Mnémosyne

Son origine n’est pas parfaitement claire. Selon Hésiode, elle était fille de Gaïa et d’Ouranos, mais selon Hygin (moins connu que le précédent !) elle était fille de Zeus et de Clymène. Quoiqu’il en soit, cette déesse qui aurait inventé les mots et le langage, soit l’oralité mais aussi l’écriture, donna son nom à la mémoire. Aimée de Zeus, elle lui donna neuf filles, les muses, reconnaissables à leurs différents attributs, couvrant l’ensemble des capacités artistiques humaines. Il existait donc chez les anciens une filiation entre la mémoire et ce dont l’homme était capable par l’entremise de son corps et de son esprit. C’est ce à quoi fait penser l’article Youthifying ‘mirror’ brings back memories, qui met en lumière le lien entre la mémoire et le corps, sujet peut-être pas si nouveau ! Était déjà connu le miroir répondant de façon approprié à son propriétaire, aujourd’hui avoir accès à son physique mais chronologiquement antérieur replonge l’individu concerné dans ses souvenirs en les « améliorant » ? Se voyant rajeuni le spectateur réinvestit ses souvenirs en les enrichissant grâce à son corps « revivifié ». Ainsi le « soi corporel » des neuroscientifiques prend-il pied dans la réalité. L’expérience est belle, reste à savoir si les souvenirs enrichis appartiennent bien à ce passé et ne sont en aucun cas des fictions créées dans ce présent !

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