Posts Tagged ‘responsabilité’

Responsabilité limitée

dimanche, août 2nd, 2026

Une inquiétante question est sur le point d’être formulée : elle s’adresse à tous mais prend une ampleur toute particulière pour le monde médical étant donnés les rapports que ce dernier entretient avec les progrès de la technicité. S’il se produit une faute dans le diagnostic, la surveillance, l’application du traitement, le traitement lui-même, à qui en revient la responsabilité ? ( Who’s liable when AI treats patients?). Il existait déjà ce qui peut être considéré comme une approche pédagogique auprès des cliniciens en herbe ou confirmés, intitulé « Evidence based diagnosis » ou Diagnostic fondé sur les preuves » visant à fournir aux lecteurs les outils nécessaires pour évaluer les tests, décider de leur pertinence et de leur indication, et interpréter les résultats. En fait le praticien restait seul maitre à bord au regard de son diagnostic, mais il trouvait une aide dans une liste, qui en croisant les différentes entrées, avait pour rôle de l’orienter. Lorsque l’IA est au commande, la touche humaine semble avoir totalement disparu surtout quand le fonctionnement de la machine échappe à son utilisateur. Par exemple, quelles sont les données qui lui ont été fournies et comment sont-elles exploitées. Et donc la question est : que devient le patient lorsqu’il n’existe pas de règles de sécurité ? Il est donc nécessaire (mais sera-ce suffisant ?) d’établir des cadres de responsabilité et c’est ce dont traite l’article. Il n’est que temps de s’en préoccuper avant de délivrer un permis d’autonomie tel que l’homme pourrait ne plus intervenir, non pas de son fait mais parce que, à l’image de 2001 Odyssée de l’espace, HAL 9000 aurait pu prendre le contrôle.

Responsabilité et transparence

samedi, septembre 5th, 2015

dessin-de-presse-ER-14-art-de-debattreDans cette époque de médecine scientifisée, responsabilité et transparence,  sont deux termes qui interpellent tout autant le politique que le scientifique dans leurs rapports avec le citoyen, et ce d’autant plus qu’on les associe volontiers. La demande de transparence affecte tous les domaines et il est de bon ton d’affirmer la rechercher pour s’y conformer. Responsabilité et transparence, c’est le  citoyen qui les demande au politique duquel il attend une réponse claire et intelligible, ce qui sous-entend son universalité. Mais le langage que tiendra le politique pour informer le citoyen peut-il être le même que celui que lui a tenu  le scientifique pour l’informer lui ?  Il existe donc à l’évidence plusieurs niveaux que sont l’expression et la compréhension par les mots pour chacun des trois protagonistes : le savant, le politique, le citoyen.  Et cette situation ne se présentera que, si en amont, décision a été prise de délivrer l’information en espérant avoir au préalable répondu à  la double  question de la responsabilité et de la transparence (Personal responsibility, http://www.nature.com/news/personal-responsibility-1.18269?WT.ec_id=NATURE-20150904&spMailingID=49465812&spUserID=MTUyNTcxOTczMTcwS0&spJobID=760401953&spReportId=NzYwNDAxOTUz). Qu’est-on en droit de délivrer, existe-t-il des informations qui doivent être scellées ? Dans la mesure où les conséquences ne sont pas prévisibles, faut-il opter pour la non transparence ? La responsabilité peut-elle être partagée dans les deux cas de figures, avertir vs ne pas avertir ? Faut-il choisir, la solidarité vs la solitude ? Chacune des questions en fait surgir une autre puis qu’aucune ne peut être résolue ! Mais on peut aussi se demander s’il est possible d’accumuler des connaissances sans passer à l’acte, ce qui sous entendrait qu’il pourrait exister un domaine privilégié de connaissances pures ! Pourtant après s’être posé toutes ces questions enrichissantes, il convient de ne pas oublier que tout à chacun a accès aux réponses par le biais de la toile, ce qui voudrait dire que pour certains le pas a déjà été franchi !

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Le côté obscur de la force

dimanche, novembre 20th, 2011

Telle une médaille, la science comporte deux faces qui ne se dévoilent pas nécessairement d’emblée. La question se pose en effet de savoir quelle responsabilité porte le scientifique dans son possible dévoiement (http://thescientist.com/daily/2011/11/16b.htm). Il ne s’agit ni plus ni moins que du principe de l’acte à double effet selon Philippa Foot : quelles conduites peuvent-elles être qualifiées de  réellement bonnes ? Attitude assez peu éloignée de celle d’Aristote qui insiste sur le fait que le choix moral dans une situation donnée pourrait fort bien s’avérer différent dans une autre situation. Où se trouve la solution ? Toujours selon Aristote, dans la « phronésis« . Mais que doit faire le scientifique soumis à l’obligation d’action ! Quelque soit le choix, partage de responsabilités, surveillance,  la liberté du chercheur ne peut s’affranchir de la société dans laquelle il vit et pour laquelle il agit !