Il existait plusieurs mots en grec ancien pour le mot français « rêve ». C’est le plus ancien « ὄναρ » lui-même à l’origine de « ὄνειρος » , qui est a donné naissance aux mots de la famille du terme « onirique ». En fait « ὄναρ« , c’est le songe nocturne, celui que les dieux offrent à l’homme comme outil de médiation, c’est un message divin. L » « ὄνειρος » est animé, c’est la personnification de l' »ὄναρ« . Comme on peut le constater, dès l’antiquité le rêve n’est pas une entité simple puisqu’il se rapporte à un message personnifié. Mais qu’il ne soit pas simple peut être considéré comme normal, puisqu’il reproduit de façon plus ou moins altérée ce que vit l’homme lorsqu’il est éveillé. Le sommeil n’a-t-il pas été qualifié de « petite mort », ce qui est par ailleurs tout a à fait logique quand on se souvient qu’Hypnos, dieu du sommeil était frère jumeau de Thanatos, dieu de la mort. Quoiqu’il en soit, il fallait bien que le sommeil et ses rêves servent à quelque chose et c’est une des raisons pour lesquelles il fut le sujet d’études dans bien des domaines dont le domaine scientifique en particulier par le biais des enregistrements électro-encéphalographiques dont les chats furent les premiers « bénéficiaires » dès 1958. N’en déplaise, une fois encore à Descartes et son animal machine, il se pourrait bien que le sommeil des animaux partage beaucoup de caractères communs avec celui de l’homme. Si personne ne s’étonne que le chat ait servi de modèle dans l’étude du sommeil chez l’homme, c’est maintenant le chemin inverse qui s’écrit quand c’est le sommeil des animaux qui interroge sur leur faculté de rêver (When Animals Dream/https://irishtechnews.ie/when-animals-dream-by-david-m-pena-guzman/, Sweet dreams, spidey: Arachnids experience REM sleep, and may even dream) à l’instar de cette capacité humaine qui ne lui serait donc pas réservée en propre !
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ONIROLOGUE : un métier d’avenir
vendredi, août 19th, 2022Rêver tout éveillé
lundi, mai 19th, 2014
Chacun connaît l’expression familière « rêver tout debout » ou mieux certainement « rêver tout éveillé« . Aujourd’hui une fois encore, la vulgate se trouve parfaitement vérifiée. En effet rien n’est plus vrai que cette expression comme en témoigne l’article, Controlling Self-Awareness During Sleep (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/39939/title/Controlling-Self-Awareness-During-Sleep/). Dénommé aussi petite mort, le sommeil est un état physiologique singulier, qui depuis longtemps intrigue tout observateur qu’il s’agisse de l’homme ou de l’animal. Il a en particulier été largement étudié en son temps chez le chat, dont le rythme veille/sommeil penche largement vers le deuxième terme de la proposition. L’étude du sommeil a bénéficié de la technique électroencéphalographique et d’un neurophysiologiste français, Michel Jouvet, qui étudia puis décrivit les différentes phases du sommeil faisant correspondre état et activité électroencéphalographique selon quatre stades parmi lesquels le fameux sommeil paradoxal concomitant, classiquement, de la période rêves (phase des mouvements oculaires rapides). Au début de l’endormissement, a également été décrite la période dite hypnagogique (mouvements, hallucinations). Le plus fréquemment le sujet qui rêve n’a pas conscience de l’état dans lequel il se trouve, mais il peut se faire que cette conscience du rêve existe et que le sujet puisse même influer sur le déroulement de celui-ci ! Vrai, faux, la question pouvait se poser jusqu’à ce que l’expérience soit réalisée et concluante. C’est exactement le sujet de l’article cité. Il ne suffit que d’une stimulation entre 25 et 50 Hz par voie transcraniale dans les zones du lobe frontal et du lobe temporal pour reproduire chez des sujets ayant déjà expérimenté spontanément cette situation, une situation comparable et parfaitement artificielle. Probablement il y a t-il un intérêt thérapeutique à cette procédure dans les états hallucinatoires par exemple. Par contre ce que l’on ne sait pas encore, c’est s’il peut exister, à long terme, un effet délétère de ce type de stimulation. Il faudrait encore choisir entre l’action et le principe de précaution sauf si l’on souvient (funeste mémoire), des suites des séances d’électrochocs ou des cures de Sakel !
Inception : pas si loin !
lundi, janvier 14th, 2013
Un film qui a enthousiasmé certain, déplu à d’autres mais qui est sur le point de s’inscrire dans la réalité si l’on en croit les propos de l’article Decoding Dreams (http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/33726/title/Decoding-Dreams/). Que faut-il en penser ? L’expérimentation est assez peu sophistiquée dans son ensemble : un sujet que l’on interroge, une IRM fonctionnelle des aires 1, 2 et 3 du cortex visuel, un algorithme dont on précise qu’il est simple. On peut néanmoins se poser plusieurs questions à propos de certaines affirmations (non testées), selon lesquelles par exemple, le cortex visuel n’étant soumis à aucune stimulation extérieure crée de toutes pièces les images du rêve. On peut également se poser des questions sur la conduite de l’interrogatoire quand on sait combien un interrogatoire peut être tout sauf dépourvu de sens. Bien sûr, il ne s’agirait que de proposer un outil à la compréhension du mécanisme des rêves qui reste aujourd’hui encore terra ignorata. Il n’empêche qu’une incursion dans un domaine dont on ne peut fixer les limites puisqu’elles sont inconnues fait place à la perplexité !
