Posts Tagged ‘paléontologie’

Tout le monde parle, c’est une évidence

lundi, janvier 17th, 2022
La pollution par le bruit sur la terre Photo Stock - Alamy

Si les mains pariétales figurent probablement la première preuve que l’oralité évoluait vers une scripturalité encore élémentaire, ce n’est que beaucoup plus tard que surviennent les preuves d’une écriture qui néanmoins ne remplacera jamais l’oralité. Une grande question est de savoir précisément quand le passage s’est fait entre les deux modes d’expression de l’homme et il est plus que vraisemblable que jamais une date précise ne pourra en être donnée. Mais une question tout aussi intéressante et débattue est de savoir quand apparut la parole chez l’homme. On imagine que la bipédie joua un rôle non négligeable dans la verticalisation de l’appareil phonatoire. Aujourd’hui on met en avant l’existence possible d’un stade antérieur à savoir celui de vocalisation (Novel vocalizations are understood across cultures, https://www.nature.com/articles/s41598-021-89445-4). Ce dont il est question dans l’article When life got loud se situe bien antérieurement lorsque le monde terrestre passa du muet à la sonorisation alors qu’il n’avait pas connu le passage du noir et blanc à la colorisation ! Il a approximativement fallu trois milliards d’années pour que des bruits se fassent entendre au sein de l’élément liquide et encore deux cent millions d’années pour que le bruit devienne terrestre. Ce qui est indispensable pour affirmer que bruit il y avait, c’est retrouver des organes fossiles de production sonore, ce qui ne doit pas être simple quand on travaille sur la cigale ! Si le larynx des vertébrés terrestres date de trois cent millions d’années, il a fallu encore des millions d’années pour que les bruits deviennent des sons ayant une signification pour les individus de même espèce ce qui signifie que pour communiquer des informations utiles leur a fallu savoir attendre ! Quoiqu’il en soit, les prochains spectateurs de la saga Jurassic Park devront être avertis qu’il n’y a pas de reconstitution parfaite tandis que Steven Spielberg devra retravailler avec son bruiteur !

Mon beau sapin …

jeudi, novembre 9th, 2017

A l’heure où il est de bon ton d’investir son avenir physique aussi bien que mental dans le végétal, lui-même décrit comme une communauté bienveillante, pourquoi ne pas s’intéresser à son passé, et découvrir la paléobotanique ! Le végétal est apparu sous forme d’algues il y a probablement 1, 2 milliard d’années ce qui offre à l’humanité une réelle jeunesse. Pour en arriver aux belles futaies (par exemple) d’aujourd’hui, les transformations n’ont pas manqué. C’est ce dont traite l’article Unique growth strategy in the Earth’s first trees revealed in silicified fossil trunks from Chinadeux (http://www.pnas.org/content/114/45/12009.abstract) commenté dans, The Weird Growth Strategy of Earth’s First Trees (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/50711/title/The-Weird-Growth-Strategy-of-Earth-s-First-Trees/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=57728403&_hsenc=p2ANqtz-_9ZHssV6hRwg1EwKUeCi9eb_bBTJYIAjPRRiNdksbI0U5slGiiWh4C_3_7ZV6P8rOvF0keLRb-7JZf3EV-sWtX-M9dmQ&_hsmi=57728403) et Primordial Fossils of Earth’s 1st Trees Reveal Their Bizarre Structure (https://www.livescience.com/60746-earth-oldest-trees-had-complex-structure.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20171024-ls). De meilleures conditions de conservation ont ainsi permis d’améliorer les connaissances portant sur un arbre de la famille des cladoxylopsides, plus anciens que les dinosaures ! Pourquoi s’intéresser aux cladoxylopsides et plus particulièrement au xinicaulis lignescens (nouvelle tige devenant ligneuse) parce qu’il s’agit d’un exemple d’une évolution simplificatrice comme le démontre l’étude anatomique des structures arborescentes. Mais une évolution simplificatrice peut aussi cacher un parcours évolutif complexe ce qui permet aux auteurs d’ouvrir la discussion dans deux directions : l’arbre et le carbone dans la nature mais peut-être aussi pour commencer, pourquoi le monde végétal a-t-il accouché de l’arbre ?

What else !

dimanche, juin 14th, 2015

6218_250x150Nouveauté : qualité de ce qui est nouveau (Littré, Dictionnaire de la langue française, Tome 5, p 828, Gallimard/Hachette, 1968), Nouveau : ce qui est ou apparaît pour la première fois (Idem, p 825) ! Ainsi existe-t-il deux domaines de nouveautés inscrites l’une dans le passé, l’autre dans le présent. En ce qui concerne le passé, on mettra de nouveau à l’affiche les sauropsides, parmi lesquels celui que l’on pourrait appeler le “hellboy” des dinosaures (référence au héros de Guillermo del Toro)  Spiky-Headed Dino Discovered (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/43191/title/Spiky-Headed-Dino-Discovered/), probablement peu de temps avant leur disparition lors de la crise du crétacé-tertiaire, il y a soixante millions d’années. En accord avec la sortie  de Jurassic World, ce sont éléments figurés du sang et fibres collagènes qui ont pu être recueillis et étudiés à partir d’os fossilisés d’autres dinosaures, mais contemporains des précédents,  Soft Tissue Detected in Millennia-Old Dino Bones et Dinosaur blood cells extracted from 75-million-year-old fossil (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/43204/title/Soft-Tissue-Detected-in-Millennia-Old-Dino-Bones/) (http://www.newscientist.com/article/dn27687?cmpid=NLC|NSNS|2015-1106-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS#.VX1p0V0VhYc). Pour le présent, un poisson très mal connu, mais dont un représentant s’était échoué, il y a déjà deux courtes années sur les plages de Californie (Oarfish’s misfortune is scientists’ boon, http://www.nature.com/news/oarfish-s-misfortune-is-scientists-boon-1.14040) mais qui reste d’actualité parce qu’énigmatique,  Image of the Day: Stranded Oarfish (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/43190/title/Image-of-the-Day–Stranded-Oarfish/). Cet animal, dit poisson ruban, appartient à la famille des Regalecidés. L’habitat de ce poisson pélagique peut atteindre mille mètres de profondeurd’où quelques difficultés d’observation. Il est amusant de relever que c’est un robot qui a pu filmer celui  qui serait à l’origine du mythe du serpent de mer. Encore des exemples (parmi tant d’autres) qui confirment, s’il en était besoin, que le passé reste obscur, et que le présent n’est pas si présent que cela !