Comment ne pas perdre son temps !

Ethique-et-consumérisme-3S’il est un sujet qui occupe, dans ce monde grands et petits, c’est bien celui de la préservation de la biodiversité. Pourtant le peu de résultats obtenus depuis qu’il en est question prouve à l’évidence que toutes les raisons invoquées ne sont pas suffisantes pour entrainer l’adhésion de la communauté des nations. A moins que ces raisons ne se répartissent en fait en deux groupes qui s’opposent sans trouver de terrain d’entente ce qui fait que l’on ne porte pas le débat sur la place publique ! Sans que l’on en ait vraiment parlé, il vient naturellement à l’esprit que la nature ne pourra se réapproprier sa qualité première, la biodiversité, que par la remédiation humaine et c’est alors que l’on se trouve face à l’éthique environnementale, terme apparu dans les années soixante dix. Il s’agit d’un questionnement concernant la morale et son domaine d’implication, soit exclusivement restreint à homme ou tenant compte plus largement du monde naturel. C’est une question ancienne et sans remonter jusqu’aux philosophes grecs, la maitrise cartésienne de la nature en est une forme d’expression. On retrouve un débat plus proche : c’est celui qui a opposé Heidegger et Jonas. Chez les deux philosophes, c’est la technique qui en occupe le centre. Pour le premier l’arraisonnement de  la nature passe par la technique de telle sorte que la seconde somme la première de fournir à l’homme ce dont il a besoin. Pour le second, la technique est destructrice : pour y pallier l’homme n’a d’autre possibilité que de recourir à une technique plus performante. Le principe de précaution est là pour mettre un terme à cette escalade infernale. Il n’est pas impossible que ces deux attitudes soient le résultat des deux positions suivantes.  D’un côté, la conservation de la nature est un impératif moral (impératif kantien) et tout discours de monétisation la chosifie , de l’autre, la conservation de la nature ne peut entrer en conflit ave le progrès humain qui tire sa valeur de ce que l’homme a construit. Peut-on les  réconcilier ? C’est le sujet de l’article Reasons to Conserve Nature (http://www.cell.com/trends/ecology-evolution/fulltext/S0169-5347(16)00050-1) : montrer qu’il n’est pas antinomique de réconcilier utilité et valeur intrinsèque à condition de définir des espaces et des niveaux d’organisation biologique. Bien sûr, on peut se poser la question ” pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué”, mais on doit aussi se demander “comment savoir sans essayer”. Mais un tel choix implique de savoir prendre son temps et d’aucuns diront que l’on n’a plus le temps !

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