Question de définition

août 22nd, 2016

(http://mbio.asm.org/content/7/4/e00874-16.full)

En cause le mot « Anthropocène« . A priori aucune difficulté. Άνθρωπος : homme au sens de l’humain, καινός : nouveau, d’où le néologisme crée par Paul Crutzen, prix Nobel de chimie en   1995, pour désigner une nouvelle époque géologique, qui aurait débuté selon lui à la fin du XVIII° siècle avec la révolution industrielle et succéderait ainsi à l’Holocène   (https://fr.wikipedia.org/wiki/Anthropoc%C3%A8ne). Mais à concept simple : nouvelle ère caractérisée par l’action de l’homme sur l’évolution de la planète, question tout aussi simple : quand l’action de l’homme a-t-elle eu une (des) incidence(s) sur l’évolution de la planète ? Selon P. Crutzen  le début de la révolution industrielle signe le passage de la dernière période du quaternaire, le Pléistocène vers l’Holocène. Le premier correspond à une période glaciaire, le second à une période de réchauffement qu’accompagne un certain nombre d’extinction d’espèces. Avec l’anthropocène, l’action de l’homme sur son environnement devient prépondérante jusqu’à la modifier la lithosphère et c’est là que le bât blesse. Comment juger sur environ deux cents ans des modifications au niveau de la croûte terrestre et d’une partie du manteau supérieur demandent les géologues qui en discutent toujours (Allons-nous entrer dans l’anthropocène en 2016 ?
En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/planete/article/2016/01/02/allons-nous-entrer-dans-l-anthropocene_4840896_3244.html#kwVKyXbp02vEmHcW.99 ). C’est dans ce contexte (un an plus tard néanmoins) que parait l’article  : 
Define the Anthropocene in terms of the whole Earth (http://www.nature.com/news/define-the-anthropocene-in-terms-of-the-whole-earth-1.20427?WT.ec_id=NATURE-20160818&spMailingID=52085095&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=983154956&spReportId=OTgzMTU0OTU2S0) preuve qu’il n’existe pas encore de consensus (mou/dur ?). Mais c’est aussi (surtout ?) l’occasion de prendre conscience de la non simplicité du concept : l’action de l’homme sur l’évolution de la planète. Scientifiques de tous les pays unissez vous, l’écologie n’est pas rien, mais elle n’est pas tout non plus !

L’imagination au pouvoir !

août 20th, 2016

ob_8b923e_scans241Il ne faut pas s’interdire d’admirer Vingt mille lieux sous les mers, oeuvre originale de Jules Verne parue en 1870, pour l’abondance des thèmes abordés témoignant combien son auteur était impliqué dans l’ère de son temps. Si l’on excepte le capitaine Nemo dans ses rapports avec la société d’alors, il est certain que le roman fourmille de techniques scientifiques en cette fin du XIX° siècle, nouveautés que l’auteur a parfaitement intégrées et qu’il exploite. Terre, mer et air sont de sujets qui permettent à Jules Verne d’explorer la société, l’environnement et la liberté de l’homme à s’y déplacer. En 1870, la conception du sous-marin est déjà très ancienne (Francesco di Giorgio Martini, 1439-1502, Taccola (1381-1458 ?)  et sa première réalisation  à peine postérieure ( 1624, Cornelis Drebbel), le scaphandre individuel par contre est contemporain (Benoît Rouquayrol primé à l’exposition universelle en 1867), tandis que l’utilisation d’une énergie renouvelable marine, pointe déjà le bout de son nez. On ne peut donc pas dire qu’il s’agisse réellement d’une oeuvre de science fiction mais plutôt de l’utilisation rationnelle de la technicité  au cours des âges. Par contre là où l’imagination joue pleinement son rôle c’est dans la description d’animaux extraordinaires que les anciens n’auraient pas désavoués comme par exemple le Narval géant, (équivalent marin de la licorne terrestre). La réalité, qui dépasse souvent la fiction, est fière d’exposer la photographie d’un calmar géant qui, datant de 1874, n’a probablement pas pu être retouchée en raison de la non existence de photo shop  (First Photo of Intact Giant Squid, 1874, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46360/title/First-Photo-of-Intact-Giant-Squid–1874/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=32309382&_hsenc=p2ANqtz–ZXGi9ayzG1gOq_9ZzlF67SquSErLh6WoRgzzQjb673M-i_7mstTtlR8jdNV0SL8fEPAJ3PNMc0p6AuBAkkF6g6WNrIA&_hsmi=32309382/). Ainsi ce qui pouvait être qualifiée d’oeuvre de fiction en 1870, devenait un simple reportage en 1874. Comment dés lors faut-il qualifier ces visionnaires qui décrivent le futur-présent de l’avenir ?

Pourquoi s’en priver ?

août 17th, 2016

400x260-ctUne bonne nouvelle à laquelle on ne s’attendait pas forcément en cette époque qui vit quelques soubresauts sociétaux. Il pourrait exister une certaine forme de rapport entre la monogamie et l’altruisme, mais attention un altruisme de parentèle, ce qui en réduit quand même considérablement le concept (Opinion: Monogamy and Cooperation Are Connected Through Multiple Links, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46608/title/Opinion–Monogamy-and-Cooperation-Are-Connected-Through-Multiple-Links/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=32676569&_hsenc=p2ANqtz80r72wkuJdtwJvClb4J4EWv1AdnW4GixDpRdaKWEg58mEMns8RnvR5VOML4pU1UUB416P55d3XsEhYGNQQpMWSRRPaKw&_hsmi=32676569) ! L’idée, née en 1964, est due à William Donald Hamilton et c’est pour sa théorie de la sélection de parentèle, qu’il a reçu la médaille  Darwin en 1988 attribuée pour des recherches effectuées dans un domaine de biologie exploré par l’auteur éponyme. Abondamment représentée dans le monde animal comme chez le loup aussi bien que l’abeille …, cette théorie démontre que l’altruisme augmente avec l’apparentement sous l’effet de la sélection naturelle ce qui permet de comprendre la sentence, Homo homini lupus ….  (selon Plaute copié par Hobbes) de la façon suivante : l’homme est un loup pour l’homme lorsqu’il ne le connait pas. L’homo politicus l’a si bien compris qu’il peut être apparenté à un autre parti politique que le sien dans un but, oh combien altruiste, de pouvoir être élu sans vraiment appartenir au groupe choisi !

Ce chemin est-il le meilleur ?

août 12th, 2016

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Depuis l’antiquité (Héron d’Alexandrie), de grandes améliorations ont été apportées aux automates en témoigne Le Canard digérateur  créé par Jacques de Vaucanson en 1738. Il s’agissait d’une machinerie très complexe qui reproduisait les processus de la digestion de l’animal et dont les rouages étaient visibles. La robotique mise en  place par Isaac Asimov (1941/1942, Menteur, Runaround) en s’intéressant  à un domaine un peu différent se rapproche pourtant plus des humanoïdes artificiels dont Ephaistos fut le premier promoteur. Aujourd’hui si l’on continue à imaginer et à réaliser des humanoïdes artificiels  la robotique a envahi de nombreux autres domaines : industriel, domestique, médical, militaire, scientifique. Celui dont on parle abondamment actuellement concerne la robotique de transport avec la voiture autonome, c’est à dire la voiture sans conducteur. Si l’on passe outre les problèmes liés à  la réalisation même de ce type d’engin, à propos duquel on sait que toutes les réponses n’ont pas encore été apportées, il reste une question primordiale, celle du rapport de l’homme à la machine (Steer driverless cars towards full automation, http://www.nature.com/news/steer-driverless-cars-towards-full-automation-1.20390?WT.ec_id=NATURE-20160811&spMailingID=52032459&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=981769299&spReportId=OTgxNzY5Mjk5S0).  L’homme est-il prêt à ce que la machine prenne totalement en charge l’action de conduire transformant l’objet en sujet et inversement  ?  Cette inversion des rôles pouvant être interprétée comme une dépossession, action liberticide s’il en fut, même si l’on imagine que le conducteur ainsi dépossédé devient apte à choisir une autre action. Parmi les autres questions, celle du conditionnement qu’une telle machine risque d’entraîner sur l’environnement dans lequel elle va se déplacer. Et à l’heure où l’écologie prône le respect de l’environnement, la voiture autonome risque d’installer l’homme dans un nouvel univers, qui ne pourra plus être celui de ses ancêtres, d’où une réelle aporie qu’il conviendrait peut-être d’éviter. Qui gouvernera la route ?

Il y a évolution et évolution …. (suite)

août 7th, 2016

genies-grotte-chauvet-film-christian-tranDonc l’évolution humaine ne s’est ni interrompue ni arrêtée (cf article précédent) à l’inverse d’un certains nombres de civilisations qui ont bel et bien disparu (Sumériens, Olmèques, Étrusques… Huit civilisations perdues, http://www.lepoint.fr/culture/sumeriens-olmeques-etrusques-huit-civilisations-perdues-05-08-2016-2059224_3.php). L’humanité a ainsi pu réaliser un certain nombre de ses rêves, voler sans se brûler les ailes (Icare),  échapper aux pièges marins (Ulysse), alunir (Savinien de Cyrano de Bergerac) et l’on pourrait donc penser que le génie de l’homme est sans limite. Le génie, peut-être, mais de quel génie parle-t-on ? Pour les latins, chaque homme était accompagné de son génie propre,  » qui veillait sur lui dès sa naissance, qui partageait toute sa destinée et disparaissait avec lui« . Il se pourrait bien que de vieux génies soient encore à l’oeuvre auprès de chacun (Opinion: Our Inner Caveman, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46607/title/Opinion–Our-Inner-Caveman/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=32489515&_hsenc=p2ANqtz-_KfLFH6Uyc5qa5jUxx0kVMpy96nCHAind-IePabWKeX7YIGHtfX_I7cLFUix4jR-hSRpaWgXAqjGCjJJ3YcuoAeUQjZQ&_hsmi=32489515). En effet tout homme, aussi bien intégré qu’il soit dans la société, garderait en lui un instinct tribal : celui de se protéger. La raison pour laquelle on qualifie ce caractère de tribal tient  au fait que cette protection ne s’inscrit pas dans un futur éloigné mais dans un futur proche ce qui correspond bien à l’instinct de survie développé par les groupes humains ancestraux. C’est pourquoi il faut raisonner pour dépasser cette immédiateté personnelle quelque soit le domaine considéré, car il s’agit d’un réel moyen de pression, car il est certain que vivre en acceptant l’autre tout en refusant le grégarisme n’est pas chose simple ! Mais peut-être est-ce cette évolution qu’il faut avoir en ligne de mire !

Pourquoi devrait-elle s’arrêter ?

août 4th, 2016

6a00e5500b4a64883301a3fd03256c970bL’évolution est un processus qui affecte de nombreux systèmes. Ne parle-t-on pas d’évolution des populations, du climat, de la société, des moeurs, des idées …. Les modifications caractéristiques de ces différents types d’évolution ne sont perceptibles que par rapport au temps et chacune ayant son échelle, la perception en est plus ou moins évidente. Quoiqu’il en soit une évolution ne se mesure qu’à l’aune d’une antériorité qui fixe un état dont on estime qu’il s’est modifié par rapport à un point que l’on estime de départ. Lamarckisme et darwinisme ont tous deux parlé d’évolution mais si la seconde théorie a supplanté la première c’est en raison des mécanismes proposés pour l’expliquer. La paléontologie humaine (paléoanthropologie) qui s’appuie sur l’étude des fossiles, émet des  hypothèses remises en question par la découverte de nouveaux spécimens ou nouveaux artefacts. A l’évidence ce domaine est lui-même en pleine évolution comme en témoigne ce récent article, Humans Never Stopped Evolving (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46651/title/Humans-Never-Stopped-Evolving/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=32369516&_hsenc=p2ANqtz-8erZv28qDptwIs7dSxD8zDvJnF7j_oUQ7zsbp5fy2zDWfDMoSH88Id1gkDpe2u6Qmof8xD-ILPE31dLAVFV_vDbnz74Q&_hsmi=32369516). Première remarque, il faudrait professer une méconnaissance parfaite du concept d’évolution pour penser que l’homme y a échappé et alors depuis quand ! La seconde remarque concerne le laps de temps requis pour constater la survenue de certaines modifications. Quand les outils techniques permettent de saisir des avantages acquis il n’y a que quelques milliers d’années (cf articcle sus cité) on se dit que le préfixe paléo, s’il signifie ancien, s’inscrit dans un plus ou moins ancien ! C’est ainsi que ces mêmes outils sont en train de permettre le déchiffrage d’un segment de la population américaine de 1948 à nos jours. Ce ne sera peut-être pas plus facile que d’explorer un million d’années, car il se pourrait bien que la prise en compte des facteurs environnementaux soit particulièrement délicate. Néanmoins on pourrait presque imaginer que l’accélération d’une technicité multidisciplinaire transforme l’étude des temps anciens en une prospection des temps futurs, mais ceci est déjà le domaine de la science fiction  et et ce depuis bien longtemps, car l’homme joue aussi bien, et pas si mal, avec une technique virtuelle que réelle !

Qu’est-ce que ça vaut ?

août 1st, 2016

goldenSi « la valeur n’attend pas le nombre des années« , est-ce que « la valeur d’un article attend son Impact factor » ? C’est à Eugène Garfield que l’on doit un concept « révolutionnaire », celui de bibliométrie, soit  « application des mathématiques et des méthodes statistiques aux livres, articles et autres moyens de communication » (PRITCHARD A, STATISTICAL BIBLIOGRAPHY OR BIBLIOMETRICS, JOURNAL OF DOCUMENTATION. 1969; 25 (4): 348-349) que l’on peut modifier aujourd’hui étant donnés les  nouveaux moyens utilisés en  « analyse quantitative de l’activité et des réseaux scientifiques« .On est en droit de se poser deux questions : pourquoi faire mais surtout quelle valeur lui accorder. Les données quantitatives tireraient leur valeur scientifique de ce qu’elles mesurent et donc permettent différentes opérations même si le problème de fond reste le choix de l’unité de mesure. A l’inverse les données quantitatives semblent moins exploitables à tel titre qu’il existe des tests où la conversion en ses cousines permet un certain type d’exploitation. A l’origine donc, il s’agissait d’évaluer une revue, puis progressivement un chercheur ce qui fait que l’on est passé d’un objet à un sujet : le meilleur sujet étant celui qui publie dans le meilleur objet. Aujourd’hui (Time to remodel the journal impact factor, http://www.nature.com/news/time-to-remodel-the-journal-impact-factor-1.20332?WT.ec_id=NATURE-20160728&spMailingID=51926878&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=963948046&spReportId=OTYzOTQ4MDQ2S0) on se méfierait justement de cette assimilation faite entre objet et sujet car une moyenne arithmétique lisse artificiellement l’ensemble d’un travail spécifique par rapport à tel autre et ce d’autant que les disciplines ne se ressemblent pas. Ainsi le journal Nature, qualifié d’un des meilleurs IF (Impact Factor) propose-t-il de modifier les paramètres retenus (Metrics for journals published by Nature Research, http://www.nature.com/npg_/company_info/journal_metrics.html). Chercheurs de tous pays unissez vous pour bénéficier de ces nouvelles normes !

Aller plus loin !

juillet 28th, 2016

CerveauxComparéDes exemples encore et toujours des exemples ! L’un d’entre eux, connu depuis longtemps déjà, concerne la reproduction des orchidées. Certaines d’entre elles ne seraient-elles pas capables  de mimer des fleurs mellifères pour que l’insecte si pose (Darwin et l’étoile de Madagascar, 1862), ou plus redoutable, mimer l’insecte femelle qui attire le mâle correspondant ! On parle alors de coévolution mais à sens unique (pourrait-on dire) puisqu’il semble bien que dans ces deux cas, l’orchidée soit la seule bénéficiaire Plus inattendu peut-être est un processus identique, mais entre l’homme et l’animal. Que l’animal puisse vivre sans l’homme est une certitude puisque le premier a précédé le second, mais il est peu probable que le second puisse se passer du premier. Il s’en suit que des liens ne pouvaient que se créer entre ces deux représentants du règne vivant, liens évoluant au fil des millénaires. Divinisés, soumis ou égaux des hommes, les animaux jouissent aujourd’hui d’un statut à part entière (L’évolution des relations entre l’homme et l’animal, http://agriculture.gouv.fr/sites/minagri/files/documents/pdf/Actes_29112011_SD_cle0dd1ba.pdf). La coévolution dont parle l’article, Man and Bird Chat While Honey Hunting ( http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46626/title/Man-and-Bird-Chat-While-Honey-Hunting/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=32035699&_hsenc=p2ANqtz-9B2mFWohbBscvvizM5mK-gub6eRw-EzSK7pnr3pVDXYHGCKf8k51XL_d-5-XgWZDpZTJK0eB1CKH2nEMkjQRYZFCIrLQ&_hsmi=32035699) entre l’homme et l’oiseau, peut être dite à double sens  puisqu’elle est doublement coopérative et s’ inscrit probablement dans le cadre d’un processus ancestral de survie. Si peut se mettre en place une compréhension basée sur l’utilité entre l’animal et l’humain, s’il existe une compréhension animale interindividuelle ( Marine Mammal Communications, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46342/title/Peter-Tyack–Marine-Mammal-Communications/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=32035699&_hsenc=p2ANqtz-80aV8S_jEs-lFkULuVlOci8hIJ2-0Tc_tohnbdmKL8u4TMFdfa2d4UP1hTkv_LP5rESj7N1L3bO0mFPCcqHoMQKKGRVA&_hsmi=32035699) il n’y aurait aucune raison de ne pas accorder de signification aux enregistrements électriques provenant des végétaux  (UN DOSSIER SUR L’INTELLIGENCE DES PLANTES, AU RISQUE DE BÊTIFIER ? http://www.agrobiosciences.org/article.php3?id_article=3557#.V5oBW1WLRdg) ! De telle sorte qu’il semble bien que l’homme n’ayant toujours pas accepté de n’être plus le centre du monde, se croit obligé de reconstruire un pan anthropomorphisme rassurant, rejoignant ainsi le besoin d’harmonie du cosmos des anciens !

L’éthique du cobaye à l’organoïde

juillet 23rd, 2016

anatomieLa méthode expérimentale serait née avec Claude Bernard ce qui la fait remonter au XIX° siècle. On sait pourtant que l’expérimentation animale est beaucoup plus ancienne comme en témoigne Galien qui tenait autant au raisonnement qu’à l’expérience. Ce n’est pas sans raison que l’on parle des animaux de laboratoires, qui outre le fait qu’ils y vivent, participent pour beaucoup à la vie du dit laboratoire dans la mesure où la vie de l’un dépend de l’autre et inversement ! L’originalité de Claude Bernard tient dans le fait qu’il a introduit une démarche rigoureuse selon schématiquement trois étapes : poser la bonne question, proposer une réponse par le biais d’une hypothèse, répondre après avoir testé la dite hypothèse. L’expérimentation animale semble la démarche la plus raisonnable en permettant, grâce au raisonnement analogique, le glissement de la réponse de l’animal à l’homme. Ce procédé ne fut pas exempt d’erreurs comme en témoigne la connaissance progressive de la circulation sanguine depuis Galien en passant pas Vésale pour aboutir à Harvey. Depuis toujours l’hypothèse doit être vérifiée, et la dissection humaine a traversé les époques avec plus ou mois de succès, d’autant que l’expérimentation animale  ne rencontrait pas les mêmes difficultés grâce à Descartes qui plaidait pour l’animal machine ! Il est certain que l’animal de laboratoire vit dans des conditions qui ne sont pas celles de son milieu naturel, ce qui peut être la cause d’un premier degré de questions sur l’exactitude des résultats observés. Mais à cette question de bon sens vient s’en greffer une autre relevant plus de l’éthique et qui concerne la souffrance infligée même s’il existe aujourd’hui une charte qui considère l’animal comme un être vivant doué de raison ( il ne faut pas oublier, quand même, que l’on est passé du mammifère au nématode, de la souris au C. Elegans). Aujourd’hui se développe une nouvelle technique bien particulière, celle des organoïdes : réaliser en trois dimensions une culture cellulaire d’un type bien particulier puisqu’elle reproduit un organe réduit, certes dans un milieu artificiel mais capable de reproduire les fonctions de l’organe originel. Tout serait donc pour le mieux dans le meilleur des mondes, si ne se posait alors la question des cellules choisies pour fabriquer cet organoïde : cellules animales vs cellules humaines, cellules souches vs cellules matures reprogrammées. Si les avantages semblent multiples, on le voit les questions ne sont pas en reste (Will Organs-in-a-Dish Ever Replace Animal Models? http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46588/title/Will-Organs-in-a-Dish-Ever-Replace-Animal-Models-/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=31875517&_hsenc=p2ANqtz–oxiSCOos_CEwhT2sn82b4nSFXEz-L7tDJMUv2El_7zU4UzasYF-FZ36cs5Gti1xTpzEl63NjiLSM6m2tZ_ubMM275PA&_hsmi=31875517), dont la dernière : les organoïdes pourront-ils  remplacer les animaux de laboratoire ? Il convient donc de ne pas s’inquiéter, chaque étape fera toujours jaillir de nouvelles questions.

Dr Faust contre Dorian Gray

juillet 21st, 2016

doctor_faustus_poster-r7e3956f0aa66431b997c1f1866308159_ybf_8byvr_324L’homme est mortel, c’est une évidence depuis la nuit des temps. C’est cette évidence qui l’a fait  chercher depuis (peut-être) un peu moins longtemps à contourner cette fatale échéance par différents types d’esquives comme par exemple, la réincarnation, la résurrection, l’immortalité de l’âme. Ce qui est de même inéluctable, c’est (le plus souvent) le chemin tout tracé du vieillissement qu’il faut emprunter pour y arriver, ce qui représente, on en conviendra aisément, un exemple parfait de double peine ! Les anomalies telles que la progéria et le syndrome de Peter Pan seront volontairement ignorés. Il existe ainsi de nombreuses références (que l’on peut qualifier de fantaisistes) à l’amélioration de cette condition : être plongé dans le Styx, boire de l’eau de la fontaine de jouvence, faire appel au diable ! Heureusement la technique est en train d’apporter une aide bien supérieure à tous ces moyens de pacotille ! ( Back in Time, Back to the Future: Aging and Rejuvenation http://www.cell.com/trends/molecular-medicine/fulltext/S1471-4914(16)30074-0, Focus on Aging,  http://www.cell.com/cell-metabolism/abstract/S1550-4131(16)30239-X). Si l’on excepte l’Ayurveda qui est une forme de médecine traditionnelle  (Asie du Sud) reconnue comme telle par l’OMS et considérée comme une médecine alternative (Occident) il se pourrait que les plus récents développements en biologie donnent accès à ce que recherche une certaine partie de l’humanité, vieillir en bonne santé, puis reculer l’âge de la mort (la supprimer restant encore du domaine du fantasme ou de l’utopie ! ). Quoiqu’il en soit, ce choix ne signe pas la négation du concept de programmation puisqu’il introduit une autre programmation. Il s’agit plutôt de remplacer la médiation de la médecine hippocratique par l’artificialité de la médecine scientifisée. Par ailleurs on peut également se reposer la question de savoir si la réflexion induite par ces nouvelles techniques doit précéder ou suivre la mise en place des techniques elles-mêmes !