnées pour être facilement accessibles est une définition qui pourrait convenir aussi bien à l’une qu’aux autres. Si parmi les bibliothèques la plus célèbre reste celle d’Alexandrie, au fur et à mesure où ces lieux se sont multipliés se sont posées plusieurs questions inhérentes au concept même, parmi les quelles et en premier lieu la conservation des données puis dans un deuxième temps celui de leur classement. Pour répondre à la première on n’a toujours pas trouvé mieux que la copie qui ne s’est modifiée que du fait de nouveaux supports. Quant au classement on peut dire qu’il n’est plus vraiment d’actualité dans la mesure où c’est l’accessibilité qui est en première ligne. Ces méga données font énormément parler d’elles que ce soit en bien tout autant qu’en mal selon que  l’on considère  trois critères : quantité, vélocité, variété ou quatre quand on leur ajoute, la valeur (The power of big data must be harnessed for medical progress, http://www.nature.com/news/the-power-of-big-data-must-be-harnessed-for-medical-progress-1.21026?WT.ec_id=NATURE-20161124&spMailingID=52835365&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1047036490&spReportId=MTA0NzAzNjQ5MAS2). Car tout dépend de l’usage que l’on veut en faire et la médecine n’est pas le dernier des domaines intéressés.  La question principale est alors que veut-on faire de ces informations : quelle en est la finalité ? Car un des défis à relever concerne cet ensemble dynamique constitué de la masse toujours incrémentée  des informations et de leur pertinence qui elle même ne peut être définie que par la connaissance du but. A ce propos il ne faut pas négliger la possibilité d’une pertinence inscrite dans le futur… Et comme il est peu vraisemblable que l’on s’accorde sur l’unicité d’un but il est normal que l’accord ne puisse se faire sur les bienfaits réels ou les méfaits tout aussi réels de ces méga données. Et pourtant quel est celui qui imaginerait sereinement laisser un tel terrain en friche ! Comme pour une aventure spatiale, facteurs, acteurs et buts sont à définir avec méticulosité avant de lancer l’opération  « appropriation des connaissances » !