Un vieillard qui meurt, c’est une bibliothèque qui brûle. Bien que cette phrase n’a pas été prononcée dans le but de faire comprendre l’importance de la relation entre écologie et locuteur, elle peut parfaitement être utilisée pour en faire la démonstration. Si l’origine de l’écriture peut être approximativement connue il n’en est pas de même pour l’origine du langage à propos de laquelle les avis sont nombreux. Pour Rousseau, les premières langues furent chantantes, et le gazouillis du petit enfant s’apparente bel et bien à celui de l’oiseau. Ce qui est certain c’est que la langue est représentation du monde et qu’une langue qui n’a pas son écriture est d’une extrême richesse, car l’abondance des termes rend compte de la variété de la nature. Ce dont il est question aujourd’hui c’est de l’appauvrissement des langues dont on s’aperçoit qu’elle va de pair avec les signes d’atteinte de l’environnement (Language loss is an environmental issue), thème particulièrement cher aux écologistes. Mais comme rien n’est simple, l’équation ne se résout pas à établir une égalité entre ces deux termes. Il faut au contraire savoir tenir compte des langages et de leur maintien, tout en jouant habilement de la nécessité d’une compréhension qui tendrait vers l’universel. De même qu’il faudrait pouvoir, tout aussi habilement, ouvrir des routes entre des contrées qui sauraient garder leur individualité ! Si l’article ne résout pas la formule, il permet tout au moins den cribler les différents facteurs pour pouvoir y réfléchir.
