La carpe et le lapin

Pas si éloignés pourtant sont l’art et la science quand on s’intéresse au sensible. Les sens sont classiquement chez l’homme au nombre de cinq : tact, audition, olfaction, gustation et vision. Si la distinction est facile au regard des organes responsables, parce que résolument différents, il existe pourtant une confusion des genres qui fait que la gustation sans l’olfaction n’est pas la gustation et inversement, que le tact sans la vision n’a pas le même degré de précision, que le l’audition dépourvue de la vision est plus que l’audition avec la vision. On peut multiplier ainsi les différences de perceptions lorsque l’un des sens manque à l’ensemble. Mais on sait également par exemple que l’audition dans un milieu bruyant n’est pas l’audition dans un milieu silencieux ce qui montre que la perception (ou d’autres sens) ne peut être exclue du milieu perceptif dans lequel elle s’exerce. Savoir se servir de la physiologie sensorielle pour créer une oeuvre d’art c’est en optimiser le résultat. C’est ce que rappelle l’article Seurat’s Dots: A Shot Heard ’Round the Art World—Fired by an Artist, Inspired by a Scientist ( https://www.cell.com/cell/fulltext/S0092-8674(19)30851-7 ). C’est donc en appliquant la loi du contraste silmultané des couleurs de Chevreul que le pointillisme a pu voir le jour. Ainsi un exercice pratique de neurophysiologie sensorielle fait-il le lit de l’art ! Reste à savoir s’il est indispensable que le spectateur connaisse la loi du contraste simultané des couleurs ou en d’autres mots faut-il savoir pour apprécier ?

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