La vérité en question

Une fois encore (pour toujours ?) science et philosophie se questionnent l’une l’autre. Toutes deux sont en quête de vérité : la première s’appuie sur le sensible de l’observation, la seconde est réflexion. La première interroge sur les “choses”, la seconde sur le “pourquoi” des choses. La première prouve la fonction glycogénique du foie, la seconde se demande pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Mais, et là réside toute l’ambiguïté, la polysémie même de ce terme de vérité scientifique à savoir que la ” capacité d’une théorie à prédire des phénomènes non observés […..] n’est pas une preuve que cette théorie est vraie” (Opinion: The Uncomfortable Limits of Human Knowledge, https://www.the-scientist.com/reading-frames/the-uncomfortable-limits-of-human-knowledge-66725?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2019&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=81215731&_hsenc=p2ANqtz-_tMJqdKrKCVrZRGCO2D6E6SKWd1aMK3yDKzAWAUOK7g6StDI-1w3EKMAGFsD6Nsac6FSPLsm1ULB0F1-J7Rs6WbS-kXw&_hsmi=81215731 ). Donc, si la philosophie peut prétendre à la vérité, il n’en est pas de même pour la science pour laquelle non seulement le réel n’est pas nécessairement vérité mais encore la vérité ne peut être absolue. Dans ces conditions comment peut-on encore croire à la vérité dans les sciences ? Au fur et à mesure où progresse la science, progresse aussi l’idée selon laquelle on ne peut plus lui faire confiance en tout cas, une confiance qui serait aveugle. Pourquoi dans ces conditions n’apprendrait-on pas aux détracteurs et aux sceptiques qu’il existe des démarches critiques constructives comme celle de Karl Popper reposant sur le principe de réfutabilité. Le terme de vérisimilitude peut paraitre abscon, il correspond pourtant à l’expression latine veri similitudo, que l’on peut traduire par vraisemblance, proche de la vérité ce qui permet de relativiser le couple savoir/vérité. Avant lui, Poincaré avait également exploré cette question de la vraisemblance selon une approche différente. Pour lui, la vérité scientifique doit répondre au principe de commodité selon lequel la loi doit être exprimée dans sa forme la plus simple (unité et simplicité). Pour Karl Popper il s’agit plutôt de suivre un principe de réfutabilité. D’accord, pas d’accord ? Ce qu’il faut c’est savoir faire la part des choses : la vérité scientifique existe, elle est dynamique, expliquable et critiquable, tout le contraire de la foi !

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