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Responsabilité et transparence

samedi, septembre 5th, 2015

dessin-de-presse-ER-14-art-de-debattreDans cette époque de médecine scientifisée, responsabilité et transparence,  sont deux termes qui interpellent tout autant le politique que le scientifique dans leurs rapports avec le citoyen, et ce d’autant plus qu’on les associe volontiers. La demande de transparence affecte tous les domaines et il est de bon ton d’affirmer la rechercher pour s’y conformer. Responsabilité et transparence, c’est le  citoyen qui les demande au politique duquel il attend une réponse claire et intelligible, ce qui sous-entend son universalité. Mais le langage que tiendra le politique pour informer le citoyen peut-il être le même que celui que lui a tenu  le scientifique pour l’informer lui ?  Il existe donc à l’évidence plusieurs niveaux que sont l’expression et la compréhension par les mots pour chacun des trois protagonistes : le savant, le politique, le citoyen.  Et cette situation ne se présentera que, si en amont, décision a été prise de délivrer l’information en espérant avoir au préalable répondu à  la double  question de la responsabilité et de la transparence (Personal responsibility, http://www.nature.com/news/personal-responsibility-1.18269?WT.ec_id=NATURE-20150904&spMailingID=49465812&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=760401953&spReportId=NzYwNDAxOTUz). Qu’est-on en droit de délivrer, existe-t-il des informations qui doivent être scellées ? Dans la mesure où les conséquences ne sont pas prévisibles, faut-il opter pour la non transparence ? La responsabilité peut-elle être partagée dans les deux cas de figures, avertir vs ne pas avertir ? Faut-il choisir, la solidarité vs la solitude ? Chacune des questions en fait surgir une autre puis qu’aucune ne peut être résolue ! Mais on peut aussi se demander s’il est possible d’accumuler des connaissances sans passer à l’acte, ce qui sous entendrait qu’il pourrait exister un domaine privilégié de connaissances pures ! Pourtant après s’être posé toutes ces questions enrichissantes, il convient de ne pas oublier que tout à chacun a accès aux réponses par le biais de la toile, ce qui voudrait dire que pour certains le pas a déjà été franchi !

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Le Savant et le Politique

lundi, mai 18th, 2015

jones-205-bd-humour-methode-scientifiqueA Munich en 1917 Max Weber fait une première conférence ayant pour sujet  la Vocation de Savant (Wissenschaft als Beruf) suivie en 1919 d’une seconde sur la Vocation du Politique (Politik als Beruf). Après sa mort en 1920, il faut attendre 1959 pour que les textes soient traduits en français précédés d’une longue préface de Raymond Aron. Si cette traduction aide à faire connaître son auteur en France, il est presque aussi peu connu en Allemagne. Pourtant il est reconnu depuis pour être un des pionniers de la sociologie moderne, car il est l’un des premiers à exprimer le fait qu’il existe une réelle fusion entre la science et l’homme politique : l’action raisonnable du politique étant nourrie de relations causales et de valeurs.  Dés sa  première conférence, Max Weber fait état des inquiétudes que peut avoir le savant vis à vis de la politique dans la mesure où se dessine déjà un possible asservissement du savant par le politique dans l’Allemagne de cette époque. Les résultats du vote survenu le 7 mai au Royaume Uni permettent de s’arrêter de nouveau sur les termes de la dialectique wébérienne à savoir, les deux morales de la responsabilité et de la conviction “ou bien j’obéis à mes convictions […] sans me soucier des conséquences de mes actes, ou bien je me tiens pour comptable de ce que je fais…”. Que va-t-il advenir de la politique scientifique dans les années à venir au Royaume Uni, c’est la question qu’envisage l’article What the UK election results mean for science (http://www.nature.com/news/what-the-uk-election-results-mean-for-science-1.17506?WT.ec_id=NATURE-20150514). La question s’était déjà posée lors du référendum sur l’autonomie de l’Ecosse (septembre 2014) où avait déjà été envisagée la place du budget de la recherche scientifique selon que le choix aurait porté sur  l’autonomie ou le maintien au sein du Royaume Uni. On voit aujourd’hui encore, combien le politique est impliqué dans le domaine du scientifique. Et quand il s’agit de subsides ou peut se demander si l’orientation de la recherche peut rester totalement indépendante !