Vous avez dit « langues mortes » ?

Il est un défit encore loin d’être résolu celui de la naissance des langues, car il est vraisemblable qu’une langue unique ne peut correspondre à l’explosion de sons chargés de sens. On imagine depuis longtemps que la station bipède est à l’origine de la phonation mais la fabrication des premiers outils nécessitant une conceptualisation pourrait avoir eu un rôle dans l’apparition de l’expression orale. Il est évident que contrairement à l’écriture et ses artefacts que l’on peut étudier, l’oralité n’a laissé aucun vestige tangible, le seul mythe qui s’y rapporte étant celui de la Tour de Babel. Un article récent, Humans spoke tens of thousands of languages, se penche sur la disparition probable de milliers de langages, disparition mise principalement en rapport avec l’activité socio-économique. Dans un premier temps, les chasseurs cueilleurs pouvaient ne pas avoir besoin de partager un langage commun, mais la sédentarisation en permettant le regroupement d’individus et favorisant les échanges a nécessairement eu besoin de nommer pour pouvoir troquer. Mais si au sein d’un groupe il suffit d’un langage, les rencontres nécessitant compréhension, invitent à simplifier. D’où l’idée d’un diminution drastique des langues au fur et à mesure où la société s’organise et se complexifie. Il reste aujourd’hui environ sept mille cinq cents langues parlées, l’écriture n’en étant pas contemporaine, on imagine que l’humanité en aurait perdu des milliers !

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