Posts Tagged ‘céphalopode’

La mauvaise réputation

lundi, juillet 4th, 2022
La Mer

Parmi les monstres marins, le kraken est une créature terrifiante pouvant saisir la coque d’un navire, noyant les marins parfois même allant jusqu’à les dévorer. Beaucoup plus tôt, les grecs avaient frappé monnaie, le tétradrachme avec une pieuvre pour emblème. Mais loin du kraken, l’effigie choisie par les Erétriens des VI et Véme siècle av. J.-C symbolisait leur indépendance insulaire par leur choix d’un animal marin auquel ils reconnaissaient une réelle intelligence. Entre ruse et férocité, les résultats des études s’acheminent vers l’octroi à ce céphalopode, de la famille des octopodidae, d’un réelle intelligence, Octopuses may be so terrifyingly smart because they share humans’ genes for intelligence. Parler d’intelligence n’est pas faire preuve d’anthropomorphisme dans la mesure où le terme repose sur l’existence d’une famille de gènes que partage l’homme et le poulpe : les gènes sauteurs ou transposons. L’homme et la pieuvre ne sont pas seuls à se partager ces “courtes séquences d’ADN” qui peuvent se déplacer, se copier d’un endroit à un autre sur les chromosomes : on les retrouve dans nombre d’espèces, de bactéries, de végétaux. Ils sont impliqués dans le processus de l’évolution, ils peuvent être bénéfiques tout autant que délétères, en sommeil ou actifs. Ainsi certains transposons de la famille LINE ont-ils été retrouvés à la fois dans le génome de la pieuvre et de l’homme. Or “ces gènes sauteurs LINE pourraient avoir une forte implication dans des processus d’apprentissage et de la mémoire“, ils sont particulièrement actifs dans des zones impliqués dans l’apprentissage, au niveau de l’hippocampe chez l’homme et le lobe vertical chez le poulpe. Donc on peut vraiment dire de la pieuvre qu’elle partage avec l’homme certaines des qualités qui permettent de parler d’une forme d’intelligence. Mais on peut aussi réfléchir sur le phénomène de l’évolution convergente qui stipule que des organismes différents acquièrent des caractères similaires en dehors d’un ancêtre commun. L’inexplicable parvient une fois encore à être expliqué !

L’éthologie cognitive

dimanche, mars 7th, 2021
Homemade Marshmallows Recipe | Ina Garten | Food Network

L’animal-machine de Descartes n’est pas réellement une machine. S’il le compare à la mécanique de l’horloge c’est parce que contrairement à l’homme, il ne possède pas d’âme, mais uniquement un corps. Et si celui ci exprime une réponse à un stimulus extérieur, sa réponse est prévisible et répond à un simple principe de causalité. Depuis Aristote, nombreux furent ceux qui se penchèrent sur le comportement animal : les oies du Capitole firent parler d’elles pour leur capacité à donner l’alerte puis beaucoup plus tard vint Konrad Lorenz qui conceptualisa le principe d’empreinte chez les oisillons. Ainsi l’éthologie gravit-elle progressivement les barreaux de l’échelle de la cognition animale quand il fut montré que certains réussissaient le test du miroir. Aujourd’hui un nouveau pas est franchi avec le test dit du marshmallow que réussit parfaitement la seiche (Cuttlefish show self-control, pass ‘marshmallow test’) ! La signification de cette expérience est lourde d’enseignement car il s’agit ni plus ni moins pour l’animal que de montrer sa “maitrise de soi”. Ce céphalopode a donc intégré un double concept, temps et but : un plus dans le futur par rapport à un moins dans le présent ce qui influe sur l’acte décisionnel ! Peut-on intégrer cette capacité dans le processus d’évolution pour une amélioration de sa survie acquise au cours des siècles et que l’on retrouve chez d’autres espèces. Intelligente, la seiche ? D’autres qualités sont à découvrir pour l’affirmer, mais elle sait se retenir quand il le faut pour son bien.