La peur n’évite pas le danger, certes, elle peut même être une étape préalable indispensable à la mise en place d’une stratégie de défense. Il existe néanmoins des peurs dont la cause se situe dans une temporalité antérieure mais dont l’empreinte est telle qu’elles se revivent à l’infini. La question est donc de savoir s’il est possible d’effacer cette trace. Et pour ce faire, il ne semble exister qu’une possibilité : en connaître le substratum. C’est le sujet de l’article The chemistry of fear (The chemistry of fear). Ainsi aujourd’hui distingue-t-on des neuropeptides neurotransmetteurs de faible poids moléculaire à action rapide et des neuromodulateurs, peptides de plus grande taille. Parmi ceux-ci le PACAP, dont la quantité augmente dans les neurones chez une souris en état de panique : ils sont déjà connus pour leur rôle dans l’éveil et le sommeil. Mais des études sont dans l’ensemble techniquement difficiles, du fait de leur grande diversité et des lieux de production. Plus les études avancent et plus il semblerait que la distinction entre neurotransmetteurs et neuromodulateurs soient moins tranchée qu’il n’y paraissait antérieurement. Enfin, récemment les endocannabinoïdes sont venus s’ajouter à la liste en raison de leur l’implication dans la mémoire des faits stressants. Ce qui devrait d’autant plus être étudié que les effets thérapeutiques du cannabis sont loin d’être univoques. Chimie ou alchimie de la peur, que de secrets encore non dévoilés !
Tags: Neuropeptides, neurotransmetteurs
