Un jour vérité et mensonge se croisèrent. Le premier ayant émis quelques paroles justes, car vérifiables, à propos du temps et de la température de l’eau d’un puits, la seconde accepta de se baigner avec lui. Mais ce dernier sortant de l’eau avant elle, s’empara de ses vêtements. La vérité refusant de se couvrir des habits du mensonge, retourna dans le puits : « En réalité nous ne savons rien, car la vérité est au fond de l’abîme » (Démocrite, 460 av. J.-C, 370 av. J.-C). Le sujet est pleinement d’actualité quand aujourd’hui la désinformation, un des principaux vecteur du mensonge, parcourt l’univers à la vitesse V et l’accélération Γ. Quand la société Méta, mère de Facebook, annonce son intention de supprimer son programme de vérification, c’est à la question « Est-ce grave, Docteur ? » qu’essaie de répondre l’article Does fact-checking work? What the science says. Il semble bien qu’une vérification ait tendance à réduire les perceptions erronées, néanmoins les biais cognitifs n’en sont pas pour autant supprimés et ces précautions ne peuvent en aucun cas pénétrer la sphère des irréductibles. Une des raisons pour laquelle cette suppression pourrait intervenir repose sur la subjectivité supposée des vérificateurs. Or cette dernière ne disparaitrait pas si chaque texte était accompagné de remarques additionnelles provenant de différentes catégories de lecteurs ! Ce qui est d’autant plus vrai que par ailleurs cette quête d’une vérité de l’information se fracasse sur la dimension temporelle de sa saisie et de sa mise à disposition. D’où cette deuxième question « L’absence de solution doit-elle être un frein à la recherche de LA solution ? »
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Quand vérité et mensonge se croisent
dimanche, janvier 19th, 2025La vérité en question
samedi, janvier 4th, 2020
Une fois encore (pour toujours ?) science et philosophie se questionnent l’une l’autre. Toutes deux sont en quête de vérité : la première s’appuie sur le sensible de l’observation, la seconde est réflexion. La première interroge sur les « choses », la seconde sur le « pourquoi » des choses. La première prouve la fonction glycogénique du foie, la seconde se demande pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien. Mais, et là réside toute l’ambiguïté, la polysémie même de ce terme de vérité scientifique à savoir que la » capacité d’une théorie à prédire des phénomènes non observés […..] n’est pas une preuve que cette théorie est vraie » (Opinion: The Uncomfortable Limits of Human Knowledge, https://www.the-scientist.com/reading-frames/the-uncomfortable-limits-of-human-knowledge-66725?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2019&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=81215731&_hsenc=p2ANqtz-_tMJqdKrKCVrZRGCO2D6E6SKWd1aMK3yDKzAWAUOK7g6StDI-1w3EKMAGFsD6Nsac6FSPLsm1ULB0F1-J7Rs6WbS-kXw&_hsmi=81215731 ). Donc, si la philosophie peut prétendre à la vérité, il n’en est pas de même pour la science pour laquelle non seulement le réel n’est pas nécessairement vérité mais encore la vérité ne peut être absolue. Dans ces conditions comment peut-on encore croire à la vérité dans les sciences ? Au fur et à mesure où progresse la science, progresse aussi l’idée selon laquelle on ne peut plus lui faire confiance en tout cas, une confiance qui serait aveugle. Pourquoi dans ces conditions n’apprendrait-on pas aux détracteurs et aux sceptiques qu’il existe des démarches critiques constructives comme celle de Karl Popper reposant sur le principe de réfutabilité. Le terme de vérisimilitude peut paraitre abscon, il correspond pourtant à l’expression latine veri similitudo, que l’on peut traduire par vraisemblance, proche de la vérité ce qui permet de relativiser le couple savoir/vérité. Avant lui, Poincaré avait également exploré cette question de la vraisemblance selon une approche différente. Pour lui, la vérité scientifique doit répondre au principe de commodité selon lequel la loi doit être exprimée dans sa forme la plus simple (unité et simplicité). Pour Karl Popper il s’agit plutôt de suivre un principe de réfutabilité. D’accord, pas d’accord ? Ce qu’il faut c’est savoir faire la part des choses : la vérité scientifique existe, elle est dynamique, expliquable et critiquable, tout le contraire de la foi !
Philosophie et Science
mercredi, juin 6th, 2018
A l’aube des temps, philosophie et science ne se distinguent pas, mais survient une séparation de corps qui met en place philosophie et science puis une nombreuse famille présidée par une philosophie des sciences qui elle même donnera naissance à autant de membres qu’il est de domaines en science. Parce que l’homme a son temps, lui-même englué dans un temps qu’il ne maîtrise pas, il se dit de temps en temps qu’il est temps de faire le point. S’amarrer lui permet de se retrouver par la maîtrise de la réalité de son existence au sein d’un monde en perpétuelle évolution. Le grand mot est dit « réalité« , par excellence sujet philosophique s’il en fut. Ainsi la réalité peut être objet d’expérience, elle peut aussi être en soi et inaccessible et que devient-elle quand elle est qualifiée de virtuelle ou d’augmentée ? Serait-elle plus confortable si elle n’était que scientifique quand on sait qu’elle se transforme au grès des acquisitions. Peut-être justement le terme de transformation n’est-il pas le bon et il serait plus approprié de parler d’un processus d’incrémentation qui lui permet de viser la complétude. Quoiqu’il en soit, l’époque est sujette à ce type de réflexion quand de multiples perspectives scientifiques semblent ne pouvoir que venir se fracasser sur la recherche de la vérité (Michela Massimi: Scientific evidence and a plurality of perspectives, https://www.youtube.com/watch?v=aSUzhwPM8Fs). C’est ce dont traite l »article de Michela Massimi, professeur de philosophie à l’Université d’Edinbourg, Questioning Truth, Reality and the Role of Science (https://www.quantamagazine.org/questioning-truth-reality-and-the-role-of-science-20180524/). L’on y comprend combien il est impératif de continuer à faire cheminer de concert une science dynamique qui n’est déjà plus univoque et une recherche de la vérité-réalité qui le reste. C’est ce qui était pratiqué jusqu’au début du XX° siècle et qui doit être continué malgré les difficultés comme par exemple celle de traduire ce nouveau concept de « perspectival realism » dont parle l’auteur(e)
Pas si « triste » que ça !
mercredi, août 31st, 2016
Comment une erreur d’interprétation peut-elle se produire ? Lorsque le socle sur lequel elle s’appuie est trop étroit pour lui fournir suffisamment d’éléments de soutien, démontrant une fois encore que toute vérité est relative, fonction en grande partie de l’époque à laquelle elle voit le jour. Il existe néanmoins un côté positif à cette relativité : l’ouverture qui permet ultérieurement une incrémentation constructive. Ainsi en est-il (par exemple) des connaissances concernant l’Homo neanderthalensis (The Neanderthal in the Mirror, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46672/title/The-Neanderthal-in-the-Mirror/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=33231574&_hsenc=p2ANqtz-8OZBpLwhVCYq97ZW5sQmMULbFdJS7nN1gArZC0-VQ1vGcr5cE70sQ5SFmGH6AdaNlHpokcQrlW092NusMDywF4RF9o5Q&_hsmi=33231574). A l’époque, non pas du paléolithique moyen, mais de Marcellin Boule, la paléontologie en est encore à ses balbutiements, puisque ce dernier participe à la fondation de l’Institut de Paléontologie (1910, Albert I, prince souverain de Monaco, membre associé de l’Institut de France). C’est donc à lui, il y a encore peu de représentants éclairés dans ce domaine, qu’est confiée l’étude d’un squelette retrouvé par les trois frères Bouyssonie et l’abbé Bardon à La Chapelle aux Saints en 1908. A cette époque on sait peu de choses de ces hommes préhistoriques, mais le squelette découvert presque entier et enseveli d’une façon particulière pouvait déjà indiquer un certain degré de socialisation. Malgré cette certitude quant à ses capacités, Boule en a fait, pour la postérité, un individu frustre et attardé et ce n’est que plus tard que l’on parlera d’art moustérien ! Il est certain que Boule a été influencé par les idées de son époque sur l’évolution et que les techniques à sa disposition étaient encore rudimentaires. L’évolution (selon Darwin principalement) n’invitait pas à penser qu’un homme différent de l’homme actuel ait pu exister pour disparaître. Ainsi l’homme de Neandertal restera-t-il pour longtemps un être plus proche du grand singe que de l’homme moderne, erreur on ne peut plus funeste aux yeux d’aujourd’hui !
