Il n’y a plus d’après à Saint Germain des Prés c’est la nostalgie heureuse, un souvenir sans regrets d’un temps qui s’est figé mais qui ne perdra jamais de son charme, et que l’on revisitera avec plaisir car il n’aura rien perdu de son attrait. Immuable, intemporel parce qu’imaginé, le temps n’a pas de prise sur une oeuvre de l’esprit ce qui est loin d’être le cas lorsqu’il ‘agit d’un matériau participant de la « vraie vie ». Alors que va-t-il en être de tous ces témoignages d’un en de ça de l’humanité que l’on ne cesse de mettre à jour pour le plus grand bonheur des habitants de ce monde ? L’homme pourra-t-il survivre à la destruction de ses racines, des racines qu’il a eu besoin de très tôt imaginer pour pouvoir s’installer avec plus de confort dans un monde inconnu. Si l’idée d’une échelle des temps climatologiques existe depuis le XVIIème siècle, une nouvelle approche qui fait intervenir un « anthropocène », vient bousculer l’ensemble précédent. Il est certain que l’activité humaine a introduit depuis des millions d’années un facteur supplémentaire et évitable qui accélère des modifications, elles, inévitables. C’est une réalité devenue incontestable : les anomalies climatiques sont devenues normales et peu d’entre elles étant totalement prévisibles, très peu d’entre elles sont totalement évitables (A changing climate threatens our heritage). Ainsi a-t-on créé ce paradoxe d’une humanité tout autant créatrice que destructrice, tel le Moloch sacrifiant ses enfants ! Ainsi celui qui vivait de la mer, mourra t-il de la mer. Par ailleurs que deviendra la correspondance entre ses sites ancestraux et les textes aux quels ils appartiennent ? Un exemple de ce qui a déjà été fait concerne le site d’Abou Simbel : pour le préserver d’une disparition par la construction du haut barrage d’Assouan sur le Nil, il a été déplacé et reconstruit à distance. La réussite tient à l’efficacité de la communauté internationale qui permet que sa visite ne se fasse pas par le biais de la réalité virtuelle qui ne serait plus alors qu’un dernier recours !
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Le futur du passé
jeudi, juin 25th, 2026Comment ne pas perdre son temps !
dimanche, mars 13th, 2016
S’il est un sujet qui occupe, dans ce monde grands et petits, c’est bien celui de la préservation de la biodiversité. Pourtant le peu de résultats obtenus depuis qu’il en est question prouve à l’évidence que toutes les raisons invoquées ne sont pas suffisantes pour entrainer l’adhésion de la communauté des nations. A moins que ces raisons ne se répartissent en fait en deux groupes qui s’opposent sans trouver de terrain d’entente ce qui fait que l’on ne porte pas le débat sur la place publique ! Sans que l’on en ait vraiment parlé, il vient naturellement à l’esprit que la nature ne pourra se réapproprier sa qualité première, la biodiversité, que par la remédiation humaine et c’est alors que l’on se trouve face à l’éthique environnementale, terme apparu dans les années soixante dix. Il s’agit d’un questionnement concernant la morale et son domaine d’implication, soit exclusivement restreint à homme ou tenant compte plus largement du monde naturel. C’est une question ancienne et sans remonter jusqu’aux philosophes grecs, la maitrise cartésienne de la nature en est une forme d’expression. On retrouve un débat plus proche : c’est celui qui a opposé Heidegger et Jonas. Chez les deux philosophes, c’est la technique qui en occupe le centre. Pour le premier l’arraisonnement de la nature passe par la technique de telle sorte que la seconde somme la première de fournir à l’homme ce dont il a besoin. Pour le second, la technique est destructrice : pour y pallier l’homme n’a d’autre possibilité que de recourir à une technique plus performante. Le principe de précaution est là pour mettre un terme à cette escalade infernale. Il n’est pas impossible que ces deux attitudes soient le résultat des deux positions suivantes. D’un côté, la conservation de la nature est un impératif moral (impératif kantien) et tout discours de monétisation la chosifie , de l’autre, la conservation de la nature ne peut entrer en conflit ave le progrès humain qui tire sa valeur de ce que l’homme a construit. Peut-on les réconcilier ? C’est le sujet de l’article Reasons to Conserve Nature (http://www.cell.com/trends/ecology-evolution/fulltext/S0169-5347(16)00050-1) : montrer qu’il n’est pas antinomique de réconcilier utilité et valeur intrinsèque à condition de définir des espaces et des niveaux d’organisation biologique. Bien sûr, on peut se poser la question » pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué », mais on doit aussi se demander « comment savoir sans essayer ». Mais un tel choix implique de savoir prendre son temps et d’aucuns diront que l’on n’a plus le temps !
