Posts Tagged ‘mémoire’

Passé, Présent, Futur….

lundi, mai 22nd, 2017

Si l’on peut encore vouloir faire du passé table rase en chantant à l’unisson avec l’Internationale d’Eugène Pottier (répression de la commune), l’expression a bien d’autres champs de résonnance. Il ne s’agit pas tant de la sphère philosophique, quand on considère le versant ontologique ou méthodologique de la connaissance, que d’une sphère de rayon infiniment supérieur quand il s’agit de la mémoire de l’humanité. Si l’aède et le ménestrel ont parfaitement joué leur rôle de passeur de la dite mémoire, l’homme avait depuis longtemps compris l’importance d’un socle transmissible des connaissances : en témoignent la mise en place de bibliothèques comme celle de Ninive, considérée parmi les plus anciennes ou celle d’Alexandrie comme la plus connue. Rien ne change en fait si ce n’est la quantité et le support des informations aux quelles on peut avoir accès mais  qui, aussi, seraient dignes d’intérêt. Si l’on s’accorde volontiers sur l’accélération de l’acquisition des connaissance tout autant que sur celle des techniques il semble difficile d’établir une formule mathématique de la première tout autant que de la seconde d’où une difficulté certaine à les comparer ! Comme par ailleurs l’acquisition de nouveautés en entraine de précédentes dans les limbes du Léthé, la mise en place d’une mémoire absolue devient prégnante. Voilà d’une certaine façon, une partie du sujet abordé dans Rescue old data before it’s too late, (http://www.nature.com/news/rescue-old-data-before-it-s-too-late-1.21993?WT.ec_id=NATURE-20170518&spMailingID=54084575&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1162852950&spReportId=MTE2Mjg1Mjk1MAS2) comme si Zeus pris d’une envie/inspiration subite avait ordonné à Mnémosyne de reprendre le sujet pour y apporter enfin une solution définitive ! Si les supports disparaissent du fait même de leur obsolescence, les passeurs de mémoire, eux, sont voués à la permanence. Malheureusement il se pourrait que cette différence entre les deux protagonistes et l’augmentation même du stockage à effectuer posent un problème difficile à résoudre, ce qui n’empêche pas néanmoins de poser la question.

Une cervelle d’oiseau, vraiment ?

dimanche, janvier 1st, 2017

Ce n’est plus un mystère pour personne, le genre oiseau est tout sauf dépourvu de cervelle ! D’où lui vient donc ce qualificatif ? Probablement de la taille de l’organe incriminé quand on imaginait encore une proportionnalité entre le contenant et le continu. L’épithète crâne de piaf n’est pas plus laudateur, l’étourneau pas plus que la linotte ne sont pas connus pour être plus étourdis que d’autres ! Héra seule avait pensé à orner le paon des yeux d’Argos. Heureusement la gente aviaire se réapproprie progressivement les capacités qu’on lui avait déniées. Aujourd’hui c’est de leur mémoire dont il est question (Opinion: A Tale of Two Hémisphères, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/47816/title/Opinion–A-Tale-of-Two-Hemispheres/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=39616948&_hsenc=p2ANqtz–u7K7JSZstwNxq5QkOfBbMWixtvs4QtwioYgyWaOxxLO-u1uq4tsrWMkR915jOsrw75BCNWzistBQvJBYX5eSGpTICng&_hsmi=39616948) en particulier de celle du Cassenoix d’Amérique, un passereau de la famille des corvidés dont on sait par ailleurs que ces derniers sont capables d’attribuer une fonction d’outil à un objet déterminé. Dans le cas du Nucifraga columbiana, ce qui est sujet d’admiration c’est sa capacité à se souvenir des caches dans lesquelles il a déposé ses réserves pour les temps de disette. Cette mémoire serait à mettre en relation avec une augmentation du volume de l’hippocampe (structure impliquée dans la mémorisation) mais sans contrepartie : sous entendu, une autre structure n’en pâtirait pas. De là, comme un vrai saut dans l’espace ….. surgit la liaison avec l’humain par le biais du syndrome du savant qui lui-même entretiendrait certains rapports avec  l’autisme ! Le doute plane néanmoins sur l’existence de ces deux pathologies décrites chez l’homme mais de diagnostic plus difficile chez les corvidés pour ne prendre que leur exemple. Lorsque l’on affirme que les scientifiques doivent jouer un rôle didactique important pour que s’établissent des rapports mutuels de compréhension entre eux et l’homo simplex on est en droit de se demander à qui est destiné ce genre d’article !

Mémoire et oubli

samedi, octobre 10th, 2015

mémoire-pleineSi l’on en croit ce qu’écrivait Bergson (in Matière et Mémoire, 1939)  » … Le système nerveux n’a rien d’un appareil qui servirait à fabriquer ou même à préparer des représentations … ». De tous temps, qu’il s’agisse de philosophie aussi bien que de sciences, la mémoire s’est imposée dans sa singularité quand bien même on ne ferait référence qu’à « la faculté de l’esprit ayant pour fonction d’enregistrer, conserver et rappeler des informations« . Elle est même devenue qualificatif des dispositifs physiques, ceux-là même qui dans le domaine informatique, autorisent la conservation et la restitution d’informations en distinguant la mémoire vive, qui doit être réalimenter de la mémoire morte, qui ne le demande pas (pas de confusion avec les mémoires volatiles et non volatiles). Quand on sait que la technique humaine (en général) reproduit (plus ou moins bien) les propriétés des êtres vivants, on n’est pas très étonné de ce que la « mémoire » soit toujours un sujet de recherche attentive. Aujourd’hui des résultats obtenus chez le rat viennent apporter un nouveau regard sur le support matériel de  cette propriété immatérielle et exceptionnelle (Genetic Repression Boosts Memory,http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/44145/title/Genetic-Repression-Boosts-Memory/). Loin des publicités mensongères vantant les bienfaits d’une quelconque substance « boosteur » de mémoire, il s’agit ni plus ni moins que d’un étude génétique (à noter que les conditions de réalisation peuvent en sembler assez barbares !) tendant à démontrer le rôle d’une répression génique dans les processus de mémorisation. Mais quand on s’appuie sur des expérimentations scientifiquement construites, fiables, robustes et reproductibles qui a priori ne laissent pas de place à une interprétation imaginative, la conclusion est pour le moins inattendue, semblable à un clin d’oeil puisqu’il s’agirait là d’un moyen qui éviterait au cerveau de finir en bouillie “… If you remembered everything, your brain would turn to mush … ” !

Pas si perdu que ça !

samedi, août 10th, 2013

Finalement, l’homme n’est peut-être pas si mauvais que ça en ce qui concerne la reconnaissance spatiale contrairement à ce que laissait entendre l’article précédemment cité même s’il ne s’agit pas exactement de la même aptitude. De quoi s’agit-il ? L’article Mapping Humans’ Mental GPS, (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/36881/title/Mapping-Humans–Mental-GPS/) reprend un type cellulaire dont il a déjà été question : les cellules de grille (GPS pour tous, 5/11/2012). Ces cellules dont la caractéristique est leur mode de fonctionnement permettent de bâtir une « carte cognitive » de l’espace. Leur  description chez le Macaca mulatta (Rhesus macaque) venait rejoindre des descriptions antérieures faites chez différents animaux. Leur existence est confirmée aujourd’hui et elles ont été mises en évidence au niveau de l’hippocampe ainsi que du cortex cingulaire et entorhinal humain. De ces différentes localisations on pourrait argumenter l’existence  d’un rapport  entre reconnaissance spatiale et mémoire. L’étape suivante serait d’apporter des preuves de ce rapport  ce qui permettrait certainement une nouvelle approche  de la maladie d’Alzheimer pour que l’homme comme l’écureuil se souvienne toujours de ses cachettes.

Se voir penser ?

mercredi, mai 22nd, 2013

Se voir marcher dans la rue était jusqu’à maintenant considéré comme une boutade de philosophe, s’acheminerait-on vers la possibilité de se voir penser ? Pour l’instant c’est l’homme qui regarde le zebra fish lorsque ce tout petit poisson transparent mémorise( Watching the Brain Remember, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/35596/title/Watching-the-Brain-Remember/) ! Parmi les questions que soulève ce processus, l’idée d’une représentation de zones dédiées à des fonctions spécifiques restera toujours d’actualité tant que la technique ne sera pas capable de délimiter ces zones en leur affectant un rôle précis. En 1939, H. Bergson écrivait  « … il n’y a pas, il ne peut y avoir dans le cerveau une zone où les souvenirs se figent et s’accumulent … » L’imagerie métabolique a donné de grands espoirs comme en témoigne, en janvier 2004, l’article de Michael Anderson (département de psychologie de l’Université Eugène, Oregon). L’auteur affirmait avoir visualisé les zones cérébrales impliquées dans le phénomène de l’oubli (Psychologists offer proof of brain’s ability to suppress memories, http://news.stanford.edu/news/2004/january14/memory-114.html). Aujourd’hui, dans le cas du zebra fish, il ne s’agit encore que de la visualisation de quelques circuits neuronaux mais le but se rapproche !