Le douloureux cas des cellules Hela

S’il existe dans la trop courte histoire de la bioéthique un exemple parfait du non respect de l’individu, c’est bien le cas des cellules HeLa. Morte en 1951, Henrietta Lacks avait offert à la médecine, un lot de “cellules immortelles” que la dite médecine s’était empressée de manipuler. Aujourd’hui le séquençage signe l’aboutissement de ce processus engagé il y a plus de 60 ans, et il est enfin juste qu’il soit matière à question puisque Henrietta Lacks n’avait jamais été avertie de ce “don” fait à son insu de son plein gré. Si cette formule devenue célèbre a pu faire sourire, ce n’est pas ce qui vient à l’idée quand on pense à ce qu’a généré l’utilisation de cette lignée cellulaire. Pourtant on doit séparer les acquis uniquement pécuniaires des acquis scientifiques. Si de nombreux brevets générateurs de revenus ont vu le jour, les cultures cellulaires par leur immortalité ont autorisées des recherches dans des domaines aussi nombreux que variées, comme celui des vaccins, du SIDA, de la radio toxicité …. Mais ce qui fait tâche enfin, c’est que la manipulation de ces cellules en a effacé l’origine. En effet, le prélèvement cellulaire ne pouvait pas être considéré comme un don puisque il avait été effectué sans l’accord du malade. Aujourd’hui une nouvelle question se pose du fait de la mise en place de ce que l’on appelle les bio-banques qui conservent tout type de prélèvement biologique sans que l’on sache nécessairement si elles seront utilisées pour le bien du malade prélevé ou pour  le bien futur de tous (Debating Bioethics Openly, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/36098/title/Debating-Bioethics-Openly/). Alors que les premiers prélèvements réalisés l’ont été sans l’accord du malade, celui ci est maintenant informé et peut s’opposer à leur utilisation. De même que l’on réalise des campagnes d’information sur le don d’organe il ne serait pas vain de faire de même pour ces prélèvements biologiques ce qui permettrait d’éviter au malade-sujet de devenir malade-objet dans les mains d’une science devenue de ce fait désincarnée.

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