Son origine n’est pas parfaitement claire. Selon Hésiode, elle était fille de Gaïa et d’Ouranos, mais selon Hygin (moins connu que le précédent !) elle était fille de Zeus et de Clymène. Quoiqu’il en soit, cette déesse qui aurait inventé les mots et le langage, soit l’oralité mais aussi l’écriture, donna son nom à la mémoire. Aimée de Zeus, elle lui donna neuf filles, les muses, reconnaissables à leurs différents attributs, couvrant l’ensemble des capacités artistiques humaines. Il existait donc chez les anciens une filiation entre la mémoire et ce dont l’homme était capable par l’entremise de son corps et de son esprit. C’est ce à quoi fait penser l’article Youthifying ‘mirror’ brings back memories, qui met en lumière le lien entre la mémoire et le corps, sujet peut-être pas si nouveau ! Était déjà connu le miroir répondant de façon approprié à son propriétaire, aujourd’hui avoir accès à son physique mais chronologiquement antérieur replonge l’individu concerné dans ses souvenirs en les « améliorant » ? Se voyant rajeuni le spectateur réinvestit ses souvenirs en les enrichissant grâce à son corps « revivifié ». Ainsi le « soi corporel » des neuroscientifiques prend-il pied dans la réalité. L’expérience est belle, reste à savoir si les souvenirs enrichis appartiennent bien à ce passé et ne sont en aucun cas des fictions créées dans ce présent !
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Mnémosyne
mardi, avril 21st, 2026Maitre Yoda
lundi, août 28th, 2017
Définir les canons de la beauté appliqués au corps relève de l’impossible voire de l’absurde. C’est la raison pour laquelle, au fil des siècles, les représentations différent et ne font que rarement l’unanimité à l’exception peut-être des sculptures grecques dont témoignent des copies à l’infini. Lorsque les corps sont équilibrés, la nudité devient naturelle et c’est cet équilibre même qui s’inscrit dans celui du cosmos dont l’harmonie est objet de quête. Aujourd’hui il se pourrait que le corps soit différemment perçu, ce dont témoigne la publicité qui en a fait un objet, une chose puisque son appartenance est revendiquée haut et clair par l’individu. Il s’est ainsi créé un schisme entre propriétaire/individu et propriété/corps, rappelant pour l’exposer le sujet et son objet. L’apogée est atteinte avec un corps devenu art plastic dédié au féminisme selon ORLAN. Sans aller aussi loin, il existe bel et bien une demande pour une musculation réussie et ce d’autant plus que les exercices pour y parvenir sont également réputés pour leur implication dans une vie meilleure. Heureusement il va devenir possible de passer d’un certain charlatanisme, à tout le moins amateurisme de type électrostimulation, à une solution scientifique, rendant toute discussion inutile (Exercise in a Pill? Scientists Move One Step Closer, https://www.livescience.com/60218-exercise-blood-flow-compound.html). Même si l’étude ne porte encore que sur la souris, elle ouvre d’intéressantes perspectives chez l’homme d’autant que l’une des deux protéines incriminée, la protéine Piezo1 (http://www.agence-nationale-recherche.fr/?Projet=ANR-11-BSV1-0002), a bien été retrouvée chez l’homme. Et pour confirmer que les scientifiques ne manquent ni d’humour ni de culture, il n’est pas inutile de rappeler que c’est Yoda 1 qui activerait Piezo 1 (Chemical activation of the mechanotransduction channel Piezo1!https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4456433/)
