Mais pourquoi donc ?

Il est loin d’être anodin de se poser la question suivante : “Pourquoi les fausses nouvelles se propagent-elles plus rapidement que leurs contraires ” ? ( ‘News’ spreads faster and more widely when it’s false, https://www.nature.com/articles/d41586-018-02934-x?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=20180309). C’est le sujet de l’article sus cité, “…Une analyse récente des nouvelles sur Twitter a montré que les fausses informations peuvent toucher jusqu’à dix mille individus tandis que de vraies informations n’en toucheraient que mille. Par ailleurs cette étude montre également que la vitesse de propagation des premières est six fois plus rapide que celle des secondes“. Son auteur, Philip Ball y reprend un thème qui lui est cher, l’interaction individu/société, encore appelée effet de paire, pour lequel on peut adopter la définition utilisée dans le monde de l’éducation à savoir : pairs : agents avec lesquels un individu est en interaction. Il est question de cette interaction sociétale dans son livre intitulé “La masse critique: comment une chose mène à l’autre” où l’auteur interprète la société comme un matériau régi par les lois de la physique. Dans cette optique les individus peuvent être assimilés à des molécules/des atomes qui s’entrechoquent ce qui permet alors leur traitement selon des modèles statistiques. Cette façon d’envisager la société n’est pas à proprement parler nouvelle, puisque l’auteur convoque à charge et à décharge de cette théorie plusieurs penseurs dont les plus connus comme  Hobbes et Comte. En 2015, un article Information Is Contagious Among Social Connections parait dans Association for Psychological (https://www.psychologicalscience.org/news/releases/information-is-contagious-among-social-connections.html, et  https://actualite.housseniawriting.com/science/2015/11/16/linformation-est-contagieuse-parmi-les-connexions-sociales/10552/).Il en ressort bel et bien que l’on peut comparer la propagation des informations au sein des groupes sociaux à celle de la contagiosité qui caractérise le phénomène épidémique. Mais si l’on adhère à une telle hypothèse on ne peut que chercher à en identifier le(s) germe(s) responsables. Et si ce sont effectivement les sentiments de peur, de dégoût et de surprise qui sont à l’origine du succès des fausses nouvelles, on a toute raison d’être inquiet !

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