Posts Tagged ‘liberté’

Le doute détourné

dimanche, février 9th, 2020

Pour faire simple, on peut schématiquement envisager deux faces au doute : celui de Pyrrhus d’Elis et celui de René Descartes. Le premier est un philosophe sceptique enseignant que l’homme ne peut atteindre la Vérité. Le second est un philosophe scientifique enseignant que l’homme atteint la Vérité en se basant sur le doute méthodique. Mais qu’est le doute qui trompe ? C’est ce dont traite l’article, Truth decay: when uncertainty is weaponized ( https://www.nature.com/articles/d41586-020-00273-4?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=35053716f5-briefing-dy-20200207&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-35053716f5-43241421 ) : rien de moins que la Double pensée, inventée par George Orwell et qui n’a d’autre but que de supprimer tout esprit critique. Les tenants de cette option ne manquent pas politiciens, économistes, scientifiques (liste non exhaustive). Leur travail est d’autant plus facile qu’ils sont naturellement servis par une prédisposition reconnue qu’a l’homme de croire plus volontiers ce qui conforte un a priori de ses opinions. Point n’est besoin de forcer le trait : que le doute aille dans le sens ou a rebours de ce que pense l’individu ciblé ce dernier se verra renforcer dans ses idées premières. On pourrait imaginer l’utilité et la bienveillance de cette “boîte à outils” dans le cadre d’une information qui éduque. Malheureusement les exemples sont plutôt en faveur de l’inverse, attitude d’autant plus malveillante qu’elle cible deux niveaux : la fausseté de la communication et la destruction de l’esprit critique. En vue l’anéantissement de l’exercice de la liberté ?

Connaissance et conscience

mercredi, octobre 3rd, 2018

D’un côté : “L’homme a naturellement la passion de connaître; et la preuve que ce penchant existe en nous tous, c’est le plaisir que nous prenons aux perceptions des sens.” Métaphysique d’Aristote, Livre premier, Chapitre Premier, de l’autre ” « De tous les arbres du jardin tu peux manger. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement » (Genèse 2,16). Il se trouve aujourd’hui  que les avancées de la technique sont telles qu’elles remettent l’homme devant ce choix que l’on peut qualifier de cornélien comme peut l’être un dilemme entre raison et passion. C’est dans ce sens qu’il faut lire l’éditorial  Genes and Blues (https://www.the-scientist.com/editorial/genes-and-blues-64824?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=66358907&_hsenc=p2ANqtz-986CU1-rfpUPyLLdCTV35sXsmUj5RLI8BlaWlF2DbMkDTDupJtb2pFH4NuiEsIdeRH3z102ZV6oPnJGnGVMFAJFi7EWA&_hsmi=66358907) de la revue The Scientist de ce mois d’Octobre. Faut-il savoir pour agir ou savoir pour réfléchir ? Peut-on agir sans réfléchir ? Si à la deuxième question la réponse est OUI sans nul conteste, à la première la réponse rejoint le dilemme précédemment évoqué. Si l’auteur a choisi un exemple, il n’en reste pas moins vrai que la connaissance pose plus de questions qu’elle n’en résout ce qui laisse à penser que la connaissance peut être un des moteurs de la conscience avec ce point positif : le choix qui s’en suit devient alors le reflet de la liberté de l’homme.