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Docilité animale

samedi, février 5th, 2022
fable Jean de La Fontaine : le loup et le chien

C’est probablement vers quatre mille ans av. J.-C que le chat fut domestiqué en Égypte. Gracieux et indépendant il fut non seulement apprécié comme animal de compagnie mais encore joua un rôle protecteur qui le mena jusqu’à, récompense suprême, devenir incarnation de la déesse Bastet. Malheureusement il devient animal du diable et des sorcières au Moyen Age, et s’il est noir son espérance de vie s’en trouve considérablement raccourcie. Quoiqu’il en soit, les chats sont toujours là, et loin d’avoir disparu ils ont fait la notoriété d’un certain nombre d’artistes plus ou moins sérieux comme ces chansonniers et leur célèbre cabaret du Chat Noir. Et pourtant avoir recouvré un statut particulièrement enviable n’a pas donné à cet animal « la grosse tête ». En effet il semble bien au contraire que celle ci diminue , phénomène allant de paire avec une diminution de taille du cerveau qu’elle renferme ( Cat brains are shrinking, and it’s all humans’ fault). A qui la faute ? Comme pour le désordres climatiques, un seul responsable est à montrer du doigt : l’homme. Cette réduction du volume du cerveau n’est pas réservée à la famille des félidés, sous espèce Felis silvetris : elle est constatée chez les animaux domestiqués en général. Mais pourquoi s’inquiéter puisque la docilité est à ce prix ? Le problème viendrait de ce que toute hybridation entre espèce sauvage et espèce domestiquée se ferait en faveur de l’animal domestiqué. Le processus de disparition des espèces comporte également le volet disparition des espèces sauvages au profit des espèces domestiquées. Bienvenue au monde aseptisé de la cancel culture. Le loup de Jean de La Fontaine avait choisi de fuir la domestication du chien parce qu’il savait ce qui l’attendait !

Vieille mais toujours jeune

mercredi, mai 31st, 2017

Âgée certes , dix mille ans …..,  mais toujours digne d’intérêt, comme en témoigne l’article, Fixing the tomato: CRISPR edits correct plant-breeding snafu (http://www.nature.com/news/fixing-the-tomato-crispr-edits-correct-plant-breeding-snafu-1.22018?WT.ec_id=NATURE-20170525&spMailingID=54132792&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=1164061838&spReportId=MTE2NDA2MTgzOAS2) la tomate se révèle être un sujet dont on n’hésite pas à affirmer qu’il « décoiffe ». Ne permet-elle pas en effet d’aborder de nombreux sujets et parmi ceux qui sont loin  d’être les moins importants, celui du concept de la domestication.  Car l’empreinte de l’homme sur la nature est moins que récente et si, aujourd’hui, on se focalise surtout sur une accélération, cette dernière ne se limite pas aux seuls effets délétères qui lui sont imputés. Ainsi donc la tomate contemporaine (Solanum lycopersicum L) apparue sous le soleil des Andes aurait été domestiquée à partir d’ancêtres beaucoup plus anciens que l’on ferait remonter à cinquante millions d’années lorsque le Gondwana amorce son morcellement durant le Jurassique supérieur. Domestiquer (domus : maison) c’est apprivoiser mais dans un but de modification transmissible de la matière vivante en général pour répondre à des besoins spécifiques de l’humain d’où une dimmension d’ordre téléonomique qui ne peut être ignorée. Le cas de la tomate est en lui même remarquable (mirabile visu). En effet elle figure parmi les espèces les mieux connues en agriculture et le séquençage de son génome, ainsi que celui de son ancêtre, a été parfaitement établi (2012).  Ce qui est captivant c’est que l’on peut comme dans le domaine de l’archéologie, retracer le passé de la tomate par comparaison génomique (L’histoire ancestrale des tomates modernes, http://presse.inra.fr/Communiques-de-presse/L-histoire-ancestrale-des-tomates-modernes). Mais après tant de modifications dont chaque étape s’inscrit dans un but d’amélioration, on pourrait bien buter sur une difficulté inattendue : deux gènes impliqués dans les processus d’amélioration deviennent délétères lorsque combinés. « Bizarre, vous avez dit bizarre mon cousin ? »  C’est méconnaitre mais  pour le retrouver, ce travail que la nature accomplit depuis quelques millions d’années et qu’il est bon de se remémorer au seuil du tanshumanisme. Certaines associations sont bel et bien vouées à l’échec.  En un mot et un seul, on peut faire beaucoup mais peut-être pas n’importe quoi ….