Le Nouvel Esprit Scientifique

boumDeux articles viennent de paraitre et sont particulièrement intéressants par le regard qu’ils portent sur les scientifiques et leurs résultats (Let’s think about cognitive bias, http://www.nature.com/news/let-s-think-about-cognitive-bias-1.18520 et How scientists fool themselves – and how they can stop, http://www.nature.com/news/how-scientists-fool-themselves-and-how-they-can-stop-1.18517?WT.mc_id=SFB_NNEWS_1508_RHBox,). Ce n’est pas tant les remarques concernant l’utilisation des tests statistiques modernisés. La quantité des données traitées n’est plus en effet comparable à celle traitée antérieurement quand les métadonnées n’avaient pas encore droit de cité. Ce n’est pas tant le fait d’utiliser ce qui pourrait être appelé kit statistique et dont l’utilisateur ne sait pas toujours (ne sait que rarement) avec précision ce avec quoi il joue (signification des fameux 5% !). Mais bien qu’exprimées de façon plus ou moins allusives, en tous cas, par légères touches, ce qui est particulièrement important c’est ce qui tendrait à faire accroire l’hypothèse selon laquelle les différents auteurs auraient lu/relu Gaston Bachelard (Regina Nuzzo, auteur du second article est professeur de statistique et journaliste scientifique indépendante). Car en effet quels sont les grands thèmes évoqués ? L’idée a priori, la construction de l’expérimentation, le résultat attendu, la confiance et son corollaire, la déception. Pour finir, il y a  ce qui ressemble à une vraie nouvelle idée : celle qui explore le scientifique tel qu’en lui même, à savoir ce que l’on pourrait appeler autobiais intellectuel, et dont il aurait du mal à prendre conscience pour pouvoir s’en débarasser. Ainsi la science s’organiserait-elle selon le trépied suivant : la rupture épistémologique selon Gaston Bachelard, la demande impérative de véracité selon Karl Popper, et le chercheur lui-même qui introduirait à son insu son propre biais intellectel.

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