Archive for juillet, 2013

Vrai mythe et fausse croyance

mardi, juillet 9th, 2013

Le mythe comme croyance fausse et non comme explication symbolique adressée à la société, c’est le choix de l’article du DR William Karresh et de Catherine M. Machalaba (7 Common Myths About Pandemics and New Diseases,
http://www.huffingtonpost.com/dr-william-karesh/pandemics-common-myths_b_3498381.html
). A moins que la traduction de myth ne soit pas mythe ce choix est contestable quand on découvre que l’article fait référence à des idées générales  portées par tous et portant sur tout. Qu’il existe des idées fausses ne caractérise pas l’époque actuelle, pas plus que les sujets de ces idées fausses, la médecine par ses maux ayant toujours été source de colportages de propos. Par contre, la question que l’on est en droit de se poser est la suivante : pourquoi existe-t-il toujours des idées fausses à propos des sujets médicaux ? Peut-être parce que malgré sa scientifisation la médecine est restée dans l’imaginaire un art comme du temps d’Esculape qui tenait son savoir d’Apollon lui-même. Parce que la recherche d’un responsable n’a pas cessé même si les dieux ne sont plus invoqués. Parce que les résultats dans certains domaines ne sont pas à la hauteur des espoirs que l’on met en eux même s’ils n’engagent que ceux qui y croient. Parce que l’on a là l’équivalent du bouche à oreille dont la caractéristique essentielle est l’altération de l’information, sujet oh combien sensible aujourd’hui !

Gazouiller il en restera toujours quelque chose !

mardi, juillet 9th, 2013

On pense souvent que tant qu’à être jugé, il n’y a pas mieux que de l’être par ses pairs. Pourtant ces juges sont-ils parfaitement impartiaux, il est arrivé à chacun de se poser la question. Il y aurait-il une solution ? En 2005, J E Hirsch établit un indice h capable d’apporter la solution !  (An indice to quatify an individual’s scientific research output,  http://www.pnas.org/content/102/46/16569.full.pdf). Aujourd’hui il semble bon, voire indispensable d’y ajouter ce gazouillage qui participe de la vie de (presque) tous, il s’agit bien sûr de cette pratique mondiale qu’est le tweet.  Aux dires de l’auteur (Opinion: Tweeting to the Top, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/36274/title/Opinion–Tweeting-to-the-Top/), il n’y aurait rien de mieux que de tweeter puisque c’est le meilleur moyen d’atteindre n’importe où n’importe qui n’importe quand. Dans cette pêche à la ligne de l’information, ce serait bien le diable de ne pas intéresser des scientifiques de haut niveau, des journalistes compétents, des particuliers aptes à comprendre. Une information délivrée en temps réel se heurterait à l’information suivante délivrée elle aussi en temps réel et ainsi de suite de telle sorte que le risque de bouchons sur les voies de l’information n’est pas à négliger ! Comme par ailleurs il surviendrait des démentis, des mises au point, des précisions, ce n’est plus à des bouchons que l’on assisterait mais à des carambolages. La société n’est pas prête à comprendre que la science se fait à grands pas avant et petits pas arrière. La première des informations à apporter est donc l’apprentissage du questionnement, l’apprentissage de la relativisation, l’apprentissage de la réflexion. Osons mettre le tweet scientifique en attente !

Le douloureux cas des cellules Hela

samedi, juillet 6th, 2013

S’il existe dans la trop courte histoire de la bioéthique un exemple parfait du non respect de l’individu, c’est bien le cas des cellules HeLa. Morte en 1951, Henrietta Lacks avait offert à la médecine, un lot de « cellules immortelles » que la dite médecine s’était empressée de manipuler. Aujourd’hui le séquençage signe l’aboutissement de ce processus engagé il y a plus de 60 ans, et il est enfin juste qu’il soit matière à question puisque Henrietta Lacks n’avait jamais été avertie de ce « don » fait à son insu de son plein gré. Si cette formule devenue célèbre a pu faire sourire, ce n’est pas ce qui vient à l’idée quand on pense à ce qu’a généré l’utilisation de cette lignée cellulaire. Pourtant on doit séparer les acquis uniquement pécuniaires des acquis scientifiques. Si de nombreux brevets générateurs de revenus ont vu le jour, les cultures cellulaires par leur immortalité ont autorisées des recherches dans des domaines aussi nombreux que variées, comme celui des vaccins, du SIDA, de la radio toxicité …. Mais ce qui fait tâche enfin, c’est que la manipulation de ces cellules en a effacé l’origine. En effet, le prélèvement cellulaire ne pouvait pas être considéré comme un don puisque il avait été effectué sans l’accord du malade. Aujourd’hui une nouvelle question se pose du fait de la mise en place de ce que l’on appelle les bio-banques qui conservent tout type de prélèvement biologique sans que l’on sache nécessairement si elles seront utilisées pour le bien du malade prélevé ou pour  le bien futur de tous (Debating Bioethics Openly, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/36098/title/Debating-Bioethics-Openly/). Alors que les premiers prélèvements réalisés l’ont été sans l’accord du malade, celui ci est maintenant informé et peut s’opposer à leur utilisation. De même que l’on réalise des campagnes d’information sur le don d’organe il ne serait pas vain de faire de même pour ces prélèvements biologiques ce qui permettrait d’éviter au malade-sujet de devenir malade-objet dans les mains d’une science devenue de ce fait désincarnée.

L’union fera toujours la force !

mercredi, juillet 3rd, 2013

Qui n’a pas admiré un banc de poissons dessinant dans une « obscure clarté » des arabesques argentées puis dans la seconde qui suit  changer de couleur en changeant de direction et cela tous ensemble ! Qui plus est, il n’existe pas de chef de troupe ce qui ne répond pas à ces sociétés organisées comme ce que l’on connaît des abeilles où de véritables castes agissent séparément pour le bien de tous. Ce qui est absolument fascinant dans cet article de Cristina Luiggi (Crowd Control, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/36101/title/Crowd-Control/) ce sont les différents champs explorés, allant de l’étude du macroscopique au microscopique, d’une organisation inter-individuelle, à une organisation intra-individuelle. Qu’il s’agisse du banc de poissons, d’un micro-filament, d’un vaisseau sanguin en construction,  d’une bactérie, comme du métazoaire le plus rudimentaire, dans chacun de ces domaines, une action résulte d’une mise en commun de caractéristiques, sommation de singularités ce qui fait s’opposer l’invariabilité en terme de résultat et  la variabilité en terme d’acteurs. Ainsi pourrait-on croire que la nature suit un principe téléologique ce que J. Monod exprimait en parlant de « l’accomplissement du projet téléonomique fondamental – c’est-à-dire la reproduction invariante». Après l’admiration le temps suivant, celui de l’interprétation risque de ne pas être le plus simple !



117 A.
Carrel, L’homme cet inconnu, Paris, Plon, 1949, p. 238.

118 J. Monod, Le hasard et la nécessité, Paris, Seuil,
1970, p. 27.

Il n’y a pas que les gaz à effet de serre

lundi, juillet 1st, 2013

On peut considérer aujourd’hui les routes comme un facteur non négligeable du devenir de certaines espèces. Depuis plusieurs années déjà, on sait que les migrations de l’Erinaceus europaeus (hérisson commun) aussi bien que celles de la Rana esculenta (grenouille commune) sont sources  de coupes sévères au sein de ces deux espèces lorsque les uns ou les autres empruntent, pour les traverser, les voies rapides qu’empruntent également les hommes et leurs véhicules . On sait moins, peut-être, que les conséquences sont tout aussi graves pour les hirondelles en particulier, mais que celles-ci ont été en mesure de répondre à cette agression en raccourcissant la longueur de leurs ailes (Evolution Takes a Road Trip, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/35671/title/Evolution-Takes-a-Road-Trip/) ! L’interprétation de cette modification n’est probablement pas univoque, et la route pourrait ne pas être seule en cause. C’est pourquoi il faudrait plutôt parler de la route et de ses à côtés. Mais quoi qu’il en soit, il semble bien que des phénomènes d’évolution adaptatifs soient en mesure de se produire selon des modèles plus rapides que ceux proposés antérieurement et que, de ce fait,  le « Struggle for life » reste un puissant moteur !