Construire pour comprendre

En 1865, Claude Bernard dans L’Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, posait clairement les principes de “la méthode expérimentale dans les sciences de la vie”. L’épistémologie des sciences montre à l’évidence qu’il ne fut pas le premier à s’intéresser à la façon d’accéder à la connaissance depuis Aristote. Quoiqu’il en soit on peut construire l’expérience selon Claude Bernard, avec comme point de départ l’observation mais on peut aussi adhérer au concept de rupture épistémologique, saut dans l’inconnu, cher à Gaston Bachelard. Ce dont il est question dans l’article  Building Cells from the Bottom Up, c’est “de construire pour comprendre“. Tel le démiurge platonicien, il s’agit de construire une cellule synthétique mais vivante, c’est à dire capable “[d’]un cycle cellulaire fonctionnel, dans lequel la réplication et la ségrégation de l’ADN ainsi que la croissance et la division cellulaires sont bien intégrées” (https://www.nature.com/articles/s41467-021-24772-8). Mais la démonstration de la vie ne sera par ailleurs obtenue qu’ultérieurement avec la division des deux cellules filles à la fin du cycle cellulaire de la cellule mère. On le voit il s’agit d’une construction à visée dynamique qui s’oppose à la déconstruction utilisée depuis la nuit des temps : apparition des fonctions cellulaires vs disparition progressive de ces mêmes fonctions. Construire pour un futur qui comprend avec comme corollaires possibles des applications thérapeutiques encore inédites. Reste néanmoins un point essentiel. Comment explique-t-on qu’une cellule construite à partir d’éléments “non vivants” donne une cellule ayant tous les attributs de la vie ?

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