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Du Caenorhabditis elegans à la Drosophila melanogaster

mardi, mars 28th, 2023

Etablir une carte des circuits neuronaux du cerveau humain s’apparente à la quête du Graal à la façon des Chevaliers de la Table Ronde. Il renfermerait en effet plus de cent milliards de neurones et mille fois plus de synapses, d’où l’ampleur du travail. Aussi pour voir grand faut-il souvent commencer petit. C’est la raison pour laquelle le C. Elegans qui a déjà donné son corps à la science pour de nombreux et variés travaux de recherche a aussi été sollicité pour l’étude de son cerveau : il ne renfermerait que trois cents neurones et sept mille synapses ! Les formes neuronales y sont simples et l’étude de leurs synapses est tout à fait possible. Néanmoins même si l’étude de ce vers d’environ un millimètre de long montre au niveau moléculaire et cellulaire une physiologie neuronale conservée par rapport à celles de l’homme, les chercheurs sont à l’affut de résultats sur un organisme plus complexe. C’est le cas avec la Drosophila melanogaster (Gigantic map of fly brain is a first for a complex animal, https://www.nature.com/articles/d41586-023-00709-7), qui a un comportement déjà relativement plus sophistiqué que celui auquel pourrait penser l’humain non averti. De plus les conditions expérimentales sont facilitées par le corps transparent de leurs larves. Une carte d’un câblage complexe a ainsi pu être mise en évidence avec boucles et rétro boucles. Il sera désormais possible d’étudier des synapses autres que les axono-dendritiques classiquement plus accessibles mais qui sont loin d’être les seules mais aussi d’améliorer les modèles informatiques aujourd’hui utilisés.

Encore une nouvelle discrimination !

samedi, octobre 17th, 2015

Sidebar1-1Pourquoi le terme « discrimination » souffre-t-il d’une réputation aussi sulfureuse ? Car est-il injuste et illégitime de distinguer au sein de l’humanité ce qui fait la spécificité de chacun ? Le tout est plus que la somme de ses parties mais nécessite aussi chacune d’entre elle pour sa complétude. Tel est le corps de chacun, et même si l’on a affublé certains organes du qualificatif de noble, personne ne peut vivre en l’absence de l’organe, lorsque celui ci est unique tout autant que des deux, lorsque ceux ci vont par pair. Ainsi vient-on de mettre en évidence une nouvelle façon de  « discriminer » les individus les uns des autres (Brain Activity Identifies Individuals, http://www.the-scientist.com//?articles.view/articleNo/44212/title/Brain-Activity-Identifies-Individuals/). Après les empreintes digitales (anciennes) et les microbiomes (plus récents) voici que s’avance le connectome neuronal. Là encore se manifeste ce qui fait de chaque homme une entité propre sur fond de communauté. Faut-il s’en attrister, certes non ! Pas plus qu’il ne convient de ne pas en parler. Bien au contraire puisque les avancées scientifiques tendent toutes à montrer/démontrer que chaque individu est bien unique au sein de l’humanité, qu’il possède une signature qui lui est propre qui le fait se distinguer de son/ses voisin(s). Ainsi devient-il possible d’expliquer ces inattendus quelque soit le domaine considéré. Si le normal a été défini comme l’expression de la majorité, celui qui s’en écarte n’est pas « anormal« . On ne dément pas fondamentalement la théorie de G. Canguilhem selon laquelle le pathologique constitue la réponse normale à une modification, quelle que soit la dite modification. Il peut s’agir d’un gène, d’un récepteur, d’un circuit, d’un agent pathogène …..  pour que l’inattendu survienne. C’est aussi le meilleur moyen pour adapter, par exemple, la thérapeutique. Mais on sait aussi que si l’approche de l’homme tient de plus en plus compte de ses sigularités, il deviendra aussi de plus en plus difficile de savoir faire jouer ensemble tous les différents éléments qui le constituent. La nature n’a pas dit son dernier mot !