Posts Tagged ‘intelligence’

Introspection

mardi, février 3rd, 2026

Tout regard sur soi-même est une plongée dans UN intime en quête de ses motivations, mais en réalité une démarche peu sûre car celui qui s’y adonne en connaît mal les cheminements profonds et tout aussi mal le résultat de la dite démarche. Néanmoins, il est presque certain que seul l’homme en est capable, dans la mesure où peu nombreux sont les animaux qui se reconnaissent comme entité pensante. En fait la première question concerne le besoin qu’aurait l’IA d’avoir et d’accéder à SA conscience or la réponse concerne l’utilisateur de la dite IA et non pas l’IA en propre. C’est au vu et au su d’erreurs qui lui seraient imputables et dont pâtirait l’utilisateur que cette dernière aurait besoin de réfléchir sur elle-même. (Giving AI the ability to monitor its own thought process could help it think like humans) ? Mais pour y arriver il semble bien qu’il n’existe que des méthodes humaines pour y parvenir et dans ces conditions il ne reste plus qu’à insuffler à la machine les réseaux neuronaux pour y accéder. La machine n’y est pour rien, l’homme est toujours son souffle de vie même si la multiplication des réseaux lui permet d’apprendre et de donner des réponses dans un temps qui se rapproche de l’immédiateté et de la vérité si cette dernière est considérée comme en adéquation avec la réalité ! Un deuxième article (AI has already won the ‘imitation game’) vient compléter le précédent dans la mesure où il permet de verser au dossier des arguments à partir du test de Turing (1950). Ne reste plus qu’à définir l’intelligence humaine, ce qui constitue déjà un vaste projet, pour affirmer ou nier l’existence d’une réelle « intelligence » artificielle telle que définie par Turing. L’homme a peut-être dévoilé (Heidegger), un nouveau type d’intelligence tel que « Notre rôle dans le monde et notre compréhension de l’esprit en seront transformés« .

Artificielle : jusqu’où ?

lundi, décembre 16th, 2024

Si l’on utilise le terme d’Intelligence artificielle, l’article Treat AI as you would want to be treated peut ne pas être inintéressant. Par contre parler d’automate numérique, élimine toute implication éthique dans la mesure où la référence est à l’évidence une machine. Ainsi le terme même d’intelligence est-il dès le départ connoté, l’intelligence étant plus aisément attribuée à l’être vivant qu’à un mécanisme totalement artificiel. C’est la raison pour laquelle selon le terme retenu, il peut sembler licite ou totalement illicite de se poser la question d’une éthique allant de paire avec le qualificatif d’artificielle. Peut-il y avoir ou non accession à une certaine conscience, acquisition d’expériences subjectives ? Si la réponse est affirmative, il est indispensable de mettre en place un environnement éthique adapté; Mais comme on peut s’en douter, la difficulté va être de pouvoir être « affirmatif » : comment est-on en mesure de détecter si l’Intelligence artificielle qui fait face sait se poser la question « Ai-je peur de la mort ? ». Comme le disent les auteurs de l’article « Il n’y a pas de mal à se poser la question » : et rien n’est répréhensible à le faire. Dans la mesure où c’est Isaac Asimov, et lui seul qui a édicté les lois de la robotique dans un autre temps, il n’est peut-être pas inutile de prendre les devants, le cadre s’étant considérablement modifié !

Rappel des trois lois d’Isaac Asimov 1)Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger ; 2)Un robot doit obéir aux ordres donnés par les êtres humains, sauf si de tels ordres entrent en contradiction avec la première loi ; 3)Un robot doit protéger son existence dans la mesure où cette protection n’entre pas en contradiction avec la première ou la deuxième loi.

Communiquer : tout un art !

dimanche, mai 12th, 2024

La communication pose une question majeure : est-elle exclusivement pensée verbalisée ? Il est reconnu que la verbalisation n’est pas une étape indispensable à la communication, puisque celle-ci appartient à un large spectre du règne animal que ses représentants vivent ou non en société. Plus même que cette faculté de communication, on a récemment prêté au règne animal, hors humanité, un versant culturel (Dominique LESTEL, Les origines animales de la culture, Flammarion, 2001, 368 p.). Mais il faut alors admettre que toute modification de l’environnement peut être expression d’une culture. Après avoir méconnu toute perception à l’animal, on n’hésite plus aujourd’hui à explorer les capacités cognitives des pantes (The controversy of plant consciousness), ce qui pour certains pourrait s’apparenter à de la pseudo science ! Pour l’auteure, certaines réponses adaptées à des stimulus nociceptifs tendraient à démontrer l’existence d’un certain type d’intelligence à moins qu’il ne s’agisse tout simplement d’une réponse réflexe comme il en existe chez l’animal et l’homme (évidemment !). Ce qui a pour corollaire de se pencher sur la définition du système nerveux ! Quoiqu’il en soit, il est évident que la démarche suivie a peu à faire avec la méthode hypothético-déductive chère à Claude Bernard : la première étape consiste en une observation sans hypothèse de départ, celle-ci n’intervenant que dans un second temps. Comment donc peut-on observer que la feuille entend la chenille la manger si l’on n’adhère pas à cet a priori d’un anthropomorphisme débridé ! Ce qui ne remet pas en cause l’existence, entre les plantes, d’échanges informationnels mis en évidence par des mesures de flux de sève entre végétaux voisins. Ce qui peut prêter à sourire dans le dernier livre de la journaliste Zoë Schlanger (The Light Eaters: How the Unseen World of Plant Intelligence Offers a New Understanding of Life on Earth, https://www.npr.org/2024/05/06/1249310672/plant-intelligence-the-light-eaters-zoe-schlanger), c’est sa vision de la végétation en hiver car il vient immédiatement à l’esprit l’envie de comparer son interprétation à celle des anciens : Déméter cherchant Perséphone contre la mémoire de l’hiver !

La mauvaise réputation

lundi, juillet 4th, 2022
La Mer

Parmi les monstres marins, le kraken est une créature terrifiante pouvant saisir la coque d’un navire, noyant les marins parfois même allant jusqu’à les dévorer. Beaucoup plus tôt, les grecs avaient frappé monnaie, le tétradrachme avec une pieuvre pour emblème. Mais loin du kraken, l’effigie choisie par les Erétriens des VI et Véme siècle av. J.-C symbolisait leur indépendance insulaire par leur choix d’un animal marin auquel ils reconnaissaient une réelle intelligence. Entre ruse et férocité, les résultats des études s’acheminent vers l’octroi à ce céphalopode, de la famille des octopodidae, d’un réelle intelligence, Octopuses may be so terrifyingly smart because they share humans’ genes for intelligence. Parler d’intelligence n’est pas faire preuve d’anthropomorphisme dans la mesure où le terme repose sur l’existence d’une famille de gènes que partage l’homme et le poulpe : les gènes sauteurs ou transposons. L’homme et la pieuvre ne sont pas seuls à se partager ces « courtes séquences d’ADN » qui peuvent se déplacer, se copier d’un endroit à un autre sur les chromosomes : on les retrouve dans nombre d’espèces, de bactéries, de végétaux. Ils sont impliqués dans le processus de l’évolution, ils peuvent être bénéfiques tout autant que délétères, en sommeil ou actifs. Ainsi certains transposons de la famille LINE ont-ils été retrouvés à la fois dans le génome de la pieuvre et de l’homme. Or « ces gènes sauteurs LINE pourraient avoir une forte implication dans des processus d’apprentissage et de la mémoire« , ils sont particulièrement actifs dans des zones impliqués dans l’apprentissage, au niveau de l’hippocampe chez l’homme et le lobe vertical chez le poulpe. Donc on peut vraiment dire de la pieuvre qu’elle partage avec l’homme certaines des qualités qui permettent de parler d’une forme d’intelligence. Mais on peut aussi réfléchir sur le phénomène de l’évolution convergente qui stipule que des organismes différents acquièrent des caractères similaires en dehors d’un ancêtre commun. L’inexplicable parvient une fois encore à être expliqué !

En parler encore, en parler toujours

jeudi, février 21st, 2019

Pour aborder d’une nouvelle façon l’inné et l’acquis, on peut lire le livre de Carol Dweck paru en 2006 sous le titre « Mindset: The New Psychology of Success) même s’il s’agit d’une chanson dont l’air est connu. Vu d’une façon un peu différente, un article récent traite également de ce sujet : STEM Profs’ Views on Intelligence May Affect Student Outcomes (https://www.the-scientist.com/news-opinion/stem-profs-views-on-intelligence-may-affect-student-outcomes-65483). Le sujet a de quoi surprendre mais aussi de quoi inquiéter ! L’enseignant convaincu de la non dynamique de l’intelligence de ses élèves lorsque ceux-ci appartiennent à une catégorie défavorisée obtient de plus mauvais résultats que ceux d’un enseignant convaincu du contraire. Serait-il donc possible d’influer sur l’inné en insufflant à l’acquis une dynamique qui le rendrait capable de surmonter le premier. Aurait-on mis le doigt sur un nouvel élément battant en brèche l’idée selon laquelle puisque « l’intelligence » serait fixée à la naissance il n’est nul besoin d’apprentissage pas plus que d’éducation. C’est totalement ignorer l’actualité des recherches en neuro science éducative qui se développent depuis déjà plusieurs années et qui constitue une des branches du domaine de la cognition. A l’heure où la lutte contre le « décrochage scolaire » est un enjeu sociétal il serait bon (indispensable) que les enseignants soient les premières cibles de ces résultats pour rappeler que si l’inné existe l’acquis ne peut être négligé !