A la fin du XVIIème siècle naît au sein de l’Académie Française la querelle des Anciens et des Modernes. Les premiers menés par Boileau, soutiennent que la création littéraire doit mettre ses pas dans ceux de l’Antiquité, tandis que les Modernes à la suite de Perrault, tiennent le siècle de Louis XIV pour parfait et militent pour qu’il soit la référence en matière artistique. Au XXIème siècle, l’étude des vestiges des constructions de Pompéi donne à apprendre aux ingénieurs actuels. Les méthodes utilisées par les romains avaient déjà été relatées par Vitruve en son temps mais étaient restées manifestement inconnues des bâtisseurs ultérieurs. Contrairement au domaine militaire où les grands stratèges sont tout naturellement étudiés depuis que leurs campagnes ont été rapportées, il n’en n’est pas de même quand il s’agit de certains des acteurs de la société civile. Ainsi eut-il été intéressant et utile de se pencher sur les méthodes pratiquées par les romains dans leur fabrication du béton ! (Pompeii reno reveals Roman concrete secret). En effet, si les recettes s’en sont modifiées depuis le XVIIIème siècle, elles n’ont pas intégré une caractéristique spécifique du béton romain utilisé dés le IIIème siècle av. J-C. Sa longévité qui pourrait irriter les modernes tient en effet à sa capacité d’autoréparation ! Serait-ce à dire que certaines des facilités que génère le progrès cherchent plus à s’inscrire dans l’immédiateté que dans la durée, sans tenir précisément compte des moyens employés ?
Archive for décembre, 2025
La querelle des anciens et des modernes
mardi, décembre 16th, 2025Raconter une histoire
lundi, décembre 8th, 2025Quel est le domaine dans lequel les aèdes grecs étaient passés maîtres ? Celui de raconter des histoires à des auditeurs attentifs et dont la moindre des actions était de les reprendre en cas de manquements. L’Iliade et l’Odyssée composées par un ou plusieurs poètes furent d’abord racontées en public avant que d’être couchées par écrit par un ou des scribes dont Homère aurait pu faire partie. Au début fut un récit dont la transmission orale autorisait quelques modifications mineures sur un thème constant. Les répétitions et les nombreux adjectifs accolés aux personnages permettaient qu’ils soient reconnus de tous et partout. Platon, le premier peut-être, s’opposa avec vigueur au passage de l’oralité à l’écriture arguant du fait que cette dernière affaiblirait voir entrainerait la disparition de la mémoire à plus ou moins long terme ! Aujourd’hui encore le débat n’est pas clos, puisque l’on continue de se pencher sur le rôle pour la mémoire, de ceux qui racontent des histoires (How the Art of Storytelling Alters Memory Formation). La problématique concernant les stratégies narratives et la mémorisation : perception vs conceptualisation. Ce qui est particulièrement intéressant c’est qu’à ces deux aspects correspondent deux voies de connectivité neuronale divergentes depuis l’hippocampe. Pour l’instant rien de plus que cette constatation neurophysiologique, mais que celui qui raconte n’oublie pas les détails tels que l’hippocampe puisse diriger correctement ses informations !

