Posts Tagged ‘écologie’

Dépasser la finitude !

jeudi, décembre 22nd, 2016

k13201-2D’un côté les champs exceptionnels proposés par les avancées de la technique, de l’autre les espèces animales dont l’extinction serait (est) programmée ! Serait-ce un dilemme qui interroge ou l’expression d’un choix déjà dépassé ? Comment faut-il entendre ce titre : 3-D Models Capture Endangered Species Before They Go Extinct (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/47708/title/3-D-Models-Capture-Endangered-Species-Before-They-Go-Extinct/) ? The Digital life program semble bien être la cheville ouvrière de ce débat (Digital Life project aims to create 3D models of all living animals, http://www.treehugger.com/gadgets/digital-life-project-aims-create-3d-models-all-living-organisms.html).  La démarche consiste premièrement à recenser par l’image et le commentaire l’intégralité des espèces animales existantes étant sous entendu que leur disparition de fait ne signera pas leur disparition imago. Quoi de plus noble que ce projet si ce n’est qu’il s’inscrit dans l’idée d’une disparition programmée qui donc en devient  inéluctable. On ne peut, à première vue, que se louer de cette bibliothèque qui va colliger, décrire, répertorier, classer toutes les espèces animales actuellement vivantes et ce d’autant plus qu’il est on ne peut plus probable que de nouvelles espèces vont été découvertes avec comme corollaire l’amélioration de la classification phylogénétique par rapport à la classification taxinomique. Enfin que ce labeur serve la science comme la connaissance est tout à son honneur et on ne peut que se féliciter de cette finalité. Malheureusement toutes les brillantes qualités de cette entreprise ne peuvent ni ne doivent cacher qu’elle repose sur la conscience d’extinctions que l’on anticipe sans y porter un remède efficace !  Telles les visites de sites millénaires disparus il sera donc possible de tourner autour d’un gecko comme le montre l’illustration de l’article. La dissection virtuelle n’est pas encore au programme comme pourrait le laisser penser certaines scènes de séries américaines mais tout espoir n’est pas perdu ! Enfin il reste la possibilité de préférer le modèle à son image en mettant au point le clonage à la demande pour ceux qui vont disparaître. Le choix des possibles est infini, mais pas le devenir du vivant !

L’interdisciplinarité pour les nuls …..

lundi, juillet 4th, 2016

interdisciplinarite_r_11_3_15Pour commencer, un petit test, sans malice (How interdisciplinary are you?http://www.nature.com/news/how-interdisciplinary-are-you-1.18362) qui permet, à tout le moins, de se positionner avant d’aborder un rivage plus scientifique (Interdisciplinary Research Attracts Less Funding, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46442/title/Interdisciplinary-Research-Attracts-Less-Funding/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=31182165&_hsenc=p2ANqtz-8zpE5tuUKjtuxeFp9xpvxgmNW7Jeq1pvaGRFlrAV0Er39ijw3t0UixcxyulesF-3zVeQeZcs_sKm6x2r0WYgUkbEx-Fw&_hsmi=31182165) dans l’océan de bonnes intentions qu’est cette interdisciplinarité dont chacun parle aujourd’hui. Sait-on exactement de quoi il s’agit ? Schématiquement  l’interdisciplinarité doit se comprendre comme une coopération féconde ce qui exclut volontairement tout particularisme pour éviter l’interdisciplinarité spécifiquement scolaire, médicale, scientifique etc… Mais ce qui semble antinomique, si l’on se réfère aux bonnes intentions affichées, c’est justement ce que dénonce l’article sus cité : le peu d’attirance pour un financement  adapté à ce type d’approche.  Ce qui étonne c’est que l’étude repose sur une méthodologie inscrite dans une démarche taxinomique : classification dans un système hiérarchisé dichotomique pourtant bien adaptée à la biologie. Mais deux restrictions viennent entacher les résultats : pour mettre en évidence l’existence ou l’absence d’une liaison qui peut exister entre leurs variables, les auteurs ont attribué des codes dont les choix restent peu accessibles aux lecteurs, et (peut-être pire) les décideurs seraient peu à même de juger du caractère d’interdisciplinarité. Donc la question reste entière. Si dans un domaine particulièrement représentatif d’interdisciplinarité, à savoir l’écologie, la démonstration n’est pas évidente qu’en sera-t-il dans les autres champs ?

Heureux comme un écologiste ?

dimanche, février 7th, 2016

ville-rose-rougeEtre écologiste est un exaltant combat de tous les jours, mais mal entendu parce que mal écouté, d’où peu cru, raillé peut-être même, leur vie pourrait n’être que difficile. Elle n’en est pas moins riche et le sera encore plus lorsqu’ils auront tous pris connaissance d’un article récent (Holding Their Ground, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/45148/title/Holding-Their-Ground/) qui ne peut que les questionner dans leur lutte. On peut aussi leur rappeller dans le même temps deux noms illustres auxquels il n’est peut-être jamais référence  (Fighting Back, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/45096/title/Fighting-Back/) : le premier, qui avait su faire ses « choux gras »  des petits pois, tandis que le second,  peu cité à propos du monde végétal, ne l’avait pourtant pas ignoré : Gregor Mendel et Charles Darwin. Mais  ce simple rappel est loin d’être le point important, c’est la suite qui est réellement instructive en abordant un nouveau sujet indispensable à partager avec la grande et active mouvance écologiste : celui de l’immunité au sein du monde végétal. Car la nature n’a pas attendu l’homme pour s’auto-entretenir et au demeurant comme ce dernier, n’a pas attendu pour mettre en place son système de défense. Qui plus est, il convient de ne pas oublier que ce système lui est plus qu’à d’autres parfaitement indispensable car il est bien connu que ce n’est pas une extrême mobilité qui caractérise le végétal et que par ailleurs il ne possède pas de système immunitaire cellulaire mobile. Les études menées révèlent d’étranges similitudes avec le vivant animal, entre autres  une véritable horloge dont il pourrait être utile de tenir compte, un microbiome dont on ne connaît pas encore le mode d’action cellulaire, et aussi une méconnaissance parfaite de la réponse adaptative du pathogène devant une nouvelle ligne de défense. Mais là où le bât va blesser, c’est quand les études récentes auront tendance à inviter le scientifique à pratiquer une augmentation du nombre des gènes de résistance par plante tandis que l’écologiste risquera de vouloir s’en tenir à ce que dame nature a mis en place. Comme l’un et l’autre ne visent pas le même but, il y aura nécessairement un gagnant et un perdant tant en  terme d’individu qu’en terme de bénéfice pour l’humanité dans l’optique (bien évidemment) où l’on transgresserait le principe de précaution  !

Un grimoire si non rien !

lundi, avril 6th, 2015

klimt-hygieDans la médecine occidentale, si la connaissance du médecin tire ses origines du divin, elle va s’en affranchir progressivement en  interprétant le sensible aux dépens du mysticisme et des superstitions. Dans le même temps, la prévision deviendra diagnostic et des règles fixant devoir , risques, peines et honoraires  se devront d’être fixées dans la pierre, code d’Ammunabi  (1800 ans avant JC), ou sur un support moins solide comme le Papyrus d’Ebers (1600 avant JC). Les principes de la phytothérapie sont anciens, Hippocrate (ca 450 ans avant JC) professe que la nature possède un pouvoir guérisseur et l’on est donc peu interventionniste, il ne s’agit que d’aider un processus naturel. Le Bald’s Leechbook est un livre de médecine en vieil anglais datant d’environ mille ans, dont le seul manuscrit existant est conservé à la British Library de Londres  (référence Royal 12, D xvii.). C’est lui qui vient d’être soumis à expertise aujourd’hui (Anglo-Saxon remedy kills hospital superbug MRSA, http://www.newscientist.com/article/dn27263?cmpid=NLC|NSNS|2015-0402-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS#.VSJEt12JhYc). Et que croyez-vous qu’il advint ? La recette, encore que relativement difficile à reproduire exactement, se révéla néanmoins parfaitement efficace dans le traitement d’une affection oculaire fréquente, l’orgelet. En fait il s’avère que cette mixture est parfaitement efficace contre les germes de type Staphylococcus aureus résistants à la  méticilline (SARM). Même s’il est vrai que ce germe est en cause dans un nombre croissant de septicémies hospitalières au Royaume Uni, on se pose la question de savoir pourquoi avoir cherché dans un vieux grimoire la réponse à une résistance bactérienne aux antibiotiques actuels ? Il est vrai également qu’il ne s’agit pas de la première et unique utilisation d’une ancienne prescription à avoir fait ses preuves. On aimerait connaître le cheminement allant de la question à la solution. Se peut-il que le hasard seul soit à la fois responsable du choix de l’affection et responsable du choix du livre ? La réponse à cette nouvelle question serait tout aussi intéressante pour l’avenir.

 

 

Il n’y a pas que les gaz à effet de serre

lundi, juillet 1st, 2013

On peut considérer aujourd’hui les routes comme un facteur non négligeable du devenir de certaines espèces. Depuis plusieurs années déjà, on sait que les migrations de l’Erinaceus europaeus (hérisson commun) aussi bien que celles de la Rana esculenta (grenouille commune) sont sources  de coupes sévères au sein de ces deux espèces lorsque les uns ou les autres empruntent, pour les traverser, les voies rapides qu’empruntent également les hommes et leurs véhicules . On sait moins, peut-être, que les conséquences sont tout aussi graves pour les hirondelles en particulier, mais que celles-ci ont été en mesure de répondre à cette agression en raccourcissant la longueur de leurs ailes (Evolution Takes a Road Trip, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/35671/title/Evolution-Takes-a-Road-Trip/) ! L’interprétation de cette modification n’est probablement pas univoque, et la route pourrait ne pas être seule en cause. C’est pourquoi il faudrait plutôt parler de la route et de ses à côtés. Mais quoi qu’il en soit, il semble bien que des phénomènes d’évolution adaptatifs soient en mesure de se produire selon des modèles plus rapides que ceux proposés antérieurement et que, de ce fait,  le « Struggle for life » reste un puissant moteur !

De l’importance de l’infiniment petit

mardi, juin 19th, 2012

A l’heure où l’on se doit de tenir particulièrement compte de la planète terre, sachons qu’il existe une infinité de causes à considérer et que certaines d’entre elles ne sautent pas aux yeux de prime abord. Ainsi en est-il des états d’âme de la sauterelle (The Ecology of Fear | http://the-scientist.com/2012/06/15/the-e à considérer et cology-of-fear/) ! Les insectes orthoptères, auxquels appartiennent les sauterelles, seraient apparus au dévonien inférieur soit environ il y a 400 millions d’années. Les Aranéides seraient apparues au carbonifère, soit environ il y a 350 millions d’années. Comme les araignées sont des prédateurs naturels des insectes, les sauterelles n’auraient connu que 50 millions d’années de quiétude ! Par ailleurs depuis 350 millions d’années, les déchets de sauterelles mortes en état de stress entraineraient une diminution de 200% de la quantité de matière végétale décomposée. Il est impératif  d’ajouter au plus vite ce paramètre à tous ceux déjà pris en compte dans les atteintes aux bio-systèmes, sauf que dans ce cas il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement mais bien du fonctionnement naturel d’un éco-système vieux de plusieurs millions d’années !

Une autre loi de la robotique ?

samedi, juin 9th, 2012

Ray Bradburrey n’a pas encore atteint sa planète Mars que déjà on projette de remettre à jour une espèce d’un insecte géant disparu depuis 100 ans (Finding Phasmids | http://the-scientist.com/2012/06/01/finding-phasmids/), dans  les Nouvelles Galles du Sud. Il s’agit d’un programme écologique  qui comporte deux étapes : premièrement éradiquer les rats à l’origine de la disparition de ce fameux phasmide, deuxièmement réaliser sa réintroduction. Même s’il ne s’agit pas, comme dans Jurassic Park, de réaliser un parc où l’attraction consiste en dinosaures clonés, on croit reconnaître l’air d’une certaine chanson.  Pour plaire aux besoins d’une écologie toute puissante, il convient d’éradiquer une espèce pour en réintroduire une autre, mais comme le spécifie bien l’article, il s’agira d’une réintroduction contrôlée. Que va-t-il se passer ? Quel nouvel équilibre va-t-on mettre en place ? De nombreuses espèces ont déjà disparu depuis le commencement du monde, et un grand nombre d’entre elles ne sont pas à mettre au crédit du prédateur humain. Par contre ce qui, dans ce cas, sera à mettre sur le compte du programme humain, c’est le contrôle qui sera exercé sur la dite espèce, rien que de moins naturel, rien que de moins respecteux de la nature telle qu’en elle même elle se vit. Que Ray Bradurry demande à Isaac Asimov de nous délivrer une nouvelle loi de la robotique de toute urgence !