Posts Tagged ‘biodiversité’

Espèce, vous avez dit espèce ?

dimanche, juillet 7th, 2024

Parce que le terme de spécisme est aujourd’hui employé dans mille et une occasions, il peut être bon de revenir sur le concept d’espèce. Le dictionnaire de l’Académie Française définit l’espèce comme : “Unité de classification groupant les êtres vivants qui ont les mêmes caractères morphologiques, histologiques, cytologiques, sont féconds entre eux et présentent des comportements communs.” Ce que l’on exprime également de la façon suivante par :ensemble des individus au génotype (l’ensemble des gènes) et phénotype (l’expression des gènes) suffisamment semblables pour pouvoir se reproduire entre eux et avoir une descendance viable et féconde dans un milieu naturel.“. Le concept biologique premier repose sur l’isolement reproductif auquel s’ajoute celui de viabilité du produit de la conception. Lorsque surgit l’antispécisme philosophique et moral dans les années 1970, il n’était question que de la vision et du traitement que l’homme se devait de porter sur le règne animal et ses individus. Mais aujourd’hui c’est la définition même d’espèce qui agite le milieu des scientifiques animaliers :What defines a species? Inside the fierce debate that’s rocking biology to its core. Il semble bien qu’il faille reprendre le ménage qu’avait fait Carl von Linné à partir de ses études sur les plantes dès 1732. Les classifications encore en honneur ne sont pas exemptes d’exceptions et de nombreuses hybridations existent de par le monde. Si l’on peut se poser la question du bien fondé d’une classification rigoureuse, car son absence n’interdit pas les études, il n’en reste pas moins vrai qu’elle est nécessaire à la théorie de l’évolution et a sa part dans le dénombrement et la protection des espèces en voie de disparition. Les outils actuels d’études rendent en fait plus difficile une définition univoque : l’amélioration technique n’est pas synonyme de simplification. Il faut savoir ne pas parler impunément de biodiversité !

Un inventaire à la Prévert

mardi, janvier 2nd, 2018

Qu’est-ce qu’un inventaire à la Prévert ? Des Paroles qui ne sont pas en l’air mais pas que ça. C’est aussi ce qui vient à l’esprit à la lecture de l’article The New Species of 2017 (https://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/51171/title/The-New-Species-of-2017/&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=59712187&_hsenc=p2ANqtz-_YAic7kvCiCKLLYjsJfsCQ4FZ88lT_NXtesfWB5vCvkz4IRQhq7wlVjlfT8zAdTS_NIZZgxQO2Zp9Dlwd-0MIdW-xx7A&_hsmi=59712187) qui vient clore l’année 2017. Et c’est aussi, même sans effet de style, un sujet d’émerveillement. Mirabile visu auraient dit les anciens ; la nature n’est-elle pas le plus grand sujet d’étonnement ! Les amphibiens explosent avec deux nouvelles espèces de crapaud et sept nouvelles espèces de grenouilles. Le monde des océans offre non seulement des crevettes  qui “chantent” mais aussi un groupe entièrement nouveau d’éponges. Mais il ne faudrait pas ignorer papillon de nuit et araignée pas plus que le rat le plus grand du monde avec ses quarante cinq cms  et son cousin le rat taupe. Quant au végétal, il existe des espèces qui se dispensent, comme d’autres, de photosynthèse mais qui contrairement à ces dernières peuvent sortir de terre pour fleurir. Et pour bien prouver que la taxinomie n’est pas un domaine dépourvu d’humour, le groupe Pink Floyd, Donald Trump et Bernie Sanders auront donné, sans le savoir (?) leur patronyme et passeront de ce fait et  quoiqu’il advienne, à la postérité. Ces “découvertes” ne remplacent pas les espèces disparues, comme on dit de futurs métiers qu’ils remplaceront les destructions actuelles, mais la biodiversité est peut-être infinie !

Comment ne pas perdre son temps !

dimanche, mars 13th, 2016

Ethique-et-consumérisme-3S’il est un sujet qui occupe, dans ce monde grands et petits, c’est bien celui de la préservation de la biodiversité. Pourtant le peu de résultats obtenus depuis qu’il en est question prouve à l’évidence que toutes les raisons invoquées ne sont pas suffisantes pour entrainer l’adhésion de la communauté des nations. A moins que ces raisons ne se répartissent en fait en deux groupes qui s’opposent sans trouver de terrain d’entente ce qui fait que l’on ne porte pas le débat sur la place publique ! Sans que l’on en ait vraiment parlé, il vient naturellement à l’esprit que la nature ne pourra se réapproprier sa qualité première, la biodiversité, que par la remédiation humaine et c’est alors que l’on se trouve face à l’éthique environnementale, terme apparu dans les années soixante dix. Il s’agit d’un questionnement concernant la morale et son domaine d’implication, soit exclusivement restreint à homme ou tenant compte plus largement du monde naturel. C’est une question ancienne et sans remonter jusqu’aux philosophes grecs, la maitrise cartésienne de la nature en est une forme d’expression. On retrouve un débat plus proche : c’est celui qui a opposé Heidegger et Jonas. Chez les deux philosophes, c’est la technique qui en occupe le centre. Pour le premier l’arraisonnement de  la nature passe par la technique de telle sorte que la seconde somme la première de fournir à l’homme ce dont il a besoin. Pour le second, la technique est destructrice : pour y pallier l’homme n’a d’autre possibilité que de recourir à une technique plus performante. Le principe de précaution est là pour mettre un terme à cette escalade infernale. Il n’est pas impossible que ces deux attitudes soient le résultat des deux positions suivantes.  D’un côté, la conservation de la nature est un impératif moral (impératif kantien) et tout discours de monétisation la chosifie , de l’autre, la conservation de la nature ne peut entrer en conflit ave le progrès humain qui tire sa valeur de ce que l’homme a construit. Peut-on les  réconcilier ? C’est le sujet de l’article Reasons to Conserve Nature (http://www.cell.com/trends/ecology-evolution/fulltext/S0169-5347(16)00050-1) : montrer qu’il n’est pas antinomique de réconcilier utilité et valeur intrinsèque à condition de définir des espaces et des niveaux d’organisation biologique. Bien sûr, on peut se poser la question ” pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué”, mais on doit aussi se demander “comment savoir sans essayer”. Mais un tel choix implique de savoir prendre son temps et d’aucuns diront que l’on n’a plus le temps !

Parler pour ne rien dire

mercredi, février 27th, 2013

Qui se souvient de l’expérience menée en 1990 destinée à étudier la vie dans un univers clos recréé par tout un ensemble de scientifiques compétents dans le domaine de la biodiversité. Au bout de deux ans, “le combat cessa faute de combattants” alorsque l’expérience devait se poursuivre sinon indéfiniment tout au moins un temps imaginé comme devant être largement supérieur à cette durée !  Il est impératif de prendre le temps de s’arêter sur  la question que pose l’article “Opinion: Biodiversity Impacts Humanity” (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/34448/title/Opinion–Biodiversity-Impacts-Humanity/). Nombreux sont ceux qui donnent un avis éclairé à propos de l’ impact de l’homme sur la biodiversité, ce qu’il faut faire et bien sûr ce qu’il ne faut absolument pas faire. Mais le problème majeur c’est que l’homme ne sait pas ce qu’est “exactement” la biodiversité ” ! Dans ces conditions ne serait-il pas plus avisé de continuer d’étudier l’environnement dans lequel le règne animal aussi bien que le règne végétal cohabitent, de prendre en compte leurs modifications et la rapidité avec laquelle elles apparaissent, en s’abstenant d’assener des directives définitives que les non initiés ont interdiction de commenter !

Nos amis les bêtes !

jeudi, décembre 20th, 2012

Enfin, une bonne nouvelle pour nos amis les bêtes ! L’animal comme machine-test pour l’homme est en train d’acquérir son véritable statut  d’être vivant. En effet son ancien bourreau se penche sur son passé, s’interroge sur son avenir, participe à la description de la biodiversité. Que les défenseurs des animaux soient enfin rassurés, les techniques biologiques parmi les plus récentes, ne leur sont plus interdites. C’est ce dont traite l’article  “2012’s Noteworthy Species” (http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/33704/title/2012-s-Noteworthy-Species/). Ainsi si les noms de l’Euryplatea nanaknihali, Copper-striped blue-tailed skink, Brookesia micra, Nycticebus kayan, Cercopithecus lomamiensisa, Pinta Island tortoises, l’Addis Ababa lion sont aujourd’hui peu évocateurs et  s’il est peu probable que l’un d’entre eux devienne facilement l’objet de notre attention, ils viennent enfin de trouver la place qui leur revient puisqu’ils existent. Alors s’il est possible que persistent quelques individus du genre des tortues de l’île Pinta tel Lonesome George, qui âgé plus de 100 ans vient de mourir, pourquoi ne pas croire , contre toute raison,  que Le Dronte de Maurice (Raphus cucullatus), plus connu sous le nom de “dodo”  se cache à l’abri de tous !