Le coeur a ses raisons..

Considéré comme le centre des émotions, le coeur pour Aristote l’emportait largement sur le cerveau qui n’aurait servi qu’à refroidir le corps. En cela il était en complet désaccord avec Hippocrate qui lui considérait que c’était bel et bien dans le cerveau que naissaient les émotions. Aujourd’hui on serait autorisé à dire “en même temps”, car l’un ne va pas sans l’autre ; mais le doute était-il réellement de mise tant l’expérience allait dans ce sens. Quoiqu’il en soit, il est bon que les résultats de la démarche scientifique puissent apporter une éclatante confirmation à l’intuition. C’est ce que présente l’article The Heart Can Directly Influence Our Emotions. Qu’il y ait un intérêt certain à valider une sensation ou une conviction ne va pas, dans le cas présent, sans apprécier pleinement les avancées dans un domaine situé aux confins de la psychologie et de la physiologie dans une voie à double sens dont il est bien difficile de faire émerger le “primum movens“. Heureusement grâce à la découverte (déjà ancienne) de protéines “outils”, il est devenu possible de suivre avec précision l’activité neuronale de telle sorte que l’on peut manipuler des cellules aussi profondes que les cellules cardiaques. Que constate-t-on : 1) l’augmentation du rythme cardiaque n’altère pas le comportement de la souris, 2) l’altération comportementale intervient quand l’animal est placé dans une situation inhabituelle ce qui signifie que l’environnement joue un rôle. Deux zones sont encore en compétition pour parler au coeur : le cortex insulaire postérieur et le cortex préfrontal. Reste à déterminer lequel sans exclure la possibilité que ces deux zones ne répondent pas dans un même temps ! Mais il s’agit de l’homme et non pas d’une souris. Alors qu’en est-il de sa gestion du stress quand son rythme cardiaque s’accélère dans un environnement devenu hostile ?

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