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Bientôt prêt ?

vendredi, septembre 22nd, 2017

Si l’on excepte le sens commun de Kant proche du bon sens de Descartes ayant valeur universelle,  le système perceptif humain se caractérise par cinq sens : audition, gustation, olfaction, vision, tact. Pour appréhender n’importe quel objet dans son environnement, un seul d’entre eux pourrait sembler suffisant. Mais il s’agit là d’une croyance erronée, car les quatre autres sans être requis sont néanmoins présents. Ainsi dans un premier temps, l’observateur applique à la reconnaissance de l’objet offert, l’un d’entre eux plus particulièrement. Si la vision semble dans un premier temps la première sensation pour la majorité, il n’en reste pas moins vrai qu’il existe un autre système perceptif qui fait appel à plus que le seul sens concerné  dans la mesure où viennent s’ajouter les acquisitions par les autres sens lors d’une expérience antérieure. Or donc, si I. Asimov n’a pas exactement décrit les système perceptif de ses robots, leurs différents gestes et actions laissent à supposer qu’ils sont bel et bien pourvus des cinq sens humains. A la lecture de l’article Stretchy Artificial ‘Skin’ Could Give Robots a Sense of Touch (https://www.livescience.com/60386-robots-artificial-skin-stretchy-semiconductor.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170913-ls), une fois encore la réalité vient de confirmer la fiction puisque l’on peut doter ces objets d’une peau électronique. Bien que parfaitement artificielle, cette enveloppe externe va être capable d’acquérir et de transmettre une information qui sera interprétée pour être secondairement reconnue. S’il existait déjà des systèmes doués d’une certaine reconnaissance tactile, il semble que celui mis au point par Yu et son équipe (Rubbery electronics and sensors from intrinsically stretchable elastomeric composites of semiconductors and conductors, http://advances.sciencemag.org/content/3/9/e1701114.full) conjugue à la fois, efficacité et  petit prix, d’où un double attrait. Il faudra bientôt faire très attention en serrant la main d’un robot !

La girafe et le melon

samedi, septembre 16th, 2017

Jacques Henri Bernardin de Saint Pierre fut plus que l’auteur de Paul et Virginie, il professa également une théorie qualifiée de « finalisme anthropocentrique à l’œuvre dans la nature ». C’est dans cette optique que l’on peut interpréter cette citation de l’auteur selon laquelle  « Le melon a été divisé en tranches par la nature, afin d’être mangé en famille; la citrouille, étant plus grosse, peut être mangée avec les voisins« . D’où cette question encore incomplètement résolue, ce qui la rend particulièrement intrigante, et concerne la longueur du cou de la girafe ! L’ancêtre « présumé » de l’animal, le Samothérium  aurait possédé un cou intermédiaire et serait lui même le descendant  du Canthumerix également à l’origine de l’okapi (https://www.sciencesetavenir.fr/animaux/grands-mammiferes/comment-le-cou-de-la-girafe-est-il-devenu-si-long_103383). Mais si seule la girafe peut se targuer d’un cou d’une longueur exceptionnelle, chacun sait que le dit cou compte le même nombre de vertèbres cervicales que la plus part des mammifères (https://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/paleontologie/un-cou-intermediaire-pour-un-ancetre-de-la-girafe_101109).  La biologie a mis en évidence une combinaison génétique qui pourrait être impliquée dans ce phénomène de croissance exceptionnelle ce qui étaierait la théorie Darwinienne, mais ne répond pas réellement à la question princeps : pourquoi ? Lamarck, lui, attribuait l’allongement « à la volonté » des girafes de se nourrir dans les zones les plus riches en feuilles d’où le besoin d’atteindre les régions des arbres les plus hautes. Si l’explication peut faire sourire (cf Bernardin de Saint Pierre), la nouvelle théorie s’inscrit parfaitement dans les pas de la précédente (Giraffes could have evolved long necks to keep cool, http://www.nature.com/news/giraffes-could-have-evolved-long-necks-to-keep-cool-1.22595?WT.ec_id=NATURE-20170914&spMailingID=54915994&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1245553376&spReportId=MTI0NTU1MzM3NgS2). D’où l’on peut en déduire cette constance dans le raisonnement humain :  la recherche perpétuelle de ce qui est bon pour l’espèce !

Art/Science et questionnement

dimanche, septembre 10th, 2017

Existe-t-il un continuum entre Art et Science? Et s’il en existe un, pourquoi ne passerait-il pas par le biais du questionnement ? Il est tentant d’aborder le sujet et l’article,  Artists Create Puzzles, Scientists Solve Them (http://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(17)30947-9) pourrait servir de prétexte. Loin d’être exhaustif, mais ce n’est pas le but l’auteur qui a fait le choix de quelques exemples, le texte comporte deux parties qui pourraient sembler parfaitement distinctes. En réalité il s’agit là d’un artifice comparable à ceux que peut utiliser un artiste au regard de sa création. Car le but est bien de montrer qu’il existe entre l’artiste et le scientifique un point de convergence, celui d’une même démarche : le questionnement et sa solution. Eὕρηκα, c’est la réponse émerveillée d’Archimède quand il comprend, c’est la réponse de chacun devant la solution du problème, expression d’un questionnement antérieur. On peut regarder un tableau sans le voir, mais lorsqu’on le voit, alors combien de tableaux peut-on démêler ? Ainsi en est-il de la science médicale qui cache sous diverses expressions des responsables que l’on débusque au fil du temps. Depuis sa découverte, la protéine mTOR a ainsi largement dépasser le domaine de l’oncologie pour jouer également un rôle dans l’homéostasie cellulaire,  le diabète de type 2, l’obésité, la neurodégénérescence. Le papillomavirus des « crêtes de coq », description princeps d’Hippocrate, a attendu plus de deux mille ans  pour qu’Harald zur Hausen en fasse le responsable dans une de ses expressions. Chaque cas est une énigme qui se révèle un puzzle dont les pièces s’intriquent les unes dans les autres. On ne voit jamais rien en un seul coup d’œil, mais il n’y a pas plus grand plaisir que de découvrir progressivement un ensemble jusque là insoupçonné ! Eὕρηκα !

 

Avenir sans qui rien ne serait !

lundi, septembre 4th, 2017

C’est parce que l’homme a connaissance de sa finitude contrairement (probablement) à toutes les espèces vivantes, que son avenir est objet de toute son attention. Ainsi recherche t-il pour les interpréter (depuis ?) toute manifestation devenant signe d’un possible éclaircissement de ce futur tout autant attendu que redouté. L’invisible a toujours existé mais les progrès techniques le rendent progressivement visibles. Pourtant il reste encore (heureusement ?) des pans entiers d’ignorance dont l’imagination s’empare comme elle l’a toujours fait exprimant espoirs et craintes comme elle l’a toujours fait. Fukuyama avait déjà exprimé, dans son ouvrage « La fin de l’homme »,  ses inquiétudes face aux progrès techniques et en particulier ceux touchant à la biotechnologie, aujourd’hui c’est Yuval Noah Harari qui rivalise d’inventivité avec son « Homo deus ». Il y est question d’une troisième phase de l’humanité qui verrait l’homme devenir l’égal des dieux antiques. A ce stade, ce pourrait être l’occasion de relire Nietzche mais c’est aussi l’occasion de se pencher comme Jean-Gabriel Ganascia sur une interprétation dévoyée des progrès de la technique conduisant à des conclusions qui ne laissent aucune place à la discussion. Des progrès techniques, il en existe dans tous les domaines et ceux dont parlent l’article Organs on Chips (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/50097/title/Organs-on-Chips/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=55795264&_hsenc=p2ANqtz–_6Fn2yJoDOfCGQsrc4VB8aAbP_-9ap2Zo6OzThbImMqy8VzI3Bcb3iWW4mOpGSo0EVqR_0SyMvw47LCr8z6mJqBC-FQ&_hsmi=55795264) font partie d’un avenir que l’on ne peut qu’espérer. Comment ne pas souhaiter la disparition de la souffrance animale induite par des expérimentations indispensables, qui refuserait une thérapeutique ciblée et de ce fait pleinement adaptée. Il ne s’agit plus d’élucubrations d’auteurs de science fiction, bienvenue dans le réel.

Maitre Yoda

lundi, août 28th, 2017

Définir les canons de la beauté appliqués au corps relève de l’impossible voire de l’absurde. C’est la raison pour laquelle, au fil des siècles, les représentations différent et ne font que rarement l’unanimité à l’exception peut-être des  sculptures grecques dont témoignent des copies à l’infini. Lorsque les corps sont équilibrés, la nudité devient naturelle et c’est cet équilibre même qui s’inscrit dans celui du cosmos dont l’harmonie est objet de quête. Aujourd’hui il se pourrait que le corps soit différemment perçu, ce dont témoigne la publicité qui en a fait un objet, une chose puisque son appartenance est revendiquée haut et clair par l’individu. Il s’est ainsi créé un schisme entre propriétaire/individu et propriété/corps, rappelant pour l’exposer le sujet et son objet. L’apogée est atteinte avec un corps devenu art plastic dédié au féminisme selon ORLAN. Sans aller aussi loin, il existe bel et bien une demande pour une musculation réussie et ce d’autant plus que les exercices pour y parvenir sont également réputés pour leur implication dans une vie meilleure. Heureusement il va devenir possible de passer d’un certain charlatanisme, à tout le moins amateurisme de type électrostimulation, à une solution scientifique, rendant toute discussion inutile (Exercise in a Pill? Scientists Move One Step Closer, https://www.livescience.com/60218-exercise-blood-flow-compound.html). Même si l’étude ne porte encore que sur la souris, elle ouvre d’intéressantes perspectives chez l’homme d’autant que l’une des deux protéines incriminée,  la protéine Piezo1 (http://www.agence-nationale-recherche.fr/?Projet=ANR-11-BSV1-0002), a bien été retrouvée chez l’homme. Et pour confirmer que les scientifiques ne manquent ni d’humour ni de culture, il n’est pas inutile de rappeler que c’est Yoda 1 qui activerait Piezo 1 (Chemical activation of the mechanotransduction channel Piezo1!https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4456433/)

Le Ciel et l’Homme

samedi, août 19th, 2017

Prévue pour le 21 Aout 2017 (Total Solar Eclipse 2017: Everything You Need to Know, https://www.livescience.com/60159-total-solar-eclipse-2017-guide.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170818-ls) la toute prochaine éclipse solaire fait parler d’elle comme l’ont fait ses prédécessrices (prédécesseure/prédécesseresse/prédécesseur). C’était bien avant que le ciel ne lui tombe sur la tête, quand l’homme avait fait des cieux un monde qu’il avait peuplé d’êtres à la fois semblables et supérieurs, mais surtout partie prenante de sa vie. Ainsi certaines manifestations naturelles, parce qu’ incompréhensibles, prenaient-elles toute (et plus encore) leur importance (Afraid of the Dark? Why Eclipses Frightened Ancient Civilizations, https://www.livescience.com/60139-why-eclipses-frightened-ancient-civilizations.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170816-ls, Eclipses Were Regarded As Omens in the Ancient World, https://www.livescience.com/60084-eclipses-were-omens-in-ancient-world.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170809-ls). Incompréhensibles, certes, mais de ce fait même, riches d’interprétations signifiantes dont certaines ont franchi le temps et que l’on se répète en souriant (?) (Myths Aside, Eclipses Don’t Endanger Pregnancies, https://www.livescience.com/60102-myths-aside-eclipses-don-t-endanger-pregnancies.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170811-ls).  Certains pour conjurer la peur de l’inattendu ont cherché à bannir cette option en prévoyant l’évènement sans néanmoins  lui ôter  toute signification (Ancient Greeks Built an Eclipse-Predicting ‘Computer’ 2,000 Years Ago, https://www.livescience.com/60144-antikythera-computer-predicted-eclipses.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170816-ls).Aujourd’hui on est suffisamment instruit (Total Solar Eclipse 2017: Everything You Need to Know, https://www.livescience.com/60159-total-solar-eclipse-2017-guide.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170818-ls) pour pouvoir regarder sans appréhension (mais en se protégeant néanmoins, Man Who Suffered Eye Damage from Solar Eclipse Has This Warning, https://www.livescience.com/60173-solar-eclipse-eye-damage-warning.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170818-ls) un tel phénomène. Pour ne pas s’interdire « un autre bout de la lorgnette » pourquoi ne pas mentionner, pour finir, l’Almanach du Bonhomme Richard dont Benjamin Franklin commenca la publication en décembre 1732  et qui traite avec humour de l’astrologie, des astrologues et de prévisions (How Benjamin Franklin Spread Science on ‘Supernatural’ Solar Eclipses, https://www.livescience.com/60125-benjamin-franklin-science-on-supernatural-solar-eclipses.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170814-ls) !

Éléments de langage

jeudi, août 10th, 2017

Existe-t-il des similitudes entre la novlangue d’Orwell et ce qu’ l’on aurait envie de qualifier d’inflation sémantique en honneur dans certains domaines ? La première est parlée dans le monde fictif du roman 1984, la seconde serait devenu un jargon dont « on colporte » qu’il serait particulièrement pratiqué au sein de l’Education Nationale ….  Une troisième expression  » éléments de langage » ayant fait plus récemment son apparition, il n’est pas inutile de revenir sur chacune d’entre elles. La première est une langue simplifiée qui doit conduire celui/ceux qui l’écoutent et l’entendent à abandonner toute réflexion dans un but de soumission aveugle à leurs dirigeants. La seconde par un processus inverse, l’abondance des mots, rend le discours inintelligible, qu’est-ce qu’un  outil scripteur ! Quant aux éléments de langage, ils mettent en place des mots ou des expressions rigoureusement choisis dans le but d’une communication calibrée identique quelque soit l’intervenant. L’oral plus encore que le verbal du fait de l’instantanéité du premier sont sujets à de multiples interprétations qui tiennent à la fois du mot choisi, de celui qui le prononce, de celui qui l’entend et de l’environnement dans lequel il se situe. A cette complexité naturelle viennent s’ajouter des intentions perverses qui font du mot un outil de soumission que l’homme n’a pas fini d’explorer pour l’utiliser à son profit. C’est tout l’intérêt de l’article USDA Emails: Don’t Use “Climate Change” (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/50041/title/USDA-Emails–Don-t-Use–Climate-Change-/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=55065135&_hsenc=p2ANqtz-8mZi8Q_61mGIf0DqvPn4D9hJi68gt4pvK5fRRkEJVRXhRwu9gJuarUJFUDU5AhPhnYKtpCeCCX_mzPMgCovhtWPTJzZg&_hsmi=55065135) !

Avant/Après

mercredi, août 2nd, 2017

Une frise chronologique ou historique, dite encore ligne du temps, utilise en représentation linéaire une suite d’évènements historiques singuliers. En 1582, le calendrier grégorien voit le jour et la datation se base sur la naissance de Jésus Christ comme an premier, d’où la période dite avant JC et celle dite après JC, et la mise en place d’un avant et d’un après. Aujourd’hui on parle d’un autre avant et après, avec la prise en compte d’un évènement que les moins de vingt ans ne peuvent retenir comme tel puisqu’ils sont nés avec lui. Il s’agit du monde de l’informatique qui du stade de (presque) confidentiel en est venu à contrôler les procédés de communication. Il y a donc au XXI° siècle coexistence avec cohabitation de deux populations : ceux qui sont nés avant et ceux qui sont nés après. Un regard rapide aurait tendance à établir une franche distinction entre les deux, les seconds considérant les premiers comme des infirmes. En fait il n’en  serait rien (The digital native is a myth, http://www.nature.com/news/the-digital-native-is-a-myth-1.22363?WT.ec_id=NATURE-20170727&spMailingID=54575327&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1204202138&spReportId=MTIwNDIwMjEzOAS2). Ce qui est en cause est de première importance puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de politique d’éducation. On assiste régulièrement à des ajustements, adaptations/modifications des méthodes d’enseignement en imaginant que des approches multiples auront plus de chances de correspondre à l’époque dans laquelle vit celui que l’on enseigne sans réellement tenir compte de celui qui enseigne ! Le résultat de l’étude de P. A. Kirschner and P. D. Bruyckere  (Teach. Teach. Educ. 67, 135–142; 2017) tendrait à remettre les pendules à l’heure. L’étudiant né après 1980 ne diffère pas de celui né avant lui dans la demande, l’utilisation et l’aptitude aux multitâches simultanées que ses ancêtres en informatique ! Certaines options éducatives devraient être révisées de toute urgence et à cet effet, on pourrait également lire une étude un peu plus ancienne des Dr Christopher Jones et Ms Binhui Shao sur le sujet, parue en 2011, The Net Generation and Digital Natives, Implications for Higher Education au moins pour s’informer !

Il y aurait prédation et prédation !

jeudi, juillet 27th, 2017

Pourquoi la peur serait-elle mauvaise conseillère ? Il pourrait, aujourd’hui, y avoir  une réponse apportée par l’article  How fear alone can cause animal extinction (https://www.sciencedaily.com/releases/2017/07/170725122224.htm). La disparition des espèces est un sujet à l’ordre du jour, tout particulièrement en raison de l’implication dans ce processus, de celui qui est qualifié de prédateur suprême, à savoir l’homme. Certains d’entre eux, peut-être de façon un peu excessive, n’hésitant pas à promouvoir la chasse à l’homme pour redonner à la nature la place qui lui revient de droit. Quoiqu’il en soit, avant d’en arriver à cette extrémité, l’étude de l’impact de l’odeur de la mante religieuse sur la drosophila melanogaster, dont on sait par ailleurs que la première est un des prédateurs le plus craint de la seconde, est parlante. En effet on assiste rapidement à la disparition de la population des mouches qui « du fait de leur vigilance ne se nourrissent plus » d’où une chute de la reproduction. Mais c’est aussi ce que l’on  nomme l’effet Allee, du nom du zoologiste américain qui décrivit le premier (1931) ce phénomène. On ne sourira pas du cheminement intellectuel suivit par les auteurs, l’effet Allee dont il est question, est on ne peut plus intéressant. Il s’agit en effet d’une rupture avec les modèles de croissance de populations que l’on utilisait jusqu’à cette date, le modèle malthusien (croissance exponentielle) et son opposé,  le modèle de Verhulst (croissance logistique). L’effet Allee se distingue en effet du second par le fait que lorsque les populations sont de petites tailles, elles ont tendance à décroître ce qui constitue un concept opposé à celui de Verhulst. Ainsi les auteurs démontrent-ils l’existence d’un effet prédateur non pas direct, la mante se nourrissant de la mouche, mais indirect, à partir de la peur induite par son odeur. Ne pas sous estimer ce modus operandi, où le prédateur n’a même plus besoin de s’emparer de sa proie !

C’est essentiel

dimanche, juillet 23rd, 2017

Mais sait-on pourquoi et est-il indispensable de savoir pourquoi c’est essentiel ? Quoiqu’il en soit, cet espace de temps que l’on qualifie également de « petite mort » intrigue depuis l’antiquité, comme en témoigne, le dieu Hypnos, frère jumeau de Thanatos et père de Morphée. Comme quoi une famille sacrée peut aussi être une sacrée famille ! Ce que l’on sait de façon certaine, c’est que tout être vivant présente des périodes de sommeil, et que sa privation entraine des désordres physiologiques aussi bien que neurologiques. L’électroencéphalogramme durant le sommeil a permis de distinguer différents stades dont le sommeil dit paradoxal mis en rapport avec la période des rêves. Le chat a du reste été l’animal de choix des premières études expérimentales sur le sujet (Le sommeil paradoxal, https://www.sitemed.fr/reves/3paradox.htm). Ce qui est troublant c’est l’impossibilité encore actuelle de définir exactement ce qu’est le sommeil (Why Do We Sleep? https://www.livescience.com/32469-why-do-we-sleep.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170720-ls). Ainsi le sommeil est-il à l’origine d’un grand nombre de théories encore invérifiables parmi lesquelles une peut-être plus prometteuse, à savoir un mode particulier de fonctionnement dont la mise en réseau des neurones. Plus fascinant encore ce toujours futur des cellules gliales qui parties de très bas dans la hiérarchie cellulaire ne cessent de grimper les échelons de la célébrité !