Il n’y a plus d’après à Saint Germain des Prés c’est la nostalgie heureuse, un souvenir sans regrets d’un temps qui s’est figé mais qui ne perdra jamais de son charme, et que l’on revisitera avec plaisir car il n’aura rien perdu de son attrait. Immuable, intemporel parce qu’imaginé, le temps n’a pas de prise sur une oeuvre de l’esprit ce qui est loin d’être le cas lorsqu’il ‘agit d’un matériau participant de la « vraie vie ». Alors que va-t-il en être de tous ces témoignages d’un en de ça de l’humanité que l’on ne cesse de mettre à jour pour le plus grand bonheur des habitants de ce monde ? L’homme pourra-t-il survivre à la destruction de ses racines, des racines qu’il a eu besoin de très tôt imaginer pour pouvoir s’installer avec plus de confort dans un monde inconnu. Si l’idée d’une échelle des temps climatologiques existe depuis le XVIIème siècle, une nouvelle approche qui fait intervenir un « anthropocène », vient bousculer l’ensemble précédent. Il est certain que l’activité humaine a introduit depuis des millions d’années un facteur supplémentaire et évitable qui accélère des modifications, elles, inévitables. C’est une réalité devenue incontestable : les anomalies climatiques sont devenues normales et peu d’entre elles étant totalement prévisibles, très peu d’entre elles sont totalement évitables (A changing climate threatens our heritage). Ainsi a-t-on créé ce paradoxe d’une humanité tout autant créatrice que destructrice, tel le Moloch sacrifiant ses enfants ! Ainsi celui qui vivait de la mer, mourra t-il de la mer. Par ailleurs que deviendra la correspondance entre ses sites ancestraux et les textes aux quels ils appartiennent ? Un exemple de ce qui a déjà été fait concerne le site d’Abou Simbel : pour le préserver d’une disparition par la construction du haut barrage d’Assouan sur le Nil, il a été déplacé et reconstruit à distance. La réussite tient à l’efficacité de la communauté internationale qui permet que sa visite ne se fasse pas par le biais de la réalité virtuelle qui ne serait plus alors qu’un dernier recours !
