On peut dire, sans réellement se tromper, que la science est apparue dès que l’homme à porter toute son attention sur la nature ; il était en effet indispensable à sa survie qu’il en comprît tous les ressorts. La philosophie des sciences est postérieure à l’épistémologie qui, elle, concerne plus particulièrement la théorie de la connaissance : la première en effet est contemporaine de l’apparition des sciences dites modernes qui pourraient être nées dès le XVIème siècle en Europe. C’est plus récemment que s’est posée la question de la validité des « méthodes scientifiques », avec en particulier ce problème crucial de l’erreur. C’est à ce propos qu’en 1973, K. Popper, influencé par Th. Kuhn, proposait le « principe de réfutabilité« , selon lequel : »une théorie n’est scientifique que si elle est « falsifiable » » ou encore « la théorie a une possibilité de rentrer en contradiction avec l’expérience ». Or il s’agit d’un principe d’une redoutable complexité dans la mesure où à de multiples reprises si contradiction il y avait, elle n’était qu’apparente. Et selon la méthode syllogistique : en l’absence de contradiction, la théorie ne peut être que non scientifique ! C’est l’application pure et dure de ce principe qui est traitée dans Bad philosophy is hobbling physics. Ce que l’on pourrait résumer (de façon peut-être excessive) par trop c’est trop ! Outre les exemples cités, rappelons l’apport de Louis de Broglie sur le dualisme onde-corpuscule. L’idée géniale de celui qui obtint le Prix Nobel de Physique à 37 ans fut de dépasser mais en les associant la théorie ondulatoire et la théorie corpusculaire de la lumière. Prise séparément aucune n’était ni fausse, ni vraie, ensemble elles confirmaient les résultats expérimentaux. La rupture épistémologique de G. Bachelard n’est pas synonyme d’inventions échevelées, elle est simplement la vision différente de connaissances antérieures sur lesquelles il est indispensable de toujours s’appuyer et donc de les conserver.
Posts Tagged ‘rupture épistémologique’
Lu et Approuvé !
lundi, mai 19th, 2025Hérésie ou rupture épistémologique
dimanche, octobre 15th, 2017
Même s’il ne l’a pas prononcée, la phrase « E pur si muove ! » rend compte du reniement de Galilée concernant la rotation de la terre autour du soleil. C’était en 1633, mais en 1859, il semble que Darwin ait dans un premier temps hésité à publier sa théorie sur l’évolution, L’origine des espèces. S’il ne fut pas traité en hérétique, il suscita néanmoins des débats passionnés car la sélection naturelle n’allait pas de soi tant dans les communautés religieuses que même au sein de la communauté scientifique. On peut distinguer deux niveaux de réflexion dans les travaux de Darwin : l’évolution des espèces et la sélection naturelle. Bien que non exprimée de façon explicite, l’idée que l’homme pouvait descendre du singe ne pouvait s’inscrire dans la δόξα de l’époque. Par ailleurs l’absence de support scientifique à la transmission des caractères acquis rendait la théorie encore plus aventureuse. C’est dans une telle occurrence que l’on est en droit d’assimiler l’hérésie scientifique à la rupture épistémologique de G. Bachelard. Darwin est né observateur d’où le questionnement, qui devenant agissant rend obsolète la démarche s’appuyant sur l’hypothèse de travail. La grande nouveauté consiste dans le fait que l’expérience est construite malgré : c’est la philosophie du NON. On lira donc avec intérêt l’article What is Darwin’s Theory of Evolution? (https://www.livescience.com/474-controversy-evolution-works.html) pour le regard qu’il porte sur certaines erreurs mais surtout sur la démarche de validation a posteriori d’une théorie hérétique.
