Si les mains pariétales figurent probablement la première preuve que l’oralité évoluait vers une scripturalité encore élémentaire, ce n’est que beaucoup plus tard que surviennent les preuves d’une écriture qui néanmoins ne remplacera jamais l’oralité. Une grande question est de savoir précisément quand le passage s’est fait entre les deux modes d’expression de l’homme et il est plus que vraisemblable que jamais une date précise ne pourra en être donnée. Mais une question tout aussi intéressante et débattue est de savoir quand apparut la parole chez l’homme. On imagine que la bipédie joua un rôle non négligeable dans la verticalisation de l’appareil phonatoire. Aujourd’hui on met en avant l’existence possible d’un stade antérieur à savoir celui de vocalisation (Novel vocalizations are understood across cultures, https://www.nature.com/articles/s41598-021-89445-4). Ce dont il est question dans l’article When life got loud se situe bien antérieurement lorsque le monde terrestre passa du muet à la sonorisation alors qu’il n’avait pas connu le passage du noir et blanc à la colorisation ! Il a approximativement fallu trois milliards d’années pour que des bruits se fassent entendre au sein de l’élément liquide et encore deux cent millions d’années pour que le bruit devienne terrestre. Ce qui est indispensable pour affirmer que bruit il y avait, c’est retrouver des organes fossiles de production sonore, ce qui ne doit pas être simple quand on travaille sur la cigale ! Si le larynx des vertébrés terrestres date de trois cent millions d’années, il a fallu encore des millions d’années pour que les bruits deviennent des sons ayant une signification pour les individus de même espèce ce qui signifie que pour communiquer des informations utiles leur a fallu savoir attendre ! Quoiqu’il en soit, les prochains spectateurs de la saga Jurassic Park devront être avertis qu’il n’y a pas de reconstitution parfaite tandis que Steven Spielberg devra retravailler avec son bruiteur !
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