Archive for juillet, 2018

La mémoire qui flanche ?

dimanche, juillet 15th, 2018

Se rappeler/se souvenir que de discussions à leur propos quand on peut dire en effet que l’on se rappelle des souvenirs. La seule certitude est d’ordre grammaticale : l’un est transitif direct l’autre ne l’est pas !  Autre pierre d’achoppement la mémoire et le souvenir aux quels on accole des concepts très différents en fonction de ceux qui les ont explorés. Deux faits sont néanmoins certains c’est qu’il s’agit d’une exploration du passé que l’homme partage avec un grand nombre d’animaux. Si pour certains le souvenir peut résulter de l’acte par lequel il s’extrait de la mémoire pour affleurer au présent, Freud n’est pas, et de loin, le premier à s’être intéressé à ce domaine. C’est en effet à la suite de ses travaux  que la mémoire a été affecté à l’inconscient. Les souvenirs ont fait par ailleurs l’objet d’interrogations toutes particulières après que l’on se fut aperçu qu’il était possible d’induire ce que l’on peut qualifier de  “faux souvenirs”. Mais il est également intéressant de noter que les études ont cherché à mettre en évidence le “centre de la mémoire” plutôt que celui des souvenirs ! Devant un sujet aussi complexe, peut-on penser avancer dans le domaine à la lecture de cet article Forgotten Memories Brought Back in Mice (https://www.the-scientist.com/news-opinion/forgotten-memories-brought-back-in-mice-64449?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=64272623&_hsenc=p2ANqtz–sVEygGasfeQiDAg4HtqisAUEzuKlkDga7T-iSTzeJJfx07ADdTECdXLjAcIGUIJcLpwc8jjccfymBoBooPdBV10f15Q&_hsmi=64272623) ? Tout ne serait-il qu’une affaire de neurones jeunes ou vieux, accessibles ou non, du fait de remplacements ultérieurs ? En tout cas si l’hippocampe reste en pole position il est probable que le propre de l’individu ne peut être ignoré, ce qui est quand même très satisfaisant !

Pourquoi la première impression est-elle toujours la meilleure ?

mardi, juillet 10th, 2018

Pourquoi cet article Are These Dots Purple, Blue or Proof That Humans Will Never Be Happy? (https://www.livescience.com/62962-blue-or-purple-dots-illusion.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20180702-ls) mérite-t-il d’être lu ? Soit encore quel enseignement peut-on en tirer ? Pour en résumer succinctement le thème : au fil du temps se modifie la perception quelque soit l’objet de la dite perception. Cette citation du satrape pataphysicien Henri Jeanson (1900-1970) “La première impression est toujours la bonne, surtout quand elle est mauvaise”  doit au même titre que celle de Molière concernant l’ingestion alimentaire et la vie, être mise en exergue de toute étude portant sur la perception première et ce d’autant plus qu’elle invite à relire de nombreux auteurs ayant traité de la perception du sensible, depuis les plus anciens jusqu’aux plus modernes. Si l’on ne peut nier l’importance du sensible dans le rapport au monde, on ne peut pas plus nier que perception n’est pas connaissance et qu’il existe une immédiateté de la perception. Mais si la perception est la première étape de l’approche de la réalité, cette dernière ne peut qu’évoluer au cours du temps. La mémoire en effet vient troubler l’image première par une construction seconde qui s’active au moment même où s’enregistre la première. Des deux types de mémoire selon Bergson (in Matière et Mémoire, 1896) l’une des deux utilise l’acquis du passé pour le présent. Et si l’on pratiquait ce même test chez des patients souffrant de troubles de la mémoire immédiate les résultats pourraient-il être différents ? La continuité disparaitrait-elle au profit d’une discontinuité qui rendrait à chaque point son individualité ? Si la mémoire est nécessaire, les modifications qu’elle induit ne la rendent pas suffisante !

Eloge des loisirs

mercredi, juillet 4th, 2018

Il ne faut pas confondre l’Eloge de la paresse avec l’Eloge des loisirs car dans le cas présent, il n’est aucunement question de ne rien faire mais au contraire d’être très occupé et peut-on même ajouter particulièrement occupé ! (How a hobby can boost researchers’ productivity and creativity, http://www.nature.com/articles/d41586-018-05449-7?WT.ec_id=NATURE-20180621&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20180621&spMailingID=56851658&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1422975329&spReportId=MTQyMjk3NTMyOQS2). Mais comment est-ce donc possible ? Par quel(s) merveilleux mécanisme(s) une occupation qui serait a priori dénuée de toute utilité serait a posteriori d’une grande utilité ! Mais dénué d’utilité a-t-il la même signification qu’inutile ! Ce qui oppose ces deux termes c’est leur aboutissement potentiel. Dans le premier cas il y une absence de finalité, dans le second une finalité qu’il convient d’éviter. Ainsi l’expérience montre-t-elle que le fait de s’adonner avec ferveur à des loisirs aussi multiples que variés est porteur d’une finalité incomparable, celle d’optimiser l’autre versant de l’activité humaine, les champs “illimitées” de sa réflexion. Des enjeux qui  n’ont rien à voir avec ceux que requiert la société permettent à l’individu d’exercer tous ses sens vers leur amélioration. Ainsi seront affuter les outils indispensables à ses activités ultérieures. Et peut-être a-t-on trouvé là le coeur de la serendipité dont il a déjà été question. Mais ce passage de la gestion des loisirs personnels à la gestion du labeur au sein de la société ouvre aussi une fenêtre sur le concept de la flexibilité cognitive (https://www.persee.fr/doc/psy_0003-5033_2006_num_106_3_30923) dont les neurosciences sont particulièrement friandes.