Qu’est-ce qu’une image ?

L’imago latine d’où vient le mot image possède au minimum deux sens : celui d’une représentation concrète mais aussi celui d’une représentation analogique. Elle possède en outre un autre sens, scientifique celui-là lorsqu’il désigne le stade final d’un individu dont le développement se déroule en plusieurs phases (en général, oeuf, larve, imago). Aujourd’hui c’est le sens d’une représentation construite auquel il est le plus souvent fait référence. L’homme construit donc des images depuis longtemps comme en témoignent l’art rupestre aussi bien que l’art pariétal. En médecine, l’image occupe une place particulièrement importante et il convient de savoir reconnaître une image construite d’une image qui ne l’est pas. Ainsi par exemple devient-elle artéfact lorsqu’elle est  construite en radiologie. Dés lors en microscopie, on peut se poser la question de savoir si le tissu examiné après fixation et coloration n’occupe pas cette même place, celle d’un artéfact. On peut néanmoins arguer du fait que lorsqu’une erreur est toujours faite dans le même sens, elle tend à s’annuler, tandis que par ailleurs comme l’écrivait H. Poincaré “…. de deux horloges, nous n’avons pas le droit de dire que l’une marche bien et que l’autre marche mal ; nous pouvons dire seulement qu’on a avantage à s’en rapporter aux indications de la première …”. L’utilisation des colorants dits vitaux peut être intéressante  dans certaines études in situ, mais l’absence de fixation empêche dans l’examen des tissus toute conservation.

Aussi que faut-il penser de cet article “Multicolored stain-free histopathology with coherent Raman imaging ? ( http://www.nature.com/labinvest/journal/v92/n11/full/labinvest2012139a.html, cliquez sur Correction to: Laboratory Investigation (2012); doi: 10.1038/labinvest.2012.109; advance online publication, 20 August 2012.). La microscopie par diffusion Raman anti-Stokes cohérente (CARS) est une technique d’imagerie prometteuse qui est de plus en plus utilisée en biologie. En effet, elle permet de sonder directement les fréquences de vibration des liaisons inter-atomiques présentes dans les échantillons biologiques sans marquage, réduisant ainsi les artéfacts de mesures. Cette nouvelle application nécessite un microscope d’un type particulier bien loin du microscope habituel, ainsi qu’une instrumentation miniaturisée que peu de laboratoires  seraient en mesure de s’offrir aujourd’hui. Mais même si cette technique semble encore bien lointaine dans son application, la beauté des images proposées dans l’article et leur lisibilité emportent la conviction !

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