Vivre au vu et au su de tous et de chacun ne peut être nécessairement considéré comme une sinécure. A vrai dire, on ne connait pas de cas chez l’humain et la maladie dite des os de verre ne signifie pas que les dits os sont transparents (comme le verre) mais particulièrement fragiles. Chez les animaux au contraire, la situation est loin d’être rare. Qu’on en juge : vingt d’entre eux sont répertoriés sur la toile, principalement des animaux marins. Celui dont il est question, est une grenouille, famille des Centrolenidae , dont il existe, quand même cent cinquante six espèces. Un des problèmes de la vie des amphibiens, mais pas qu’eux, concerne les prédateurs auxquels ils ont à faire face. Si la transparence de leurs organes n’est pas en cause, c’est la non transparence de son système vasculaire qui pose problème. En effet les hématies qu’il renferme vont trahir leur présence et le danger s’accroit avec l’immobilisme couplé à l’absence de défense durant la phase de repos de l’animal. Il est évident que si Épiméthée n’en avait pas été conscient, les grenouilles de verre n’auraient bénéficié que d’une très courte existence ! Mais ce n’est pas le cas, puisqu’il les a dotées d’une capacité qui leur permet de parer à ce défaut. Elles deviennent exsangues (Glass frogs hide their blood when they sleep) : plus de sang, plus de visibilité ! La séquestration est efficace. Reste une question à laquelle les scientifiques ne savent pas « encore » répondre. Comment peuvent-elles dormir sans hématies et survivre ?? Ce n’est plus « mirabile visu » mais « mirabile [non] visu«
