
A l’heure où il est de bon ton de préférer des mots à d’autres pour raison de bienséance, peut-on envisager de modifier des termes quand ils ne correspondent plus à la définition qui a présidé leur reconnaissance ? Dans le cas présent il s’agit du mot « microglie » dont tout un chacun connaît l’étymologie. Or ce qui a été décrit comme un type cellulaire ressemble beaucoup plus en fait à un système d’une exceptionnelle richesse. Il est de fait que la simple microscopie optique ne peut y distinguer différentes cellules mais c’est parce qu’elles cachent bien leur jeu. Après avoir montré que la microglie cérébrale chez la souris, était impliquée dans les phénomènes de la mémorisation, (How Immune Cells Make the Brain Forget), il se trouve que des cellules de type T lymphocytes situées dans les méninges, chez ce même animal, sont également impliquées dans le comportement (Immune Cell and Its Cytokine Control Exploratory Behavior in Mice). Or comme ce type cellulaire a été retrouvé chez l’homme dans la même localisation et qu’il est difficile d’admettre que leur présence n’a aucune signification, on aurait envie de leur attribuer un rôle comparable ! Ne s’agit-il pas de deux mammifères et l’histoire des sciences apprend que l’on a raisonné par analogie pour moins que cela ! D’où il ressort que l’IL 17a que secrètent ces cellules joue plus qu’un rôle anti-inflammatoire (déjà largement exploré), mais aussi un rôle dans le comportement anxieux. Mais pour montrer une fois encore que le multifactoriel l’emporte très largement sur le monofactoriel, il serait de bon ton de ne pas oublier la participation des commensaux intestinaux pour un bon équilibre comportmental. On n’insistera jamais assez sur l’intrication des proccessus chez le vivant. Peut-on en médecine suivre le principe selon lequel une cause entraîne un effet !
Il n’est pas impossible que la transformation d’un temps circulaire en un temps linéaire ait été une des conditions indispensable à la mise en place progressive de la théorie de l’évolution. Deux bretteurs s’affirmèrent contre la théorie du fixisme, Jean Baptiste de Lamarck s’appuyant sur le transformisme et Charles Darwin sur l’évolutionnisme. Il manqua à ce dernier, la possibilité d’expliquer les mécanismes que la génétique pu prendre en charge quelques décennies plus tard. Mais à ceux qui pensèrent alors que la boucle était bouclée, manquait un nouveau concept, celui de l’épigénétique. Si on peut voir une expression du fatum dans la transmission génétique de parent à enfant, l’expérience prouve que leur expression ne suit pas la même transmissibilité. C’est alors que survient l’épigénétique qui sans modifier le patrimoine génétique introduit des modifications qui peuvent être transitoires, pérennes, transmissibles ou non ! Parce qu’elle peut être d’origine accidentelle ou environnementale, l’exploration de son/ses domaine(s) est particulièrement ardue et ses frontières restent à délimiter comme en témoigne cet article récent : Opinion: The New Frontiers of Epigenetics (
On connaît l’adage selon lequel il faut savoir choisir entre « Boire ou conduire », peut-être ne serait-il pas non plus inutile d’en envisager un autre. Il ne s’agit en fait que d’une toute petite conséquence de la vie en société. Deux études récentes posent une question dans le cadre de la société des chimpanzés, Chimpanzees Trust Their Friends (