Posts Tagged ‘décision’

Savoir choisir

lundi, juin 15th, 2026

Choisir le plus grand bien, met l’âne de Buridan dans un profond dilemme, ce dont Aristote avait déjà traité en envisageant la difficulté à faire choisir l’homme entre l’eau et la nourriture. Le choix est un moment important, qui n’a rien d’unique puisqu’il peut se répéter un nombre incalculable de fois dans une même journée. Si certains des individus manifestent une quasi impossibilité à se décider, un nombre bien plus grand en est tout à fait capable et ce qu’ils effectuent dans un temps relativement court relève pourtant d’une démarche qui n’a rien d’irréfléchi et qui répond à la théorie de l’arrêt optimal ou de l’arrêt anticipé :  » maximiser le plaisir cumulatif « . En 1970, Richard Feynman (Physicist Richard Feynman’s forgotten notes on ‘the restaurant problem’ finally deciphered after 50 years) transforme ce choix en un problème mathématique qu’il transcrit sous forme d’une équation mathématique. Ainsi si ce problème spécifique du choix et donc de la décision est connu pour appartenir au domaine philosophique on voit qu’il peut également être traité dans le cadre des sciences cognitives quand on s’attache à explorer le cadre de la stratégie optimale. Et la conclusion inattendue est la suivante : si l’humain ne choisit pas rationnellement, il utilise néanmoins au mieux ses ressources qui sont nécessairement limitées. D’où il en ressort que la machine pour ressembler à l’humain doit abandonner une pure rationalité !

Est-ce une question d’actualité ou pas ?

jeudi, décembre 3rd, 2020
ETHIQUE DE CONVICTION, ETHIQUE DE RESPONSABILITE. - saint-lô citoyens

N’en déplaise aux anti-vaccins, les vaccins sauvent des millions d’individus de par le monde, nombre heureusement en progression constante depuis la vaccination anti variolique au XVIIIème siècle par Jenner. Depuis l’antiquité on avait pris conscience du fait que les individus ayant souffert de certaines maladies, qui se sont révélées être de nature infectieuse, ne présentaient plus les mêmes symptômes. Edward Jenner inocule la vaccine des vaches et les sujets ainsi traités préventivement ne contractent pas la variole lors des épidémies. Pasteur met au point le premier vaccin atténué et les vaccins de nature différente vont ainsi se succéder au fil des décennies. Sans l’expliciter, on se sert bel et bien depuis le début de ce que l’on appelle une population témoin. Sans témoin, pas de comparaison possible et donc pas de résultat, mais il est certain que la notion même de témoin peut poser éthiquement question. En effet, pour le bien de tous, ne met-on pas en place un possible sacrifice de quelques uns, même s’il est choisi ? On pourrait de plus se poser des questions quant au choix lorsque ce dernier repose sur une rémunération du sujet d’expérience. Aujourd’hui vient s’ajouter un espace temps qui d‘incompressible devient » par la force des choses « compressible (Why emergency COVID-vaccine approvals pose a dilemma for scientists, https://www.nature.com/articles/d41586-020-03219-y?WT.ec_id=NATURE-20201203&utm_source=nature_etoc&utm_medium=email&utm_campaign=20201203&sap-outbound-id=187E851760EC1E3FAF86DFDAEBCD5B88A04F8705). Cette urgence dans l’obtention du résultat obère peut-être sa validité même puisque dans le même temps il existerait une autre urgence un taux de mortalité statistiquement prévu. Lorsque deux temporalités s’entrechoquent, c’est le processus décisionnel qui s’en ressent. Le fait qu’il s’agisse dans le cas présent d’une décision collective et non individuelle est un autre bras de la réflexion. Mais ce n’est pas un arbre décisionnel, il n’y a toujours que deux options, Max Weber l’avait parfaitement exprimé : l’éthique de responsabilité, celle de l’homme d’action, et l’éthique de conviction, celle du respect d’une valeur.

Comment savoir ?

lundi, septembre 15th, 2014

arithm4298Peut-on choisir sans avoir en main tous les éléments impliqués dans le processus du choix, mais aussi de façon concomitante comment avoir en sa possession tous ces éléments ? Dans la mesure où le choix a pour finalité l’acte décisionnel, celui-ci s’appuie sur le degré de certitude/d’incertitude que celui qui doit décider est en mesure d’acquérir. Dans l’exemple du choix qui doit intervenir sur le devenir politique de l’Ecosse (Scientists split over Scottish independence vote, http://www.nature.com/news/scientists-split-over-scottish-independence-vote-1.15882), c’est le point de vue de la communauté scientifique qui fait l’objet du débat. Ainsi s’agit-il de la prise en compte de l’avenir de l’Ecosse en considérant dans un premier temps, ce qui a été obtenu dans le sein du Royaume Uni, puis en imaginant ce qui ne serait plus ou ce qui pourrait advenir en mieux en dehors du Royaume Uni. Les auteurs  insistent sur le poids économique au regard de la situation politique, sans oublier le maintien de l’appartenance ou non  à l’Union Européenne. Il s’agit dans l’exemple présenté d’un seul domaine, celui de la recherche, mais il n’est pas douteux que tous les domaines de la société sont mis en face du même choix. Chaque électeur (ou presque) va donc, par rapport à son appartenance, faire face à ce choix, ainsi se rapproche-t-on de la théorie des jeux dans laquelle l’analyse de la situation menant  à l’action optimale dépend des anticipations portées à propos du résultat de la décision.  S’il est difficile d’invoquer le pari de Pascal, on peut néanmoins penser au célèbre film de Truffaut (Une belle fille comme moi), et à son pari sur la fatalité, référence constante de son héroïne !