Quand la fin de vie devient une interrogation sociétale, il peut en être de même de la vie finie. Quand la première n’est pas exclusivement autocentrée, la seconde l’est totalement. Se préparer au départ ne prépare pas celui qui reste et l’expression « faire son deuil » a une réalité, car l’absence a sa consistance et c’est elle qui se fait entendre. À ce que l’on peut qualifier de trouble psychiatrique par sa durée, et la souffrance qui s’y associe, il existe pourtant une base anatomique constituée de circuits neuronaux dont le fonctionnement est altéré (A neurobiological perspective on prolonged grief disorder). Les zones impliquées appartiennent au système de récompense, celle-ci étant assimilée dans ce cas particulier « au fort désir de retrouver le défunt « . Ces résultats ne seraient que préliminaires, l’échantillonnage étant peu représentatif de part sa taille. Il n’en reste pas moins vrai que la douleur est réelle et qu’une solution pourrait se profiler à l’horizon (AI griefbots could change how we mourn — but there are serious risks ahead), mais avec la question suivante : « la fin justifie-t-elle les moyens » ? Car il ne s’agit ni plus ni moins que d’une résurrection numérique, encore que le vocable de « résurrection » convienne assez peu tant est grande la possibilité de faire de cet avatar une copie non conforme à la réalité. II serait en effet tentant de modifier dans un sens comme dans un autre, un parent pour expliciter le déroulé de sa vie : Folcoche contre Madame Rosa ! Quant aux motivations, si celles du demandeur sont dépourvues de toute finalité mercantile il n’en est pas de même concernant celles du concepteur de ce « bot de la mort » ! Ce qui interroge sur la démarche …
Archive for février, 2026
L’homme, le robot et la mort
samedi, février 28th, 2026Vous avez dit sérendipité, bizarre !
lundi, février 16th, 2026« Capacité, aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité« . L’épistémologie regorge d’exemples en parfaite adéquation avec cette définition. Il peut s’agir d’une fulgurance qui s’impose, comme d’une constatation dont on saisit toute la portée. Sir A. Fleming et la pénicilline en sont l’Exemple le plus abondamment cité ; la question étant de savoir si cette « qualité indispensable » à l’avancée scientifique peu encore avoir cours (Can Science Still Afford Serendipity?). Poser cette question laisse entendre que la dite capacité peut ou non être, ce qui la rend contingente, d’où le fait qu’elle se situe dans une certaine plage d’indétermination ou de hasard. Le hasard fit que Sir Alexander Fleming était peu méticuleux et que dans son désordre une boite de Petri ensemencée se présenta différemment après avoir été et laissée sur la paillasse. Le hasard ne fait bien les choses que si l’homme sait exploiter ce qui sort de la routine. Mais pour ce faire il est indispensable de voir ce qui rompt avec l’usage mais aussi et surtout (?) comprendre que cette solution de continuité doit être explorer. La rupture épistémologique en à ce prix. Si la flexibilité du raisonnement est une condition sine qua non, il n’en reste pas moins vrai qu’elle demande un milieu favorable pour pouvoir s’y développer, d’où l’idée que la liberté est indispensable pour que toutes les explorations appartiennent à tous les possibles. Ainsi la rigueur ne doit pas être synonyme de rigidité, pas plus que la technicité synonyme de solitude.
Ancien adage et actualité !
samedi, février 14th, 2026Qui ne s’est pas entendu dire « Mens sana in corpore sano » par un collègue/ami bien intentionné et néanmoins perfide ? Le sous entendu étant évidemment lourd de sens parmi les quels, l’esprit est sain si le corps l’est également. Aujourd’hui celui à qui s’adressait le malicieux est non seulement parfaitement au courant mais encore acquiesce d’autant plus vigoureusement qu’il en connaît l’explication (Exercise rewires the brain for endurance). En effet si les athlètes savent depuis longtemps qu’il leur est indispensable de s’entrainer pour améliorer leurs performances, on sait aujourd’hui que l’exercice physique « pourrait aussi stimuler les neurones« , c’est ce qui a été constaté chez les souris, elles qui travaillent comme on le sait pour le bien de l’humanité ! L’examen des neurones producteurs de la protéine SF1 impliquée dans la physiologie de l’endurance, non seulement montre qu’ils sont plus facilement excitables mais encore qu’ils augmentent le nombre de leurs synapses, ce qui correspond à une augmentation de leurs sites de connexion. Cette étude histo-physiologique a été confirmée par une autre approche dite opto-génétique, reposant sur l’illumination cérébrale. Si l’on ajoute l’influence bénéfique du sommeil sur le cerveau, dont fait partie son nettoyage par des cellules destinées à cet effet (These hungry immune cells tidy sleeping flies’ brains, https://rdcu.be/e3Y6t et https://www.livescience.com/health/sleep/does-the-brain-flush-out-toxins-while-you-sleep) personne ne pourra plus dire « Ça sert à quoi ? »
LUCA
lundi, février 9th, 2026Ce n’est pas un prénom mal orthographié, c’est l’Ancêtre avec un grand A ! Celui sur leque les scientifiques fantasment, « le dernier ancêtre commun à toutes les espèces vivant actuellement sur terre« , il y a « environ » plus de quatre milliards d’années. A une telle échelle de temps, les preuves appartiennent au domaine de l’hypothétique ! Il ne s’agit pas de l’alpha de la vie sur terre, mais du dernier organisme, déjà complexe, à l’origine des domaines, deux ou trois, postulés de l’arbre phylogénétique. Mais La grande question reste le processus d’apparition de la vie, soit le passage du non vivant au vivant ce qui impose une définition, celle du vivant dont l’expression la plus simple pourrait être l’apparition de la reproduction. Mais dans ce processus, si la replication est indispensable elle ne peut être unique puisqu’elle doit s’accompagner de phénomènes de catalyse de telle sorte que l’ADN, pour la replication, ne peut en aucun cas être seul en cause. La grande découverte concerne l’ARN dont les chercheurs ont mis en évidence sa capacité de catalyse. Si l’accord s’est fait sur la préséance de l’ARN sur l’ADN, il n’en reste pas moins vrai que l’émergence de l’ARN appartient toujours au domaine de l’inconnu. (How RNA reveals clues to life’s origins on Earth). Comme aucun artefact n’est imaginable, les hypothèses sont de rigueur. Reste peut-être une « dernière voie » à explorer, néanmoins aussi escarpée que les précédentes, à savoir la recherche de traces primitives extra terrestres qui trouveraient leur place dans la chaîne évènementielle présupposée.
cc
Introspection
mardi, février 3rd, 2026Tout regard sur soi-même est une plongée dans UN intime en quête de ses motivations, mais en réalité une démarche peu sûre car celui qui s’y adonne en connaît mal les cheminements profonds et tout aussi mal le résultat de la dite démarche. Néanmoins, il est presque certain que seul l’homme en est capable, dans la mesure où peu nombreux sont les animaux qui se reconnaissent comme entité pensante. En fait la première question concerne le besoin qu’aurait l’IA d’avoir et d’accéder à SA conscience or la réponse concerne l’utilisateur de la dite IA et non pas l’IA en propre. C’est au vu et au su d’erreurs qui lui seraient imputables et dont pâtirait l’utilisateur que cette dernière aurait besoin de réfléchir sur elle-même. (Giving AI the ability to monitor its own thought process could help it think like humans) ? Mais pour y arriver il semble bien qu’il n’existe que des méthodes humaines pour y parvenir et dans ces conditions il ne reste plus qu’à insuffler à la machine les réseaux neuronaux pour y accéder. La machine n’y est pour rien, l’homme est toujours son souffle de vie même si la multiplication des réseaux lui permet d’apprendre et de donner des réponses dans un temps qui se rapproche de l’immédiateté et de la vérité si cette dernière est considérée comme en adéquation avec la réalité ! Un deuxième article (AI has already won the ‘imitation game’) vient compléter le précédent dans la mesure où il permet de verser au dossier des arguments à partir du test de Turing (1950). Ne reste plus qu’à définir l’intelligence humaine, ce qui constitue déjà un vaste projet, pour affirmer ou nier l’existence d’une réelle « intelligence » artificielle telle que définie par Turing. L’homme a peut-être dévoilé (Heidegger), un nouveau type d’intelligence tel que « Notre rôle dans le monde et notre compréhension de l’esprit en seront transformés« .




