Posts Tagged ‘évolution’

Appel à témoignage

mardi, juin 11th, 2019

Qu’est-ce que la “trypophobie” ? Tout réponse indiquant qu’il s’agit d’une phobie ne serait pas la bonne puisque le trouble que le terme recouvre n’est pas répertorié comme tel dans la Classification internationale actuelle des maladies. Pourtant il s’agit bien de l’expression d’une peur irraisonnée : Phobos étant celui qui inspire une peur panique quoique peu irrationnelle à l’époque puisqu’il accompagne son père Arès, dieu de la guerre. Donc, dans le cas présent il ne s’agit ni plus ni moins que de la peur
qu’une simple photographie peut déclencher lorsqu’elle montre des trous (Why This Image of a Woodpecker Is Creeping People Out,
https://www.livescience.com/65667-woodpecker-image-trypophobia.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190608-ls ). La particularité consiste en ce que celui qui en souffre n’a pas peur des trous mais de leur image ! Mise en jeu du Système nerveux sympathique ou parasympathique, là n’est pas réellement l’affaire quand on ne connaît pas encore à quoi renvoie l’image du trou ! Peur ou dégoût ne sont probablement pas les responables, aussi évoque-t-on le rôle de l’histoire évolutive de l’espèce. Si l’apprentissage est action, le terrain sous jacent pourrait être miné par des siècles d’humanisation que chacun en tant qu’individu ne peut maîtriser !

L’immuabilité n’est pas de ce monde !

samedi, novembre 17th, 2018

Il n’est pas impossible que la transformation d’un temps circulaire en un temps linéaire ait été une des conditions indispensable à la mise en place progressive de la théorie de l’évolution. Deux bretteurs s’affirmèrent contre la théorie du fixisme, Jean Baptiste de Lamarck s’appuyant sur le transformisme et Charles Darwin sur l’évolutionnisme. Il manqua à ce dernier, la possibilité d’expliquer les mécanismes que la génétique pu prendre en charge quelques décennies plus tard.   Mais à ceux qui pensèrent alors que la boucle était bouclée, manquait un nouveau concept, celui de l’épigénétique. Si on peut voir une expression du  fatum dans la transmission génétique de parent à enfant, l’expérience prouve que leur expression ne suit pas la même transmissibilité. C’est alors que survient l’épigénétique qui sans modifier le patrimoine génétique introduit des modifications qui peuvent être transitoires, pérennes, transmissibles ou non ! Parce qu’elle  peut être d’origine accidentelle ou environnementale, l’exploration de son/ses domaine(s) est particulièrement ardue et ses frontières restent à délimiter comme en témoigne cet article récent : Opinion: The New Frontiers of Epigenetics (https://www.the-scientist.com/news-opinion/opinion–the-new-frontiers-of-epigenetics-65076). Si les nouvelles techniques constituent une avancée réelle dans le domaine médical avec un certain degré de certitude il n’en est pas de même dans le domaine sociétal qui englobe l’environnement dans son ensemble. S’il ne s’agit pas d’un parfait “trait pour trait”, il existe bel et bien un air de ressemblance avec le naturalisme de la fin du XIX° siècle quand Zola tentait d’expliquer l’importance du milieu sur le comportement.  Après la génétique, l’épigénétique, quelle sera la prochaine étape, celle qui expliquera la liberté du comportement humain ?

Qui y gagne, y perd !

dimanche, juin 24th, 2018

A la question du jour : “Qui perd, gagne”, l’homme n’est peut-être pas le mieux loti parmi les espèces vivantes existantes et peut être également ne devrai-il pas continuer à se réjouir de ses performances ! Un peu de modestie de sa part pourrait être de rigueur. Darwin avait fait siennes les idées de Lamarck concernant l’évolution des espèces vivantes à partir d’un ou plusieurs ancêtres communs en y ajoutant le rôle de la sélection naturelle. Dans le grand et touffu arbre de l’évolution, c’est l’homo sapiens qui émerge en tant qu’espèce distincte des hominidés. Avec lui apparaissent diverses qualités parmi lesquelles sa bipédie, l’augmentation du volume de son cerveau et la diminution de sa pilosité. Parallèlement ses capacités accrues aussi bien dans le domaine pratiques que dans celui de la conceptualisation  vont accroitre les différences avec le monde animal non humain. Il semble que toutes ces modifications ne soient pas que des processus amélioratifs dans la mesure où il existerait bel et bien une contrepartie. Selon l’article Aging-Related Diseases May Be a Negative Outcome of Human Evolution (https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/54716/title/Aging-Related-Diseases-May-Be-a-Negative-Outcome-of-Human-Evolution/&utm_campaign=TS_OTC_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=63847960&_hsenc=p2ANqtz-8bDoo9vUHD1S4jjCjczBoZd6AC392QDnMAN9dPJ7s04xh0Pb8PW1-ujJ1YWf61eW7EJNXI-rRSTU68uotz-D6QQmg_UA&_hsmi=63847960) les gènes utiles dans les premières années du développement tournent casaque en devenant délétères avec les années. Il s’agit là de la théorie de la pléiotropie antagoniste élaborée par le biologiste George C. Williams en 1957 qui s’intéressait à la[les ] cause[s] du vieillissement. C’est aussi ce qu’exprime J. Epelbaum (in Rythmes biologiques et hormonaux, Lavoisier, INSERM, 2009) avec la phrase suivante qui pourrait également servir de conclusion “Vieillir serait le prix à payer pour de meilleures aptitudes à la reproduction” !

La complexité s’impose

lundi, novembre 20th, 2017

“Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué” le plus célèbre des aphorismes shadokiens relève d’une réalité de tous les jours. Il s’applique de plus à la définition même de type cellulaire et avec encore plus d’acuité à la population neuronale humaine. Ce fut une vraie bataille que de faire accepter le concept de cellule comme unité fondamentale de tous les êtres vivants. Il a fallu attendre presque deux cents ans pour que la cellule découverte par Hooke acquiert son statut d’universalité grâce à Schwann. Au niveau des organismes multicellulaires (eucaryote) la cellule répond à un patron qui convient à toutes avec des adaptations menant à la définition du type cellulaire, transformant le prêt à porter en un sur mesure. Mais aujourd’hui le concept même de type cellulaire unique doit être revu à la hausse. La différenciation qui permet la mise en place d’une cellule adaptée en lieu et place à son rôle serait beaucoup plus compliquée encore qu’il n’y parait : c’est ce qui est montré au niveau des neurones (Advancing Techniques Reveal the Brain’s Impressive Diversity, https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/50700/title/Advancing-Techniques-Reveal-the-Brain-s-Impressive-Diversity/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=58116133&_hsenc=p2ANqtz–5m_lAFcbfDfKR4krsJTViQIR2mqJBCsvJ7dWxfyeMEESiHkKxlKnoYdHoYANx0Nlgaks54A6_8OqlOASxJ-xb850pwQ&_hsmi=58116133). Il en découle cette question princeps, comment définir un type cellulaire (Opinion: How to Define Cell Type,https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/50848/title/Opinion–How-to-Define-Cell-Type/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=58116133&_hsenc=p2ANqtz–5m_lAFcbfDfKR4krsJTViQIR2mqJBCsvJ7dWxfyeMEESiHkKxlKnoYdHoYANx0Nlgaks54A6_8OqlOASxJ-xb850pwQ&_hsmi=58116133). Ainsi a-t-il pu être tenu compte de la forme, de la fonction, et plus récemment d’une classification selon un modèle hiérarchique. Quoiqu’il en soit le raffinement technologique n’a certainement pas fini de trouver des différences substantielles entre des cellules primitivement décrites comme appartenant au même type. Il pourrait sembler plus simple d’adopter l’attitude philosophique qui lorsque l’on parle de feuille ne la voit ni verte, ni rouge, pas plus sur sa branche qu’à terre. Ainsi en fut-il de la première d’entre elles !

Pourquoi devrait-elle s’arrêter ?

jeudi, août 4th, 2016

6a00e5500b4a64883301a3fd03256c970bL’évolution est un processus qui affecte de nombreux systèmes. Ne parle-t-on pas d’évolution des populations, du climat, de la société, des moeurs, des idées …. Les modifications caractéristiques de ces différents types d’évolution ne sont perceptibles que par rapport au temps et chacune ayant son échelle, la perception en est plus ou moins évidente. Quoiqu’il en soit une évolution ne se mesure qu’à l’aune d’une antériorité qui fixe un état dont on estime qu’il s’est modifié par rapport à un point que l’on estime de départ. Lamarckisme et darwinisme ont tous deux parlé d’évolution mais si la seconde théorie a supplanté la première c’est en raison des mécanismes proposés pour l’expliquer. La paléontologie humaine (paléoanthropologie) qui s’appuie sur l’étude des fossiles, émet des  hypothèses remises en question par la découverte de nouveaux spécimens ou nouveaux artefacts. A l’évidence ce domaine est lui-même en pleine évolution comme en témoigne ce récent article, Humans Never Stopped Evolving (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46651/title/Humans-Never-Stopped-Evolving/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=32369516&_hsenc=p2ANqtz-8erZv28qDptwIs7dSxD8zDvJnF7j_oUQ7zsbp5fy2zDWfDMoSH88Id1gkDpe2u6Qmof8xD-ILPE31dLAVFV_vDbnz74Q&_hsmi=32369516). Première remarque, il faudrait professer une méconnaissance parfaite du concept d’évolution pour penser que l’homme y a échappé et alors depuis quand ! La seconde remarque concerne le laps de temps requis pour constater la survenue de certaines modifications. Quand les outils techniques permettent de saisir des avantages acquis il n’y a que quelques milliers d’années (cf articcle sus cité) on se dit que le préfixe paléo, s’il signifie ancien, s’inscrit dans un plus ou moins ancien ! C’est ainsi que ces mêmes outils sont en train de permettre le déchiffrage d’un segment de la population américaine de 1948 à nos jours. Ce ne sera peut-être pas plus facile que d’explorer un million d’années, car il se pourrait bien que la prise en compte des facteurs environnementaux soit particulièrement délicate. Néanmoins on pourrait presque imaginer que l’accélération d’une technicité multidisciplinaire transforme l’étude des temps anciens en une prospection des temps futurs, mais ceci est déjà le domaine de la science fiction  et et ce depuis bien longtemps, car l’homme joue aussi bien, et pas si mal, avec une technique virtuelle que réelle !

C’est pas moi …..

mardi, octobre 14th, 2014

image-3Le franglais comme la novlangue ont leurs utilisateurs et leurs détracteurs, mais qu’en est-il de certains mots d’un vocabulaire imagé et rigoureusement français des siècles précédents  ? Ainsi aujourd’hui sait-on encore ce que signifie le mot “pucier “!  Peut-être serait il bon d’en expliquer la signification car il se pourrait bien que ce substantif revienne d’usage courant. Quand l’argot touche à l’universel, on se pose la question de savoir pourquoi ! ArgotPucier :  de puce avec le suffixe -ier, allusion au fait que le lit peut parfois être l’« habitat » de la puce (Wiktionnaire),. Universel :  la part de l’homme dans l’évolution. L’article  d’Emily Monosson pourrait y répondre. Si  le pucier d’hier  n’a disparu que pour réapparaitre plus vivant que jamais, c’est parce que l’homme compte pour une part à la fois  non négligeable mais aussi difficilement quantifiable dans les processus de l’évolution  (Sleep Tight, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/41005/title/Sleep-Tight/) ! Qu’il soit impliqué depuis la nuit des temps, en substance depuis son apparition semble une évidence, la sélection naturelle aurait un sens restreint si l’on n’entendait par là qu’une nature dont l’homme serait absent, puisqu’il fait partie intégrante de la dite nature. Pour ne pas aller jusqu’à la position qui voit dans la disparition de l’homme la survie de la terre, il sera toujours bon de continuer à recenser pour les minimiser au mieux les facteurs humains impliqués. Ce qui aurait aussi  par retour un effet utile pour l’homme en propre !

Il y a un os ?

dimanche, mars 16th, 2014

 

imagePourquoi choisir une nageoire plutôt qu’un virus géant perdu au sein du permafrost (Ancient Giant Virus Discovered,http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39325/title/Ancient-Giant-Virus-Discovered/). Qu’est-ce qu’une nageoire comparée à cette découverte qui renvoie, aux calendes grecques, le souhait universel de l’éradication de certains des responsables d’affections humaines.  Contemporaines de cette découverte, de nombreuses publications pratiquent l’exploration du domaine des virus et de l’ARN des origines de la vie, (Viruses Reconsidered, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39244/title/Viruses-Reconsidered/,RNA World 2.0, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/39252/title/RNA-World-2-0/ ) et la nageoire peut alors sembler bien misérable en comparaison. Pourtant c’est de nageoire dont il sera question ! Mais pas de n’importe qu’elle nageoire (Convergent Fish Fins, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39332/title/Convergent-Fish-Fins/), cette petite formation juste en avant de la nageoire caudale, que tous les poissons, du reste, ne possèdent pas. Il est vrai qu’elle est tout à fait particulière, puisque le tissu qui la constitue est du tissu adipeux. En raison de son inconstance et de sa constitution, il y avait fort à parier, et c’est ce qui fut fait, qu’il s’agissait d’un organe vestigial, en voie de disparition, le péroné de l’homme en quelque sorte. Il n’en serait rien. Pour les auteurs cette nageoire adipeuse pourrait aider à comprendre comment d’autres appendices, comme les membres, auraient pu se développer, ce qui est particulièrement important, il faut en convenir, puisque les formes de vie terrestres proviendraient de formes marines grâce à l’apparition desdits membres et à l’adaptation de la respiration. Comme quoi, ce que l’on croyait vestigial peut avoir un grand avenir dans le passé !

Du moustique à l’homme

mardi, octobre 22nd, 2013

Qu’il s’agisse des ancêtres des familles d’insectes comme le moustique , ou des ancêtres de la famille des hominidés, la paléontologie peut sauter allègrement d’un fossile  à l’autre à condition qu’elle ait un matériel d’étude à sa disposition. Il semble bien que d’une façon générale, les découvertes permettent le plus souvent d’apporter des rectifications en ce qui concerne  les données temporelles. Et ces rectifications font plonger les racines des uns et des autres de plus en plus profondément. Ainsi en est-il de celui auquel appartenait le crâne  récemment mis à jour en Géorgie (Ancient Georgian Ancestors, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/37913/title/Ancient-Georgian-Ancestors/). La fourchette reste néanmoins relativement large, entre 2.6 millions et 10 000 ans ! Mais ce que l’on ressent à la lecture de l’article c’est le sentiment de jubilation des auteurs s’émerveillant de la préservation et donc de la qualité de l’objet sur lequel ils ont été amenés à travailler ce qui leur permet d’envisager un réexamen d’espèces classées antérieurement comme différentes. Les résultats obtenus par extrapolation ou par raisonnement analogique sont rarement conclusifs c’est à dire définitifs, ils restent néanmoins une étape indispensable dans l’attente, plus ou moins longue, de ce que chacun cherche, avec plus ou moins de bonheur : la preuve alors qualifiée d’indiscutable.

À propos du cœlacanthe

samedi, avril 6th, 2013

Utiliser le terme de fossile accolé à celui de vivant ne correspond plus depuis quelques temps déjà à la réalité comme en témoigne encore l’article récent, The Falsity of Living Fossils (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/34927/title/The-Falsity-of-Living-Fossils/). Il convient en effet de distinguer fossile et fossile vivant. Le premier est une espèce éteinte, tandis que le second par définition est une espèce actuelle présentant des ressemblances morphologiques avec les-dites espèces éteintes. S’il s’agit bien d’un fossile vivant c’est qu’il a du cesser d’évoluer depuis les temps qualifiés de fossilifères ce qui est en contradiction avec les principes génétiques de l’évolution. Qu’une espèce puisse parfaitement disparaître est une certitude, mais une espèce existante est nécessairement le produit de l’évolution d’un ancêtre. Selon un processus identique à la mise en place de la théorie de la mécanique ondulatoire de L. de Broglie qui a su féconder la théorie corpusculaire par la théorie ondulatoire, la théorie de l’évolution a réuni la génétique de G. Mendel et la sélection naturelle de son contemporain Ch. Darwin alors même que ce dernier n’en avait fait aucun cas. Dans ces deux exemples, l’obstacle épistémologique que pouvait constituer le savoir du passé n’existe plus.  Dans un sens la rupture épistémologique de G. Bachelard correspond à la négation de cet obstacle permettant l’accès à quelque chose de nouveau qui en tenant compte du passé et du présent les dépasse tous les deux.