Le doute détourné

Pour faire simple, on peut schématiquement envisager deux faces au doute : celui de Pyrrhus d’Elis et celui de René Descartes. Le premier est un philosophe sceptique enseignant que l’homme ne peut atteindre la Vérité. Le second est un philosophe scientifique enseignant que l’homme atteint la Vérité en se basant sur le doute méthodique. Mais qu’est le doute qui trompe ? C’est ce dont traite l’article, Truth decay: when uncertainty is weaponized ( https://www.nature.com/articles/d41586-020-00273-4?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=35053716f5-briefing-dy-20200207&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-35053716f5-43241421 ) : rien de moins que la Double pensée, inventée par George Orwell et qui n’a d’autre but que de supprimer tout esprit critique. Les tenants de cette option ne manquent pas politiciens, économistes, scientifiques (liste non exhaustive). Leur travail est d’autant plus facile qu’ils sont naturellement servis par une prédisposition reconnue qu’a l’homme de croire plus volontiers ce qui conforte un a priori de ses opinions. Point n’est besoin de forcer le trait : que le doute aille dans le sens ou a rebours de ce que pense l’individu ciblé ce dernier se verra renforcer dans ses idées premières. On pourrait imaginer l’utilité et la bienveillance de cette “boîte à outils” dans le cadre d’une information qui éduque. Malheureusement les exemples sont plutôt en faveur de l’inverse, attitude d’autant plus malveillante qu’elle cible deux niveaux : la fausseté de la communication et la destruction de l’esprit critique. En vue l’anéantissement de l’exercice de la liberté ?

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