Imposture intellectuelle

En 1996, la revue de sciences humaines Social Text publie un article scientifique Transgresser les frontières : vers une herméneutique transformative de la gravitation quantique. Le but des auteurs n’était pas tant de dévaloriser certains travaux scientifiques contemporains que de montrer la vacuité de l’utilisation de différents concepts portés par le postmodernisme à propos des discours scientifique et philosophique. En France il initia des discours passionnés surtout dans la mesure où il fut pris au pied de la lettre et non pas comme un pastiche scientifico-philosophique. Dans la deuxième moitié de XVIIIème siècle une autre supercherie avait aussi enflammé les milieux littéraires à propos d’un barde écossais du IIIème siècle Ossian, et de ses poèmes qui s’avérèrent être des faux, ce qui devait grandement troubler les tenants d’une identité gréco-romaine et non pas celtique. C’est pourquoi, si en l’an de grâce 2026, des scientifiques inventent une nouvelle maladie, la bixonimanie ( Why scientists made up a fake disease), il n’y a vraiment aucune raison de s’inquiéter ! Les auteurs avaient dissimulés dans l’article, tels des signes de piste, des informations qui permettaient de conclure à la contrefaçon, mais tels des lecteurs antérieurs l’IA reproduisit l’article qu’elle référença tout à fait comme un humain lambda dans des travaux ultérieurs. En réalité ce qui est important dans les trois exemples précédents n’est pas l’intrusion de l’IA dans le paysage, mais que dans toute situation, il faut savoir poser la BONNE QUESTION, savoir interroger la réalité du propos. Même si les erreurs de l’IA ne reposent pas sur les mêmes processus que l’erreur humaine, in fine elles peuvent avoir la même traduction !

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