Le loup et l’homme partagent des territoires communs depuis des millénaires et la possibilité/ la probabilité d’une commensalité entre les deux espèces a du permettre sa domestication. Le chien serait issu de deux apprivoisements indépendants de loups : l’une en Europe il a au moins quinze mille ans et l’autre en Asie il y a au moins douze mille cinq cents ans. Des analyses d’os incinérés dans des tumulus funéraires en Angleterre et datant du IX ème siècle ap. J.-C (Viking warriors sailed the seas with their pets, bone analysis finds) ont montré que les guerriers étaient accompagnés de certains de leurs animaux. Si les chevaux retrouvés accompagnaient les cavaliers et si les cochons devaient servir de nourriture, il est peu probable que les chiens n’aient pas été là en tant que compagnons. Ce qui laisse à penser que même un viking pouvait vouloir que son animal de compagnie l’escorte !Quoiqu’il en soit, ce compagnonnage déjà ancien a fait du chien le meilleur ami de l’homme, un ami peu avare de son aide. Ils travaillent souvent ensemble, mais si le gardiennage ou la chasse rapportent au maitre, ce n’est pas le cas pour celui qui l’aide. Il en est bien autrement entre l’homme et le dauphin à tel point qu’il n’y a ni maitre ni esclave dans cette association à but nettement lucratif (How dolphins and people fish together). En effet les dauphins font bel et bien équipe avec les pêcheurs dans le sud est du Brésil, : ils y gagnent une nourriture plus abondante et prolonge leur durée de vie dans le même temps où la pêche s’avère plus rentable pour l’homme. Cette façon de faire est ancestrale et c’est sur cette base que par analogie peut être confortée l’hypothèse selon laquelle la coopération loup/homme a permis sa domestication seconde. Comme les auteurs le soulignent, il serait dommage que cette action couplée homme/animal disparaisse dans la mesure où elle laisse ouverte la fenêtre qui permet de prendre la pleine mesure de l’antique proximité entre l’humanité et l’animalité.
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Gagnant/gagnant !
dimanche, février 5th, 2023Ce serait donc mieux ensemble ?
mardi, janvier 28th, 2020
Darwin a dans un premier temps heurté ses contemporains en bousculant la doxa de son époque puisque selon lui l’homme descendait du singe ! Aujourd’hui, il fait de nouveau parler de lui car sa théorie de l’évolution pourrait ne pas reposer « que » sur la compétition (What if Competition Isn’t As “Natural” As We Think?, https://slate.com/technology/2020/01/darwin-competition-collaboration-evolutionary-biology-climate-change.html?utm_source=Nature+Briefing&utm_campaign=1348bf2cbd-briefing-dy-20200127&utm_medium=email&utm_term=0_c9dfd39373-1348bf2cbd-43241421 ). Il est certain que la rupture épistémologique du chercheur, telle qu’il l’a pratiquée, ne fait pas de celui-ci un être exempt de tout son passsé. Même s’il pénêtre dans un domaine qui lui est inconnu, il y entre avec ses acquis qui seront partie prenante dans l’interprétation qu’il va être amené à développper. La concurrence du XIX° siècle est triomphante et il est donc normal que ce soit les mieux armés qui se fassent et gardent leur place au soleil. Que l’on découvre les bienfaits de l’entente n’est pas anodin en ce siècle où l’humanité ne sait/ne peut/ne veut choisir entre défiance et culpabilité,entre individualisme et solidarité. L’accent mis sur l’ubiquité des microbiotes et leur importance va bien dans le sens de l’intérêt des processus de coopération d’autant que les collaborations dépassent largement ce domaine et s’étendent à tout le règne vivant depuis des millénaires. Darwin n’est pas à jeter aux orties puisque sans sa théorie il n’y aurait pas de dépassement possible mais c’est ce chemin qu’il serait bon d’emprunter aujourd’hui.
L’interdisciplinarité pour les nuls …..
lundi, juillet 4th, 2016
Pour commencer, un petit test, sans malice (How interdisciplinary are you?http://www.nature.com/news/how-interdisciplinary-are-you-1.18362) qui permet, à tout le moins, de se positionner avant d’aborder un rivage plus scientifique (Interdisciplinary Research Attracts Less Funding, http://www.the-scientist.com/?articles.view/articleNo/46442/title/Interdisciplinary-Research-Attracts-Less-Funding/&utm_campaign=NEWSLETTER_TS_The-Scientist-Daily_2016&utm_source=hs_email&utm_medium=email&utm_content=31182165&_hsenc=p2ANqtz-8zpE5tuUKjtuxeFp9xpvxgmNW7Jeq1pvaGRFlrAV0Er39ijw3t0UixcxyulesF-3zVeQeZcs_sKm6x2r0WYgUkbEx-Fw&_hsmi=31182165) dans l’océan de bonnes intentions qu’est cette interdisciplinarité dont chacun parle aujourd’hui. Sait-on exactement de quoi il s’agit ? Schématiquement l’interdisciplinarité doit se comprendre comme une coopération féconde ce qui exclut volontairement tout particularisme pour éviter l’interdisciplinarité spécifiquement scolaire, médicale, scientifique etc… Mais ce qui semble antinomique, si l’on se réfère aux bonnes intentions affichées, c’est justement ce que dénonce l’article sus cité : le peu d’attirance pour un financement adapté à ce type d’approche. Ce qui étonne c’est que l’étude repose sur une méthodologie inscrite dans une démarche taxinomique : classification dans un système hiérarchisé dichotomique pourtant bien adaptée à la biologie. Mais deux restrictions viennent entacher les résultats : pour mettre en évidence l’existence ou l’absence d’une liaison qui peut exister entre leurs variables, les auteurs ont attribué des codes dont les choix restent peu accessibles aux lecteurs, et (peut-être pire) les décideurs seraient peu à même de juger du caractère d’interdisciplinarité. Donc la question reste entière. Si dans un domaine particulièrement représentatif d’interdisciplinarité, à savoir l’écologie, la démonstration n’est pas évidente qu’en sera-t-il dans les autres champs ?
Assemblage vivant
dimanche, janvier 10th, 2016
L’étude des assemblages vivants permet de ne pas vraiment quitter l’exploration de ce domaine de la coopération envisagé précédemment. Qu’ils s’expriment à l’échelle macroscopique aussi bien qu’à l’échelle microscopique ils posent encore et toujours ces deux mêmes questions du pourquoi et du comment. Il s’agit en réalité de cette question qui hante sinon toute, tout au moins une bien grande partie de l’humanité : quel point de départ assigner à la VIE. L’article, The physics of life (http://www.nature.com/news/the-physics-of-life-1.19105?WT.ec_id=NATURE-20160107&spMailingID=50403822&spUserID=MjA1NTExOTM5MgS2&spJobID=840817500&spReportId=ODQwODE3NTAwS0) est à ce titre intéressant par les voies d’abord concernant ce problème de l’active matter que l’on pourrait traduire (peut-être incomplètement) par « matière active« . Lorsque se mettent activement en place des formes, peut-on établir des correspondances au sein de ce processus entre des oiseaux grégaires et des molécules ? Il est certain que déboucher sur la création de la vie à partir d’une ancienne théorie mécaniste pourrait plaire à certains mais peut-être il y a-t-il encore loin de la coupe aux lèvres en ce qui concerne l’universalité du processus en question ! Si les équations du modèle de Viczek (http://physique.unice.fr/sem6/2011-2012/PagesWeb/PT/Fils/mod_vic.html) ne sont pas à la portée de tous et de chacun, il n’en reste pas moins vrai qu’un certain trouble intellectuel aurait tendance à s’installer devant les résultats obtenus en laboratoire et ce trouble ne peut être que fécond ! Peut-être une autre façon d’enviager « Le hasard et la nécessité ».
