L’Analogie en question

Sans vouloir reprendre les termes de l’article du 01/01/2013, “Que faut-il penser du raisonnement par analogie ? ” voici un nouvel article qui explique, dans un cas bien particulier, pourquoi l’application d’un résultat d’une espèce animale à une autre espèce peut receler un vice caché. Depuis le papyrus Ebers (1500 ans avant JC), les connaissances en anatomie ont eu bien du temps pour s’améliorer car les descriptions obtenues chez l’animal et transposées à l’homme se sont trouvées, pour un certain nombre d’entre elles, entachées de bien des erreurs. Ce qui n’empêche pas d’appliquer toujours ce même type de raisonnement, comme en témoigne ce récent article “Brain cells in mice turn on genes that are very different from the ones in human brain cells” ( https://www.livescience.com/mouse-human-brain-differences.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190823-ls ). S’il est vrai que l’architecture cérébrale chez l’homme et la souris est très comparable, si les cellules en sont identiques à l’échelle du microscope il existe bel et bien des différences à d’autres niveaux en particulier en ce qui concerne les récepteurs cellulaires. Il s’agit d’un système de type serrure/clef à deux niveaux. Logiquement, une serrure ne peut s’ouvrir que si la clef est la bonne mais il faut également que la porte soit la bonne. Dans le cas présent, les portes ouvertes ne sont pas les mêmes chez l’homme et chez la souris : donc ce qui marche chez le second ne marche pas chez le premier ! Avec ce type de raisonnement dit analogique, l’existence d’un niveau de ressemblance entre deux “choses” autorise à faire passer de l’un à l’autre ce que l’on connait de l’un quand on l’ignore encore pour l’autre. Mais la définition stricte de l’analogie est la suivante :  A est à B ce que C est à D et tout ce qui est vrai dans le rapport entre A et B, l’est aussi dans le rapport entre C et D. A l’origine il s’agit donc de considérer des égalités de rapports ce qui ne correspond pas exactement à la démarche suivie dans le cas présent et qui tend à montrer que l’on s’est éloigné de la définition même de l’analogie. Devrait-on abandonner ce type de raisonnement et doit-on le considérer comme un frein à la connaissance ? Probablement pas s’il est une étape et non un aboutissement !

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