Posts Tagged ‘neurones’

La parentalité en question

samedi, février 17th, 2024

Pour paraphraser Simone de Beauvoir “On ne nait pas femme, on le devient” il n’est pas inopportun d’imaginer Elisabeth Badinter écrivant “On ne nait pas mère, on le devient” tant l’amour maternel semble redevable des conditions de vie et du siècle que l’on explore. Quant à l’amour paternel il est de fait qu’il a beaucoup moins fait parler de lui tant il est de notoriété publique qu’il n’aurait pas lieu d’exister puisqu’il n’a pas cet immense privilège de cohabiter neuf mois avec “le futur petit homme”. Attention il s’agit d’un qualificatif non genré contrairement à ce que laisserait croire l’emploi d’un masculin de convention ! Quoiqu’il en soit, ce dont il est question concerne les deux sujets impliqués dans l’expression de la parentalité, le père et la mère. Il y a quelques années déjà ce sujet était à l’ordre du jour, il réapparait aujourd’hui et s’appuie sur un article de 2018 “Neural Circuit of Parental Behavior Mapped in Mice” (https://www.the-scientist.com/neural-circuit-of-parental-behavior-mapped-in-mice-30096). Comment/pourquoi des parents font-ils leur possible pour que leur comportement vise à protéger leur progéniture ? Ce sont essentiellement les études neurobiologiques menées sur des rongeurs qui ont fait progresser la compréhension des mécanismes moléculaires, cellulaires et les circuits présents dans ces processus comportementaux complexes. Les cellules impliquées sont des neurones à galanine (neuropeptide) présents dans les deux sexes responsables de plusieurs fonctions. Les informations leur proviennent de différentes zones cérébrales et les circuits se font également dans plusieurs directions. L’ensemble particulièrement complexe reste d’interprétation délicate dans la mesure où leur présence et l’intégrité des circuits ne préjugent pas de la réalité du dit comportement. Comment la classe sociale et les us et coutumes de l’époque considérée peuvent-ils influer sur leur fonctionnement?

Surprise !

dimanche, mars 31st, 2019

Le cerveau n’est pas le seul organe à voir le nombre de ses cellules diminuer avec l’âge de son propriétaire. Pourtant il est celui dont on parle le plus volontiers comme si le stock de neurones était plus important que celui d’autres populations cellulaires, comme les gamètes femelles par exemple. A quoi tient donc la noblesse d’un organe ? Au fait que que la vie n’est pas possible en son absence ou bien à une hiérarchisation des fonctions ! Quoiqu’il en soit, la diminution inexorable des neurones, depuis disait-on un âge encore très juvénile, semblait correspondre à une erreur de la nature tant le renouvellement cellulaire quelque en soit le rythme était presque une constante. De plus comment cette boîte noire qui réfléchit pouvait-elle être soumise à un tel déclin quand on sait par ailleurs ce dont elle est capable comme dans l’apprentissage d’une langue maternelle (Your Brain Needs 1.5 MB of Storage to Master Your Native Language, https://www.livescience.com/65108-brain-megabyte-storage-for-language.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190330-ls) ? On touche là au problème de la neurogenèse chez l’homme adulte. Apporter la preuve de ce renouvellement n’est pas chose simple en raison même du tissu à explorer ce qui explique probablement en partie les controverses à ce sujet.(https://lejournal.cnrs.fr/nos-blogs/aux-frontieres-du-cerveau/le-cerveau-humain-adulte-ne-produirait-pas-de-nouveaux-neurones). Mais l’article Debate about birth of new neurons in adult brains extends to Alzheimer’s disease (https://www.nature.com/articles/d41586-019-00891-7?WT.ec_id=NATURE-20190328&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20190328&sap-outbound-id=761766AF7C0D013F2A9D102FD9BD20FA7357A649) pourrait enrichir le débat en quittant le cadre exclusif du normal. En abordant les modifications en rapport avec la maladie d’Alzheimer des comparaisons deviennent alors possibles. Cette étude pourrait donc avoir deux conséquences : éclairer le débat sur la neurogenèse adulte et ouvrir une fenêtre sur l’avenir thérapeutique de la dite maladie. A suivre ? (addendum : A Common Embryonic Origin of Stem Cells Drives Developmental and Adult Neurogenesis, https://www.cell.com/action/showPdf?pii=S0092-8674%2819%2930159-X)

La mémoire qui flanche ?

dimanche, juillet 15th, 2018

Se rappeler/se souvenir que de discussions à leur propos quand on peut dire en effet que l’on se rappelle des souvenirs. La seule certitude est d’ordre grammaticale : l’un est transitif direct l’autre ne l’est pas !  Autre pierre d’achoppement la mémoire et le souvenir aux quels on accole des concepts très différents en fonction de ceux qui les ont explorés. Deux faits sont néanmoins certains c’est qu’il s’agit d’une exploration du passé que l’homme partage avec un grand nombre d’animaux. Si pour certains le souvenir peut résulter de l’acte par lequel il s’extrait de la mémoire pour affleurer au présent, Freud n’est pas, et de loin, le premier à s’être intéressé à ce domaine. C’est en effet à la suite de ses travaux  que la mémoire a été affecté à l’inconscient. Les souvenirs ont fait par ailleurs l’objet d’interrogations toutes particulières après que l’on se fut aperçu qu’il était possible d’induire ce que l’on peut qualifier de  “faux souvenirs”. Mais il est également intéressant de noter que les études ont cherché à mettre en évidence le “centre de la mémoire” plutôt que celui des souvenirs ! Devant un sujet aussi complexe, peut-on penser avancer dans le domaine à la lecture de cet article Forgotten Memories Brought Back in Mice (https://www.the-scientist.com/news-opinion/forgotten-memories-brought-back-in-mice-64449?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=64272623&_hsenc=p2ANqtz–sVEygGasfeQiDAg4HtqisAUEzuKlkDga7T-iSTzeJJfx07ADdTECdXLjAcIGUIJcLpwc8jjccfymBoBooPdBV10f15Q&_hsmi=64272623) ? Tout ne serait-il qu’une affaire de neurones jeunes ou vieux, accessibles ou non, du fait de remplacements ultérieurs ? En tout cas si l’hippocampe reste en pole position il est probable que le propre de l’individu ne peut être ignoré, ce qui est quand même très satisfaisant !

C’est essentiel

dimanche, juillet 23rd, 2017

Mais sait-on pourquoi et est-il indispensable de savoir pourquoi c’est essentiel ? Quoiqu’il en soit, cet espace de temps que l’on qualifie également de “petite mort” intrigue depuis l’antiquité, comme en témoigne, le dieu Hypnos, frère jumeau de Thanatos et père de Morphée. Comme quoi une famille sacrée peut aussi être une sacrée famille ! Ce que l’on sait de façon certaine, c’est que tout être vivant présente des périodes de sommeil, et que sa privation entraine des désordres physiologiques aussi bien que neurologiques. L’électroencéphalogramme durant le sommeil a permis de distinguer différents stades dont le sommeil dit paradoxal mis en rapport avec la période des rêves. Le chat a du reste été l’animal de choix des premières études expérimentales sur le sujet (Le sommeil paradoxal, https://www.sitemed.fr/reves/3paradox.htm). Ce qui est troublant c’est l’impossibilité encore actuelle de définir exactement ce qu’est le sommeil (Why Do We Sleep? https://www.livescience.com/32469-why-do-we-sleep.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170720-ls). Ainsi le sommeil est-il à l’origine d’un grand nombre de théories encore invérifiables parmi lesquelles une peut-être plus prometteuse, à savoir un mode particulier de fonctionnement dont la mise en réseau des neurones. Plus fascinant encore ce toujours futur des cellules gliales qui parties de très bas dans la hiérarchie cellulaire ne cessent de grimper les échelons de la célébrité !

Quels neurones pour apprendre ?

mardi, septembre 13th, 2016

f94698bb58c3040d85ed1703840981c5 L’homme a non seulement  l’impérieux désir de savoir mais aussi la non moins impérieuse envie de connaître les causes premières  ce qui  doit être vrai, puisque c’est Aristote qui l’a dit il y a quand même très longtemps. C’est donc la raison pour laquelle il se sent commis à cette quête sans fin dont les avancées techniques se repaissent. Ainsi en va-t-il depuis que l’homme sait exprimer ses questions dont l’une particulièrement concerne la connaissance et l’article “Specialized Neurons Encode Social Learning in Humans”, (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46971/title/Specialized-Neurons-Encode-Social-Learning-in-Humans/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=33928810&_hsenc=p2ANqtz-98jxPU18UCLXWRtBOTOrT2soPid2Owa0QwKklfKzuz6XFdEhechGGVUESFlgoP14YcufyU1H1PILc5wScAVNCM6Pe4MA&_hsmi=33928810)   est intéressant dans la mesure où il aborde un problème apparenté, celui de l’apprentissage. Quand l’expérimentation met en évidence une topographie définie où des neurones “s’allument” selon une démarche d’apprentissage, il semble bien que la connaissance soit le fruit du sensible et que l’innéité n’y soit pour rien à moins que d’imaginer une innéité au niveau neuronal. Si chez l’animal, l’apprentissage par essai/erreur a fait l’objet de nombreux tests,  cette étude rendue possible chez des sujets du fait de leur pathologie (épilepsie et enregistrement ) propose une base anatomique à un concept philosophique. Que faut-il en penser s’il ne s’agit pas d’une erreur d’interprétation ?

Nos neurones et nous

lundi, novembre 4th, 2013

Trouver des modifications génomiques nombreuses au niveau des neurones invite à se poser de nombreuses questions (Genetic Diversity in the Brain, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/38095/title/Genetic-Diversity-in-the-Brain/). Parmi lesquelles on peut retenir : existe-t-il d’autres cellules spécialisées au sein d’un autre tissu de l’organisme qui présentent une telle particularité, mais peut-être et surtout quelle en est la signification  ? Dans la mesure où ces variations n’existent pas au niveau des cellules progéniteurs de la lignée neuronale (culture) on est tenté de penser qu’elles interviennent dans le court laps de temps de la différenciation neuronale. Par contre il semble difficile d’être affirmatif sur le fait qu’il n’y aurait aucun rapport avec le vieillissement ! Si le rapport avec des susceptibilités individuelles à certaines affections neurologiques pourrait être envisagé, comment passer à l’étape suivante en faisant de cette diversité le support de fonctions telles que l’intelligence ou la conduite. Il faut savoir raison garder et ne pas s’aventurer sur des chemins périlleux même s’ils attirent le chercheur, le psychiatre et le sociologue depuis bien longtemps ! Ne pas revenir au temps de l’anthropométrie criminalistique est un impératif intangible !