The Minority report est une nouvelle de Philip K. Dick, publiée en 1956, adaptée au cinéma en 2002, date à laquelle des prouesses techniques, réelles et virtuelles lui apportèrent un relief particulier. Il s’agit d’une dystopie, genre particulièrement apprécié de la science fiction, qui imagine plus volontiers un avenir sombre que rayonnant. Il est de fait que l’idée selon laquelle le progrès chemine obligatoirement de paire avec le bonheur n’est pas totalement validée. Quoiqu’il en soit, une fois encore, il s’avère que la fiction n’a précédé la réalité que d’une courte tête. En témoigne l’article ‘Murder prediction’ algorithms echo some of Stalin’s most horrific policies — governments are treading a very dangerous line in pursuing them. On ne peut qu’être effrayé d’apprendre qu’il pourrait être possible que la fiction devienne réalité quelques décennies après avoir fait l’objet d’une nouvelle écrite par un auteur reconnu pour ses problèmes psychiques et comportementaux ! Le projet britannique dont il est question ressemble comme deux gouttes d’eau au sujet abordé dans la nouvelle suscitée. Il ne s’agit ni plus ni moins que du ciblage des individus répondant au type de dangerosité définie par des algorithmes dédiés. Tout l’intérêt de lire cet écrit réside dans les questions que pose le sujet traité et l’impossibilité qu’il y aurait à ne pas y réfléchir !
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Qui a peur du grand méchant loup ?
jeudi, mai 15th, 2025Pourquoi « liker » désinforme !
vendredi, septembre 13th, 2024Liker :
anglicisme : Indiquer que l’on apprécie (un contenu) sur Internet en cliquant sur le bouton prévu à cet effet. Rien de plus simple que d’appuyer sur le pictogramme proposé à cet effet quand on veut faire savoir que la lecture ou le visionnage d’un document satisfait celui qui l’a lu ou lui a simplement jeter un regard rapide. Mais que devient ce gentil pouce levé (How ‘likes’ fuel a spiral of misinformation) ? La question est loin d’être anodine dans la mesure où il échappe totalement à celui qui l’a utilisé, sans y apporter une attention particulière. Une fois envoyé par la machine, il va vivre sa vie en contribuant à augmenter le poids d’une affirmation, d’une négation, d’un jugement, d’une idée, d’une supposition, d’un concept, la liste en est sans fin. Le problème vient de ce que ce pouce virtuel est destiné à appartenir au réel ; comme le dit l’article « si vous en faites une tendance, vous en faites une réalité ». Grâce au biais cognitif qui fait que chacun a toujours tendance à tenir pour vrai ce à quoi il croit, il se crée des chemins préférentiels empruntés sans discussion par des lecteurs grégaires. Ces voies d’une information désinformative, sont enfant d’algorithmes mangeurs d’ approbations ou désapprobations envoyées dans un monde où la virtualité a comme qualité première d’être devenue réalité ! Autre facette de la réalité augmentée ? La complexité est à son comble et comme l’a si bien écrit MR de Beaumarchais « D’abord un bruit léger, rasant le sol comme hirondelle avant l’orage ….. Le mal est fait, il germe, il rampe, il chemine, … vous voyez calomnie se dresser, siffler, s’enfler … ». Rien ne changera jamais, seules les voies empruntées accélèreront encore les phénomènes.
Délit de face !
dimanche, janvier 13th, 2019
La prédiction a toujours été au menu des quêtes humaines, et l’art divinatoire a pu être pratiqué à partir de tout et de n’importe quoi. Les anciens pouvaient tirer de multiples informations des viscères animales, de la direction du vol des oiseaux, le plus difficile restant l’interprétation des signes observés. Malgré les risques que l’on connaît comme celui de n’être jamais cru comme le vécut Cassandre, la prédiction reste un sport largement pratiqué. L’un des derniers en date concerne la possibilité d’établir un diagnostic reposant sur un algorithme facial. La société FDNA (FDNA was incorporated with a mission to give hope to chidren with rare diseases and their families, https://www.face2gene.com/fdna) s’est donnée pour but d’aider les cliniciens (ceux qui ne seraient pas suffisamment avertis !) dans leur diagnostic de maladies rares. C’est le sujet de l’article : With just a photo, this algorithm can do more than spot a possible genetic condition – it can suggest a cause ( https://www.statnews.com/2019/01/07/algorithm-spot-genetic-mutation-photo/?utm_source=STAT+Newsletters&utm_campaign=03601aafa5-Daily_Recap&utm_medium=email&utm_term=0_8cab1d7961-03601aafa5-150897645), sujet repris par ailleurs pour analyse dans d’autres publications, ce qui peut témoigner soit de l’intérêt de la découverte soit de l’existence d’un questionnement sous-jacent non exprimé. Si à la technique en soi ne se rattache aucune valeur morale, l’attribution d’une finalité change totalement la vision que l’on peut en avoir. Peut-on être certain que l’algorithme ne sera dévolu qu’au diagnostic de maladies orphelines ? Le faciès reste un sujet sensible !
L’algorithme et le filtre d’amour
dimanche, janvier 25th, 2015
Selon http://dept-info.labri.fr/ENSEIGNEMENT/INITINFO/initinfo/supports/book/node41.html, »l’algorithme est une méthode pour résoudre un problème particulier dont on est sûr qu’elle trouve toujours une réponse en un temps d’exécution fini. Il est important, voire primordial, de se souvenir que l’algorithme donne toujours une réponse, tandis que le programme peut conduire à une boucle infinie (même référence) et de ce fait ne plus pouvoir s’arrêter. C’est sans doute la raison pour laquelle il vaudrait mieux se fier à un bon algorithme que même à un bon programme pour trouver à coup sur la bonne personne avec laquelle construire une vie à deux. Si les sites de rencontre actuels ne proposent pas encore l’algorithme mais le choix à partir de critères définis, photographiques et/ou psychologiques, c’est que le mot, sans doute, est encore peu attractif, à l’exception, peut-être du candidat mathématicien. C’est pourtant en formalisant une démarche identique que l’on aboutit à « Romance algorithm predicts if you’ll be lucky in love » (http://www.newscientist.com/article/mg22530042.600?cmpid=NLC%7CNSNS%7C2015-0122-GLOBAL&utm_medium=NLC&utm_source=NSNS&#.VMUTil05BYc). Il semble bien qu’il existe encore des réticences concernant la fiabilité de cette procédure qui devrait apparaître dans le commerce d’ici à peu de temps. Il existerait pourtant un moyen infaillible ayant fait ses preuves au niveau le plus haut, le filtre d’amour, le seul problème étant de ne pas le faire boire à n’importe qui. Ce qui renvoie à la question précédemment évoquée : comment choisir la dite personne …..


