C’est un domaine qui, s’il ne déclenche pas les passions, permet néanmoins des débats contradictoires. Peut-on parler raisonnablement voire scientifiquement de l’effet placebo/nocebo au XXIème siècle ? C’est le sujet de l’article Placebo Power: How Belief Can Heal the Human Body, dont l’auteur Phil Starks est docteur en philosophie, et professeur agrégé de biologie. Bizarre, certes non car la double casquette démontre la double appartenance du sujet traité. En 2003, « … le docteur Jean-Jacques Aulas, psychiatre à Saint-Étienne, crée le premier placebo officiel. Cette spécialité, vendue sous le nom de Lobepac — anagramme de placebo — et déclarée « élixir psycho-actif », est présentée comme sédative (bleue) ou tonique (rouge)« . Mais les résultats sont peu encourageants et la spécialité est rapidement retirée de la vente. Pourtant l’effet positif du placebo, bien que non constant, est connu, reconnu, même chez les animaux ce qui pose question. On est donc en droit de s’interroger sur le non effet du Lobepac. L’article sus cité, s’il examine les modifications physiologiques responsables de l’effet placebo et qui sont bien réelles, propose également un facteurindispensable à cette action. L’environnement sociétal auquel ne peut échapper le patient et qui conditionne le résultat. Une autre preuve, s’il en est besoin, que l’un ne peut pas vivre sans l’autre !
