C’est un domaine qui, s’il ne déclenche pas les passions, permet néanmoins des débats contradictoires. Peut-on parler raisonnablement voire scientifiquement de l’effet placebo/nocebo au XXIème siècle ? C’est le sujet de l’article Placebo Power: How Belief Can Heal the Human Body, dont l’auteur Phil Starks est docteur en philosophie, et professeur agrégé de biologie. Bizarre, certes non car la double casquette démontre la double appartenance du sujet traité. En 2003, « … le docteur Jean-Jacques Aulas, psychiatre à Saint-Étienne, crée le premier placebo officiel. Cette spécialité, vendue sous le nom de Lobepac — anagramme de placebo — et déclarée « élixir psycho-actif », est présentée comme sédative (bleue) ou tonique (rouge)« . Mais les résultats sont peu encourageants et la spécialité est rapidement retirée de la vente. Pourtant l’effet positif du placebo, bien que non constant, est connu, reconnu, même chez les animaux ce qui pose question. On est donc en droit de s’interroger sur le non effet du Lobepac. L’article sus cité, s’il examine les modifications physiologiques responsables de l’effet placebo et qui sont bien réelles, propose également un facteurindispensable à cette action. L’environnement sociétal auquel ne peut échapper le patient et qui conditionne le résultat. Une autre preuve, s’il en est besoin, que l’un ne peut pas vivre sans l’autre !
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Y croire ou pas
mardi, mai 12th, 2026Primum non nocere
vendredi, juillet 12th, 2013
L’article peut paraitre un peu long, mais le sujet en vaut vraiment la peine (Worried Sick, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/36126/title/Worried-Sick/) ! Un sujet simple en apparence mais qui est loin d’être habituel puisqu’il s’intéresse à ces deux effets opposés que sont l’effet placebo et l’effet nocebo. Le premier connu depuis longtemps est utilisé, le second reconnu plus récemment est à éviter. Au delà des cas rapportés, tout l’intérêt de l’article repose sur une découverte, et sur une question. La découverte c’est la reconnaissance d’une voie de signalisation de l’effet nocebo, qui s’avère différente de celle de l’effet placebo, chacun répondant à des médiateurs différents. La question c’est comment étudier l’effet nocebo. Et il ne s’agit pas là d’une question anodine puisque il existe un principe intangible : le primum non nocere, auquel aucun médecin ne peut se soustraire ! Comment étudier l’effet nocebo sans passer par la case effet indésirable ? Comme le fait remarquer l’article, les comités d’éthique peuvent être en droit de refuser ce type d’étude à moins que de passer par la présentation au sujet des dits effets. On entre alors dans le domaine de ce que l’on appelle « pudiquement » le consentement éclairé du malade. C’est là qu’intervient la présentation, orale ou écrite, de ce que l’on regroupe sous le terme d’effets secondaires et dont on ne sait jamais ce que l’interlocuteur entendra vraiment et comprendra réellement. Peut-on s’arrêter à cette autre solution consistant à faire signer au sujet une déclaration stipulant qu’il est d’accord pour n’être au courant de rien ! On imaginait (à tort) l’effet placebo comme relevant directement de la psychologie du sujet, on a du mal à imaginer quel pourrait être le résultat d’un refus de savoir ! Heureusement avant toute chose, il y a Google pour répondre aux questions que se pose le malade quant au traitement qui vient de lui être prescrit !
