Posts Tagged ‘conscience’

Agents moraux artificiels

lundi, décembre 21st, 2020
https://www.philomag.com/sites/default/files/styles/newsarticle1x1/public/images/web-machine-niv-3.jpg
  1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, en restant passif, permettre qu’un être humain soit exposé au danger, 2 : Un robot doit obéir aux ordres qui lui sont donnés par un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi : 3) Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n’entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi. Il s’agit là des trois lois de la robotique selon I. Asimov. En 1942, tous les robots à cerveau “positronique “se doivent d’obéir impérativement à ces principes qui s’apparentent à une conscience en fait assez proche de celle des humains. Aujourd’hui certains se posent la question de savoir s’il n’existe pas un biais de recrutement à visée thérapeutique en raison de l’utilisation d’algorithmes. Ce biais se traduit par un choix défavorisant la population noire au regard d’une donnée biologique affectée d’un “facteur de correction basé sur la race” (Is a racially-biased algorithm delaying health care for one million Black people?, https://www.nature.com/articles/d41586-020-03419-6) . Et c’est alors qu’intervient le concept d’algorithme équitable (What Does a Fair Algorithm Actually Look Like?, https://www.wired.com/story/what-does-a-fair-algorithm-look-like/). Or l’algorithme, un des piliers de l’intelligence artificielle, a pour finalité un acte décisionnel qui doit être le plus juste, voire plus juste que celui qu’un homme pourrait prendre. Une éthique de l’intelligence artificielle a donc vu le jour : elle doit répondre à des agents moraux artificiels en fonction des quels la machine deviendrait responsable mais comment ?

Conscience n’est pas science !

jeudi, juillet 11th, 2019

Que le monde végétal ait les moyens de réagir à l’environnement, rien ne semple plus raisonnable : une plante vit et meurt et entre ces deux extrémités elle devra se nourrir et se reproduire quelques soit la forme adoptée par son genre et son espèce. Depuis peu le biologiste et plus particulièrement le neurobiologiste s’est emparé du monde végétal pour tenter de gommer les différences avec le monde animal en démontrant que le premier possédait un système sensoriel qui n’avait rien à envier à celui du second (Plant neurobiology: an integrated view of plant signaling, https://www.cell.com/trends/plant-science/fulltext/S1360-1385(06)00164-6?_returnURL=https%3A%2F%2Flinkinghub.elsevier.com%2Fretrieve%2Fpii%2FS1360138506001646%3Fshowall%3Dtrue). Si la publication Botanists Say Plants Are Not Conscious (https://www.the-scientist.com/news-opinion/botanists-say-plants-are-not-conscious-66101?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2019&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=74415223&_hsenc=p2ANqtz-9lwMY9m387qk6phbJ-pY5P3wsx-l_Frrw8P4ZCankIn9EZFcJ_8ur_rU_SoioAiKwzPVpj_seAnYbDozIvtKOky7hMWQ&_hsmi=74415223), ainsi que Don’t Waste Your Emotions on Plants, They Have No Feelings, Grumpy Scientists Say (https://www.livescience.com/65905-plants-dont-think-or-feel.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20190710-ls)  apportent un démenti “formel” à la thèse précédente, elle s’inscrit aussi dans une discussion actuelle. Si l’on en croit l’article Sociology’s Sacred Victims and the Politics of Knowledge: Moral Foundations Theory and Disciplinary Controversies (https://link.springer.com/article/10.1007/s12108-018-9381-5)  il existerait dans le domaine de la sociologie de supposés préjugés idéologiques influant en terme de justice sociale. Bien qu’il s’agisse d’un domaine complètement différent de celui que traitent les neurobiologistes végétaux, on a tout lieu d’être inquiet sur l’impartialité d’une société dont le maitre mot du politiquement correct est de sauver le monde de ses prédateurs. Et donc il deviendrait impératif que la conscience de la plante comme celle de l’animal soit là pour se rappeler à la conscience de l’homme !

Où doit-on s’arrêter ?

mercredi, novembre 21st, 2018

Deux articles à lire, à relire, re-relire puis à méditer pour bien comprendre de quoi il retourne ! Il faut néanmoins respecter un certain ordre. C’est la raison pour laquelle on commencera avec profit par : How biologists are creating life-like cells from scratch (https://www.nature.com/articles/d41586-018-07289-x?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20181108). Pour faire une cellule il est indispensable de maîtriser au moins quatre conditions essentielles que l’on serait en droit de qualifier de vitales (sans jeu de mots) : la compartimentation, le métabolisme, le stockage et la gestion des informations. Cet ensemble repose sur les qualités exceptionnelles de structures  qui n’ont pas fini d’étonner biologistes, chimistes et physiciens, les membranes. Comme on le sait depuis longtemps il est plus facile de défaire que de refaire, mais on se dit que le but ne doit pas être si éloigné quand on en est à se demander si quatre cent soixante treize gènes est le bon nombre pour que “ça marche”. Plusieurs étapes franchies allègrement et l’on est en mesure d’aborder le second article : Lab-grown ‘mini brains’ produce electrical patterns that resemble those of premature babies (https://www.nature.com/articles/d41586-018-07402-0?utm_source=briefing-dy&utm_medium=email&utm_campaign=briefing&utm_content=20181116). La technique est autre mais pas moins sujette à question à propos des ondes que l’organoïde cérébral génère. Après ces deux lectures, deux questions s’imposent : la cellule synthétique appartiendra-t-elle au monde vivant quand elle fera montre d’adaptativité, l’organoïde cérébral sera-il en mesure d’évoluer vers la conscience ?

Connaissance et conscience

mercredi, octobre 3rd, 2018

D’un côté : “L’homme a naturellement la passion de connaître; et la preuve que ce penchant existe en nous tous, c’est le plaisir que nous prenons aux perceptions des sens.” Métaphysique d’Aristote, Livre premier, Chapitre Premier, de l’autre ” « De tous les arbres du jardin tu peux manger. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas ; car le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement » (Genèse 2,16). Il se trouve aujourd’hui  que les avancées de la technique sont telles qu’elles remettent l’homme devant ce choix que l’on peut qualifier de cornélien comme peut l’être un dilemme entre raison et passion. C’est dans ce sens qu’il faut lire l’éditorial  Genes and Blues (https://www.the-scientist.com/editorial/genes-and-blues-64824?utm_campaign=TS_DAILY%20NEWSLETTER_2018&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=66358907&_hsenc=p2ANqtz-986CU1-rfpUPyLLdCTV35sXsmUj5RLI8BlaWlF2DbMkDTDupJtb2pFH4NuiEsIdeRH3z102ZV6oPnJGnGVMFAJFi7EWA&_hsmi=66358907) de la revue The Scientist de ce mois d’Octobre. Faut-il savoir pour agir ou savoir pour réfléchir ? Peut-on agir sans réfléchir ? Si à la deuxième question la réponse est OUI sans nul conteste, à la première la réponse rejoint le dilemme précédemment évoqué. Si l’auteur a choisi un exemple, il n’en reste pas moins vrai que la connaissance pose plus de questions qu’elle n’en résout ce qui laisse à penser que la connaissance peut être un des moteurs de la conscience avec ce point positif : le choix qui s’en suit devient alors le reflet de la liberté de l’homme.

“Ils ont des yeux et ne voient point”

lundi, octobre 2nd, 2017

Regarder sans voir ou voir sans regarder ? Là est la question. Aujourd’hui un neurone vient s’intercaler dans ce processus pour expliquer que l’on pourrait voir sans voir  ! On pourrait en effet voir sans être conscient que l’on voit ce qui est l’opposé de regarder sans voir mais pourrait se rapprocher de voir sans regarder ! Dans l’article Your Brain Sees Faces, Even When You Don’t (https://www.livescience.com/60477-your-brain-sees-faces-even-when-you-dont.html?utm_source=ls-newsletter&utm_medium=email&utm_campaign=20170922-ls) les auteurs cherchent à montrer qu’ un neurone pourrait être mis en corrélation avec le phénomène de la conscience. Ces cellules qui s’illuminent par le biais d’une image spécifique se localisent dans une zone qui n’était pas connue comme impliquée dans les processus de conscience et de perception. De là à imaginer que l’on va pouvoir mettre le doigt sur le rapport entre perception et mémoire il n’y a qu’un pas (de géant!). Que disait H. Bergson quand il parle du sensible et de son corps ?  Il existe deux systèmes d’images : “l’un appartient à la science, chaque image n’est rapportée qu’à elle même et garde valeur d’absolu, l’autre qui est dans le monde de la conscience où toutes les images se règlent sur une image centrale, notre corps” (Matière et Mémoire, 1939) et deviennent de ce fait relatives. Pour lui qui s’intéressa aux schémas élaborés par les différents neurologues tout au cours du XIX° siècle et qui prédisaient “…qu’il n’y a pas, il ne peut y avoir dans le cerveau une région où les souvenirs se figent et s’accumulent” (Matière et Mémoire) une vrai remise à niveau va devoir être engagée ! Mais surtout il est évident que l’homme ne peut s’empêcher de continuer à découper l’homme en menus morceaux pour qu’à un élément matériel ne corresponde qu’un seul élément immatériel ! Ce serait si simple !

Un peu excessif !

mardi, juillet 8th, 2014

enquete-terrainS’agit-il vraiment d’un pas de plus-en avant à propos de cet endroit magique qu’est la conscience, celui que scientifiques aussi bien que philosophes cherchent, pour les premiers à localiser pendant que  les seconds aimeraient bien définir exactement ce que ce terme recouvre. Le cerveau est une telle machine, que l’homme a toujours cherché à y dessiner les aires impliquées dans ses différentes activités en allant des plus simples aux plus complexes et c’est bien à cette dernière catégorie qu’appartient la conscience et dont parle l’article” Consciousness on-off switch discovered deep in brain” (http://www.newscientist.com/article/mg22329762.700-consciousness-onoff-switch-discovered-deep-in-brain.html?full=true#.U7q-ol3lpYc). Il est certes intéressant de montrer du doigt une structure particulière, le claustrum, pour ne pas le nommer, comme étant le lieu où la conscience pourrait se faire jour. Il s’agit d’une fine lame de substance grise, située entre la capsule extrême et la capsule externe,   faisant ou non partie, selon les auteurs, du système des corps striés. Cette structure est déjà rapportée comme servant de relais entre les régions corticales dans l’ouvrage ” Psychopathologie et Neurosciences” au chapitre 2 traitant de la neurophysiologie clinique et au chapitre  7 traitant des processus intégratifs (De Boeck Supérieur, 2008) Mais en ce qui concerne le présent article, le résultat présenté provient d’une seule et unique expérimentation. On a connu mieux comme échantillon ! Par ailleurs, le sujet n’est pas à proprement parler un sujet représentatif de la population en général, dans la mesure où il souffre d’épilepsie, ce qui on en conviendra, laisse planer un doute sur la reproductibilité, sans parler de l’absence partielle d’une autre structure, non moins importante l’hippocampe ! Si l’on est en droit de se poser des questions sur la fiabilité d’un résultat obtenu à partir d’un seul test, on doit également faire un arrêt sur le choix du terme utilisé.  Considérer la conscience comme un chef d’orchestre est une façon restrictive de définir le terme, ne prenant en compte que l’état de perception qu’a le sujet vis à vis du monde sans que l’on sache exactement s’il s’agit de l’extériorité et/ou de l’intériorité du dit monde en excluant totalement toute notion d’éthique qui peut également lui être  rattachée. Beaucoup de bruit pour rien ?